Je viens de trouver une idée cadeau pour le noël de TPM.
Agenda. Mai 68 et banalyse à l’honneur.
Mai 68. Agenda 2008 HB éditions. 168 pp., 25 euros. (www.hb-editions.com)
Décembre,c’est l’instant, c’est le moment de formater sur papier la prochaine année, dont il n’aura pas échappé qu’elle célébrera le quarantenaire d’un fameux printemps. Mai 68, le vaste format carré de l’agenda des éditions HB (que fonda Huguette Bouchardeau) restitue toute sa dimension à ce qui fut, plus qu’un chahut estudiantin, une grève générale, dont un puissant appareillage didactique a le mérite insigne d’ouvrir les champs temporel et spatial. Dans les pas de Kristin Ross et son très nécessaire Mai 68 et ses vies ultérieures (éd. Complexe et le Monde diplomatique, 2005), les «événements de Mai» y sortent enfin du Quartier latin où les cantonnèrent quarante années d’une production éditoriale étriquée, et, pour tout dire, plus souvent romanesque. Ici, au moins, les accords de Genève signant le terme de la guerre d’Algérie disent une genèse, tout autant que le massacre de trois cents manifestants désarmés sur la place des Trois-Cultures de Mexico et à la veille des JO locaux, proclament une filiation. Abondamment illustré par les slogans de rue, les graffitis de murs, les affiches des beaux-arts et des éphémérides, l’ouvrage, format carré 20,5 x 20,5 cm, restitue chaque semaine une double page à sa pragmatique fonction d’agenda - littéralement parlant, de «choses à faire».
En marge, nombre de citations d’auteurs et acteurs du siècle et de la période de référence établissent que cette histoire-là vient de loin, et qu’elle ne s’arrêta pas, comme trop on crut, avec le retour de l’essence dans les stations ad hoc. Ainsi, éclairant la semaine du 18 au 24 août, l’article de Joseph Smrkovsky, du Comité central du PC tchécoslovaque, en date du 15 septembre 1967 et tiré de Literární Noviny, décrétant que le Parti pourrait s’accommoder de «protestataires», mais pas d’une «opposition». C’est le 20 août 1968 que les chars staliniens du Pacte de Varsovie entreront dans Prague pour y écraser son Printemps.
Mai 68 de HB dans la besace ou bien sur le bureau, on mettra l’an prochain dans sa poche l’Imprévisible du jeune éditeur normand le Jeu de la règle, afin d’honorer Godard («Ce qui est bien, dans le livre de poche, c’est qu’on peut le mettre dans sa poche») et de jouer avec le temps en le déconstruisant, au sens le plus plat du terme. Mode d’emploi : «A chaque jour se trouve proclamée une journée de ceci ou une journée sans cela. L’Imprévisible épouse ainsi […] la tendance qui consiste à occuper et rythmer le temps quotidien en déclarant unilatéralement telle journée officiellement dévolue à telle ou telle cause irréprochable.» (Extrait de l’avertissement.) Exemple : plutôt que Sainte-Rolande, le mardi 13 mai se baptise «Journée plage» (sous les pavés…), qui rappelle sobrement, en bas de page, ses antécédents de 1968 («Grève générale») et de 1888 («Abolition de l’esclavage au Brésil»).. En vis-à-vis, le mercredi 14 est promu «Journée sans histoires», dont une note infra-paginale établit qu’elle sera «Journée mondiale contre l’hypertension» et fut, en 1948, celle de la proclamation de l’Etat d’Israël. Entre les deux folios, un buvard rose frappé à ses recto et verso des mentions «Hier» et «Demain»… De quoi instruire en amusant, comme on appréciera (27 juillet, jour d’arrivée du Tour de France et «Journée sans organismes génétiquement modifiés»).
ça va lui plaire
Message édité par bebert. le 14-12-2007 à 09:37:23