TPM a écrit :
Et oui mon ptit philou, bien que j’aime beaucoup venir sur ce forum, malheureusement (ou plutôt, heureusement) il y a des choses dans la vie qui passent avant
Du coup, un ou deux seront contents de l’appendre, à partir de maintenant je risque de ne passer ici qu’en coup de vent… D’ailleurs c’est pour ça que je vous fais cadeau d’un nouvel avatar** (si il est accepté...), comme ça vous n’oublirez pas qui c’est le taulier ici, bande de bolchos !
Bon, sinon mon cher « profil supprimé ». Pourquoi donc supposer que je vais « t’allumer la gueule » ? Franchement, il n’y a vraiment rien dans ton texte qui puisse pousser à te planter une ou deux remarques assassines entre les omoplates. Et même, je vais te dire, je suis d’accord avec la plupart de ce que tu as écris, les choses avec lesquelles je suis opposées étant soit le résultat de la façon dont j’ai caricaturé les choses, soit le résultat de la façon dont toi tu les caricatures. Dans les deux cas, je vais donc essayer d’éclaircir tout ça.
L’homme, être égoïste par nature et social par intérêt, je crois que nous sommes tous d’accord. Mais que les choses soient claires : ceci n’est pas définitif et il demeure des raisons d’espérer. D’une part en effet, dans certains cadres restreint, par exemple familiaux, l’homme est tout à fait capable de mettre sa nature égoïste de côté. Ce qui explique pourquoi une certaine forme de « socialisme », ou plutôt de communisme, est viable (à très petite échelle). Or, on peut très bien, avec suffisamment d’optimisme, imaginer qu’un jour, lorsqu’il aura atteint un certain degré d’évolution spirituelle, l’homme sera capable d’en faire autant à plus grande échelle. Et alors le communisme s’imposera comme une forme naturelle et logique d’organisation sociale.
En d'autres termes, ces la méthodologie marxiste, violente et articificielle, qui est en cause, pas le fond du système proposé qui est évidemment, comme le relève Einstein, 'meilleur' que celui proposé par le capitalisme...
Mais revenons à nos moutons, car clairement nous n’en sommes pas encore là. Dans sa conception marxiste classique, révolutionnaire, le socialisme est donc criminel par essence, car il cherche à façonner l’homme contre sa nature de façon brutale, tu sembles d’accord là-dessus. Or, ce n’est pas parce que j’affirme cela que je « prône un capitalisme salvateur », ou tout du moins si je le fais, ce n’est pas « par gaité de cœur », si je peux m’exprimer ainsi, mais indirectement, par simple effet mécanique, le modèle capitaliste étant, à ma connaissance et pour le moment, le seul « disponible », et le seul qui fonctionne à peu près. Il n’y a pas de dialectique manichéenne dans mon propos mais seulement un pragmatisme teinté de défaitisme : le socialisme ne marche pas (en l’état actuel des choses), donc au lieu de perdre de l’énergie à essayer d’appliquer un schéma voué à l’échec, autant s’efforcer d’améliorer le système capitaliste puisque celui-ci, bien qu’imparfait, fonctionne.
Après, il est vrai qu’appliqué « tel quel », le système capitaliste peut lui aussi se révéler criminel. Seulement, c’est une grossière erreur de considérer, comme tu sembles le faire, le « capitalisme » comme un système unique. Pour prendre une métaphore automobile, le système capitaliste n’est que le moteur d’une société, tout le reste (la carrosserie, l’essence etc…) sont extrêmement divers. A tel point qu’il n’y a pas forcément beaucoup de points communs entre le capitalisme d’Etat à la chinoise, le capitalisme « religieux » saoudien, le capitalisme libéral à l’occidentale tel qu’il était appliqué au XIXème siècle et le capitalisme libéral tel qu’il est conçu aujourd’hui en France. Ce sont même des systèmes qui n’ont pas grand chose à voir entre eux... Or, si je suis effectivement un défenseur d’un système capitaliste libéral comprenant une part de contrôle étatique et un certain progressisme social (= centre droit), je suis loin, très loin même de cautionner les pratique du pouvoir chinois. Mettre les deux dans le même sac, c’est au mieux une méconnaissance profonde de la théorie capitaliste de l’économie, au pire de la propagande pure et simple.
Enfin, j’aimerai souligner une certaine forme de contradiction dans ton propos. Quand tu écris « Ceux qui ont tout le gardent pour eux, et continuent à dominer ceux qui n'ont rien. Ils ne partagent pas leur pouvoir, et on voit des écarts désastreux. Le capitalisme est responsable de différentes famines, et même de guerres. Et donc, de morts. », tu te places en quelque sorte en opposition avec ton passage sur l’instinct de domination. En clair, système capitaliste ou pas, l’homme aura toujours des velléités guerrières, quelles que soient les règles qui le gouvernent. Se servir de cet argument pour condamner le capitalisme est donc abusif, ou du moins contre-productif, car ce même argument pourrait être opposé à tout système... De plus, je me permets de te faire remarquer que l’application du système que je défends, à savoir le capitalisme libéral, est le seul qui a été capable de pacifier une région auparavant rongée par d’incessants conflits : l’Europe occidentale… Je ne peux que te conseiller d’y réfléchir
Bon voilà, je doute que tu répondes à tout cela (et de toute façon il n’est pas certain que je puisse répondre ensuite) mais au moins j’aurai fait mon job, et j’espère que de là où tu es tu puisses lire cela !
Bon, quant à toi mon philou. Déjà, quand tu affirmes que « Tu ne vois que les échecs et dérives d'un système politique théorisé et jamais réellement mis en place mais toujours utilisé à des fins autoritaires ou "criminelles", je te cite. », tu déformes un peu mon propos : je pense au contraire que la conception marxiste de ce système politique a, justement, déjà été mise en place, et que comme elle est criminelle par nature, il s’est passé ce qui devait logiquement se passer et ce fut, à chaque fois, un douloureux et sanglant échec...
Quand tu dis « Mais le capitalisme aliène toute forme de pensée. Grâce à des techniques éprouvées et sans cesse renouvelées (la pub ou le crédit, entre autre), ce dernier obère toute possibilité de réfléchir ou de le remettre en cause. », là je serais tenté de te dire que la « faute » en revient aux hommes, pas au capitalisme… Alors je sais que selon ta conception des choses l’individu agit un peu comme la société lui dicte d’agir, mais pour moi, il est un peu rapide et facile d’accuser le système capitaliste d’être responsable de la bêtise (terme générique regroupant énormément de notions dans ce cas précis, malheureusement je n’ai pas le temps de détailler) de certaines personnes… La pub, les crédits à la consommation, la culture de masse sont nés bien après le capitalisme, et ne s’épanouissent pas forcément dans tous les systèmes capitalistes (cf infra).
Quand tu dis « Le seul mérite qu'il a eu est de se "marier", pour un temps, avec la démocratie mais il s'épanouit tout aussi bien dans des contrées plus hostiles politiquement parlant. Seule l'Histoire pour l'instant lui donne raison. », là dessus je suis donc entièrement d’accord, et d’ailleurs j’en profite pour souligner que la façon dont « profil supprimé » (sté quoi son ptit nom, d’ailleurs ?...) lie capitalisme et démocratie est abusive.
Quant à ton dernier paragraphe, là je ne peux une fois encore que constater l’ampleur de gouffre qui sépare nos façons respectives de voir les choses. Honnêtement, à te lire j’ai l’impression que tu parles d’un autre monde que celui où l’on vit… Mais bon, c’est peut-être plus une question de verre à moitié vide et à moitié plein que de théorie philosophico-politique Un peu d’optimisme, que diable !
Enfin, pour conclure, et comme je ne serais vraisemblablement plus beaucoup là pour te filer ta dose quotidienne de théorie libérale, je te recommande (ainsi qu’à tous ceux que ça intéresse) la lecture de mon livre de chevet. Comme ça, tu pourras directement prendre la pensée à la source plutôt que de subir mes interventions. Le livre, que d’ailleurs tu as peut-être déjà lu, c’est l' « Essai sur les libertés » de Raymond Aron. Le premier chapitre, notamment, qui fait le parallèle entre Tocqueville et Marx, est particulièrement intéressant. Ca te permettra au minimum de souffler un peu entre deux séances de déchiffrage de la prose "cosmique" des esprits lumineux et particulièrement prolifiques qui peuplent ce forum…
Sur ce, bonne lecture et bonne bourre !
** Et toutes mes excuses au passage à Monsieur Dereck, dont j'ai honteusement plagié le travail, chose qu'un homme de goût comme lui saura voir comme un hommage, j'en suis sûr. Et le discours putassier de luxe qui va avec, c'est cadeau.
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