A ce niveau là, chère Olivia, ce n'est plus de l'ambition mais de la mégalomanie. Tu te souviens que, quand il a dit qu'il y pensait en se rasant, c'était en 2003 ! Soit quatre ans avant 2007. On dirait qu'il ne pense qu'à ça et que toute son action politique ne tend que vers ça. Et c'est ça qui me fait peur. Tant d'ambition cache quelque chose.
Concernant l'affectif, je ne vois pas trop d'hommes politiques qui font la même chose, à part les extrêmes. Un exemple tout bête : Quand les autres parlent de lutte contre l'insécurité, des inégalités, il parle de délinquants, de "racailles", de prostituées, de tziganes, de Roumains et d'immigrés clandestins. Son credo, c'est de donner un visage aux peurs. C'est plus facile de simplifier les problèmes de la France, en leur donnant un visage, et ça sonne plus vrai aux yeux du public. Mais ça ne va pas très loin, parce que les vrais problèmes, il les occulte.
Autre différence avec les autres politiques : quand les autres visent des électeurs, des opinions, lui vise des catégories de populations : les CSP, les retraités, les ouvriers fachos, les jeunes issus de l'immigration ou non. Il fait de la politique un objet de communication qui tend à faire du citoyen un consommateur. "Regardez, avec moi, la racaille s'en va comme les taches de votre sweat lavé avec Ariel". C'est nouveau, mais ça n'ira pas loin non plus, à mon avis, parce qu'à force d'essayer de satisfaire tout le monde, il ne satisfera personne.