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Auteur Sujet :

Le RSA socle

n°48522
no628
Profil : Novice
no628
Posté le 15-11-2011 à 16:14:12  profilanswer
 

Maintenant, les titulaire d'un RSA devront travailler 7 heures.
Je trouve cela bien pour lutter contre l'assistanat mais je me demande si on à 7 heures de travail à donner à 1 millions e personnes.
 
Qu'en pensez-vous ?

(Publicité)
n°48535
helena2012
Profil : Novice
helena2012
Posté le 16-11-2011 à 13:11:33  profilanswer
 

Pour pouvoir donner 7h de travail à 1millions de personnes, il va falloir beaucoup de personnes, le RSA peut motiver les gens à faire de leur mieux mais cela nécessite beaucoup de volonté de la part de chacun et surtout un bon travail d'équipe. Donner 7h de travail pousse les gens à avoir de la créativité et surtout être bénéficiaire d'un RSA est encore plus rassurant que toute peine mérite salaire.


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galerie art mobilier peintre déco contemporain
n°48536
Cramouille​tte
Combein de clous vaut une paire de sabots ?
Profil : Idole
cramouillette
Posté le 16-11-2011 à 15:08:40  profilanswer
 

no628 a écrit :

Maintenant, les titulaire d'un RSA devront travailler 7 heures.
Je trouve cela bien pour lutter contre l'assistanat mais je me demande si on à 7 heures de travail à donner à 1 millions e personnes.
 
Qu'en pensez-vous ?


 
Hum ce que j'en pense ? ....
 
Et bien que nous devrions tous avoir en tête ce petit texte de JK Galbraith...
 

Citation :


L’art d’ignorer les pauvres
 
Chaque catastrophe « naturelle » révèle, s’il en était besoin, l’extrême fragilité des classes populaires, dont la vie comme la survie se trouvent dévaluées. Pis, la compassion pour les pauvres, affichée au coup par coup, masque mal que de tout temps des penseurs ont cherché à justifier la misère – en culpabilisant au besoin ses victimes – et à rejeter toute politique sérieuse pour l’éradiquer.
-----
 
Je voudrais livrer ici quelques réflexions sur l’un des plus anciens exercices humains : le processus par lequel, au fil des années, et même au cours des siècles, nous avons entrepris de nous épargner toute mauvaise conscience au sujet des pauvres. Pauvres et riches ont toujours vécu côte à côte, toujours inconfortablement, parfois de manière périlleuse. Plutarque affirmait que « le déséquilibre entre les riches et les pauvres est la plus ancienne et la plus fatale des maladies des républiques ». Les problèmes résultant de cette coexistence, et particulièrement celui de la justification de la bonne fortune de quelques-uns face à la mauvaise fortune des autres, sont une préoccupation intellectuelle de tous les temps. Ils continuent de l’être aujourd’hui.
 
Il faut commencer par la solution proposée par la Bible : les pauvres souffrent en ce bas monde, mais ils seront magnifiquement récompensés dans l’autre. Cette solution admirable permet aux riches de jouir de leur richesse tout en enviant les pauvres pour leur félicité dans l’au-delà.
 
Bien plus tard, dans les vingt ou trente années qui suivirent la publication, en 1776, des Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations – à l’aube de la révolution industrielle en Angleterre –, le problème et sa solution commencèrent à prendre leur forme moderne. Un quasi-contemporain d’Adam Smith, Jeremy Bentham (1748-1832), inventa une formule qui eut une influence extraordinaire sur la pensée britannique et aussi, dans une certaine mesure, sur la pensée américaine pendant cinquante ans : l’utilitarisme. « Par principe d’utilité, écrivit Bentham en 1789, il faut entendre le principe qui approuve ou désapprouve quelque action que ce soit en fonction de sa tendance à augmenter ou diminuer le bonheur de la partie dont l’intérêt est en jeu. » La vertu est, et même doit être, autocentrée. Le problème social de la coexistence d’un petit nombre de riches et d’un grand nombre de pauvres était réglé dès lors que l’on parvenait « au plus grand bien pour le plus grand nombre ». La société faisait de son mieux pour le maximum de personnes, et il fallait accepter que le résultat soit malheureusement très déplaisant à l’encontre de ceux, très nombreux, pour lesquels le bonheur n’était pas au rendez-vous.
 
En 1830, une nouvelle formule, toujours d’actualité, fut proposée pour évacuer la pauvreté de la conscience publique. Elle est associée aux noms du financier David Ricardo (1772-1823) et du pasteur anglican thomas Robert Malthus (1766-1834) : si les pauvres sont pauvres, c’est leur faute – cela tient à leur fécondité excessive. Leur intempérance sexuelle les a conduits à proliférer jusqu’aux limites des ressources disponibles. Pour le malthusianisme, la pauvreté ayant sa cause dans le lit, les riches ne sont pas responsables de sa création ou de sa diminution.
 
Au milieu du XIXe siècle, une autre forme de déni connut un grand succès, particulièrement aux Etats-Unis : le « darwinisme social », associé au nom de Herbert Spencer (1820-1903). Pour ce dernier, dans la vie économique comme dans le développement biologique, la règle suprême était la survie des plus aptes, expression que l’on prête à tort à Charles Darwin (1809-1882). L’élimination des pauvres est le moyen utilisé par la nature pour améliorer la race. La qualité de la famille humaine sort renforcée de la disparition des faibles et des déshérités.
 
L’un des plus notables porte-parole américains du darwinisme social fut John D. Rockefeller, le premier de la dynastie, qui déclara dans un discours célèbre : « La variété de rose “American Beauty” ne peut être produite dans la splendeur et le parfum qui enthousiasment celui qui la contemple qu’en sacrifiant les premiers bourgeons poussant autour d’elle. Il en va de même dans la vie économique. Ce n’est là que l’application d’une loi de la nature et d’une loi de Dieu. »
 
Au cours du XXe siècle, le darwinisme social en vint à être considéré comme un peu trop cruel : sa popularité déclina et, quand on y fit référence, ce fut généralement pour le condamner. Lui succéda un déni plus amorphe de la pauvreté, associé aux présidents Calvin Coolidge (1923-1929) et Herbert Hoover (1929-1933). Pour eux, toute aide publique aux pauvres faisait obstacle au fonctionnement efficace de l’économie. Elle était même incompatible avec un projet économique qui avait si bien servi la plupart des gens. Cette idée qu’il est économiquement dommageable d’aider les pauvres reste présente. Et, au cours de ces dernières années, la recherche de la meilleure manière d’évacuer toute mauvaise conscience au sujet des pauvres est devenue une préoccupation philosophique, littéraire et rhétorique de première importance. C’est aussi une entreprise non dépourvue d’intérêt économique.
 
Des quatre ou peut-être cinq méthodes en cours pour garder bonne conscience en la matière, la première est le produit d’un fait incontestable : la plupart des initiatives à prendre en faveur des pauvres relèvent, d’une manière ou d’une autre, de l’Etat. On fait alors valoir qu’il est par nature incompétent, sauf quand il s’agit de gérer le Pentagone et de passer des marchés publics avec des firmes d’armements. Puisqu’il est à la fois incompétent et inefficace, on ne saurait lui demander de se porter au secours des pauvres : il ne ferait que mettre davantage de pagaille et aggraverait encore leur sort.
 
Un mécanisme de déni psychologique
 
Nous vivons une époque où les allégations d’incompétence publique vont de pair avec une condamnation générale des fonctionnaires, à l’exception, on ne le dira jamais assez, de ceux travaillant pour la défense nationale. La seule forme de discrimination toujours autorisée – pour être plus précis, encore encouragée – aux Etats-Unis est la discrimination à l’endroit des employés du gouvernement fédéral, en particulier dans les activités relevant de la protection sociale. Nous avons de grandes bureaucraties d’entreprises privées, regorgeant de bureaucrates d’entreprise, mais ces gens-là sont bons. La bureaucratie publique et les fonctionnaires sont mauvais.
 
En fait, les Etats-Unis disposent d’une fonction publique de qualité, servie par des agents compétents et dévoués, honnêtes dans leur quasi-totalité, et peu enclins à se laisser surfacturer des clés à molette, des ampoules électriques, des machines à café et des sièges de toilettes par les fournisseurs. Curieusement, quand de telles turpitudes se produisirent, ce fut au Pentagone... Nous avons presque éliminé la pauvreté chez les personnes âgées, grandement démocratisé l’accès à la santé et aux soins, garanti aux minorités l’exercice de leurs droits civiques, et beaucoup fait pour l’égalité des chances en matière d’éducation. Voilà un bilan remarquable pour des gens réputés incompétents et inefficaces. Force est donc de constater que la condamnation actuelle de toute action et administration gouvernementales est en réalité l’un des éléments d’un dessein plus vaste : refuser toute responsabilité à l’égard des pauvres.
 
La deuxième méthode s’inscrivant dans cette grande tradition séculaire consiste à expliquer que toute forme d’aide publique aux indigents serait un très mauvais service à leur rendre. Elle détruit leur moral. Elle les détourne d’un emploi bien rémunéré. Elle brise les couples, puisque les épouses peuvent solliciter des aides sociales pour elles-mêmes et leurs enfants, une fois qu’elles se retrouvent sans mari. Il n’existe absolument aucune preuve que ces dommages soient supérieurs à ceux qu’entraînerait la suppression des soutiens publics. Pourtant, l’argument selon lequel ils nuisent gravement aux déshérités est constamment ressassé, et, plus grave, cru. C’est sans doute la plus influente de nos fantasmagories.
 
Troisième méthode, liée à la précédente, pour se laver les mains du sort des pauvres : affirmer que les aides publiques ont un effet négatif sur l’incitation à travailler. Elles opèrent un transfert de revenus des actifs vers les oisifs et autres bons à rien, et, de ce fait, découragent les efforts de ces actifs et encouragent le désœuvrement des paresseux. L’économie dite de l’offre est la manifestation moderne de cette thèse. Elle soutient que, aux Etats-Unis, les riches ne travaillent pas parce que l’impôt prélève une trop grande part de leurs revenus. Donc, en prenant l’argent des pauvres et en le donnant aux riches, nous stimulons l’effort et, partant, l’économie. Mais qui peut croire que la grande masse des pauvres préfère l’assistance publique à un bon emploi ? Ou que les cadres dirigeants des grandes entreprises – personnages emblématiques de notre époque – passent leur temps à se tourner les pouces au motif qu’ils ne sont pas assez payés ? Voilà une accusation scandaleuse contre le dirigeant d’entreprise américain, qui, de notoriété publique, travaille dur.
 
La quatrième technique permettant de se soulager la conscience est de mettre en évidence les effets négatifs qu’une confiscation de leurs responsabilités aurait sur la liberté des pauvres. La liberté, c’est le droit de dépenser à sa guise, et de voir l’Etat prélever et dépenser le minimum de nos revenus. Ici encore, le budget de la défense nationale mis à part. Pour reprendre les propos définitifs du professeur Milton Friedman, « les gens doivent être libres de choisir ».
 
C’est sans doute la plus révélatrice de toutes les arguties, car quand il s’agit des pauvres, on n’établit plus aucune relation entre leurs revenus et leur liberté. (Le professeur Friedman constitue une fois de plus une exception car, par le biais de l’« impôt négatif », qu’il recommande, il garantirait un revenu universel minimum.) Chacun conviendra pourtant qu’il n’existe pas de forme d’oppression plus aiguë, pas de hantise plus continue que celles de l’individu qui n’a plus un sou en poche. On entend beaucoup parler des atteintes à la liberté des plus aisés quand leurs revenus sont diminués par les impôts, mais on n’entend jamais parler de l’extraordinaire augmentation de la liberté des pauvres quand ils ont un peu d’argent à dépenser. Les limitations qu’impose la fiscalité à la liberté des riches sont néanmoins bien peu de chose en regard du surcroît de liberté apporté aux pauvres quand on leur fournit un revenu.
 
Enfin, quand tous les raisonnements précédents ne suffisent plus, il reste le déni psychologique. Il s’agit d’une tendance psychique qui, par des biais variés, nous conduit par exemple à éviter de penser à la mort. Elle amène beaucoup de gens à éviter de penser à la course aux armements, et donc à la ruée vers la probable extinction de l’humanité. Le même mécanisme est à l’œuvre pour s’épargner de penser aux pauvres, qu’ils soient en Ethiopie, dans le sud du Bronx ou à Los Angeles. Concentrez-vous sur quelque chose de plus agréable, nous conseille-t-on alors.
 
Telles sont les méthodes auxquelles nous avons recours pour éviter de nous préoccuper du sort des pauvres. Toutes, sauf peut-être la dernière, témoignent d’une grande inventivité dans la lignée de Bentham, Malthus et Spencer. La compassion, assortie d’un effort de la puissance publique, est la moins confortable et la moins commode des règles de comportement et d’action à notre époque. Mais elle reste la seule compatible avec une vie vraiment civilisée. Elle est aussi, en fin de compte, la règle la plus authentiquement conservatrice. Nul paradoxe à cela. Le mécontentement social et les conséquences qu’il peut entraîner ne viendront pas de gens satisfaits. Dans la mesure où nous pourrons rendre le contentement aussi universel que possible, nous préserverons et renforcerons la tranquillité sociale et politique. N’est-ce pas là ce à quoi les conservateurs devraient aspirer avant tout ?
 
(Ce texte a été publié pour la première fois dans le numéro de novembre 1985 de Harper’s Magazine.)
 
John Kenneth Galbraith
Economiste. Auteur du Nouvel Etat industriel, Gallimard, Paris, 1968, et des Mensonges de l’économie, Grasset, Paris, 2004.
 
source : Le monde diplomatique

n°48573
multedo
Profil : Habitué(e)
multedo
Posté le 21-11-2011 à 21:15:41  profilanswer
 

Cramouillette a écrit :


 
Hum ce que j'en pense ? ....
 
Et bien que nous devrions tous avoir en tête ce petit texte de JK Galbraith...
 

Citation :


L’art d’ignorer les pauvres
 
Chaque catastrophe « naturelle » révèle, s’il en était besoin, l’extrême fragilité des classes populaires, dont la vie comme la survie se trouvent dévaluées. Pis, la compassion pour les pauvres, affichée au coup par coup, masque mal que de tout temps des penseurs ont cherché à justifier la misère – en culpabilisant au besoin ses victimes – et à rejeter toute politique sérieuse pour l’éradiquer.
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Je voudrais livrer ici quelques réflexions sur l’un des plus anciens exercices humains : le processus par lequel, au fil des années, et même au cours des siècles, nous avons entrepris de nous épargner toute mauvaise conscience au sujet des pauvres. Pauvres et riches ont toujours vécu côte à côte, toujours inconfortablement, parfois de manière périlleuse. Plutarque affirmait que « le déséquilibre entre les riches et les pauvres est la plus ancienne et la plus fatale des maladies des républiques ». Les problèmes résultant de cette coexistence, et particulièrement celui de la justification de la bonne fortune de quelques-uns face à la mauvaise fortune des autres, sont une préoccupation intellectuelle de tous les temps. Ils continuent de l’être aujourd’hui.
 
Il faut commencer par la solution proposée par la Bible : les pauvres souffrent en ce bas monde, mais ils seront magnifiquement récompensés dans l’autre. Cette solution admirable permet aux riches de jouir de leur richesse tout en enviant les pauvres pour leur félicité dans l’au-delà.
 
Bien plus tard, dans les vingt ou trente années qui suivirent la publication, en 1776, des Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations – à l’aube de la révolution industrielle en Angleterre –, le problème et sa solution commencèrent à prendre leur forme moderne. Un quasi-contemporain d’Adam Smith, Jeremy Bentham (1748-1832), inventa une formule qui eut une influence extraordinaire sur la pensée britannique et aussi, dans une certaine mesure, sur la pensée américaine pendant cinquante ans : l’utilitarisme. « Par principe d’utilité, écrivit Bentham en 1789, il faut entendre le principe qui approuve ou désapprouve quelque action que ce soit en fonction de sa tendance à augmenter ou diminuer le bonheur de la partie dont l’intérêt est en jeu. » La vertu est, et même doit être, autocentrée. Le problème social de la coexistence d’un petit nombre de riches et d’un grand nombre de pauvres était réglé dès lors que l’on parvenait « au plus grand bien pour le plus grand nombre ». La société faisait de son mieux pour le maximum de personnes, et il fallait accepter que le résultat soit malheureusement très déplaisant à l’encontre de ceux, très nombreux, pour lesquels le bonheur n’était pas au rendez-vous.
 
En 1830, une nouvelle formule, toujours d’actualité, fut proposée pour évacuer la pauvreté de la conscience publique. Elle est associée aux noms du financier David Ricardo (1772-1823) et du pasteur anglican thomas Robert Malthus (1766-1834) : si les pauvres sont pauvres, c’est leur faute – cela tient à leur fécondité excessive. Leur intempérance sexuelle les a conduits à proliférer jusqu’aux limites des ressources disponibles. Pour le malthusianisme, la pauvreté ayant sa cause dans le lit, les riches ne sont pas responsables de sa création ou de sa diminution.
 
Au milieu du XIXe siècle, une autre forme de déni connut un grand succès, particulièrement aux Etats-Unis : le « darwinisme social », associé au nom de Herbert Spencer (1820-1903). Pour ce dernier, dans la vie économique comme dans le développement biologique, la règle suprême était la survie des plus aptes, expression que l’on prête à tort à Charles Darwin (1809-1882). L’élimination des pauvres est le moyen utilisé par la nature pour améliorer la race. La qualité de la famille humaine sort renforcée de la disparition des faibles et des déshérités.
 
L’un des plus notables porte-parole américains du darwinisme social fut John D. Rockefeller, le premier de la dynastie, qui déclara dans un discours célèbre : « La variété de rose “American Beauty” ne peut être produite dans la splendeur et le parfum qui enthousiasment celui qui la contemple qu’en sacrifiant les premiers bourgeons poussant autour d’elle. Il en va de même dans la vie économique. Ce n’est là que l’application d’une loi de la nature et d’une loi de Dieu. »
 
Au cours du XXe siècle, le darwinisme social en vint à être considéré comme un peu trop cruel : sa popularité déclina et, quand on y fit référence, ce fut généralement pour le condamner. Lui succéda un déni plus amorphe de la pauvreté, associé aux présidents Calvin Coolidge (1923-1929) et Herbert Hoover (1929-1933). Pour eux, toute aide publique aux pauvres faisait obstacle au fonctionnement efficace de l’économie. Elle était même incompatible avec un projet économique qui avait si bien servi la plupart des gens. Cette idée qu’il est économiquement dommageable d’aider les pauvres reste présente. Et, au cours de ces dernières années, la recherche de la meilleure manière d’évacuer toute mauvaise conscience au sujet des pauvres est devenue une préoccupation philosophique, littéraire et rhétorique de première importance. C’est aussi une entreprise non dépourvue d’intérêt économique.
 
Des quatre ou peut-être cinq méthodes en cours pour garder bonne conscience en la matière, la première est le produit d’un fait incontestable : la plupart des initiatives à prendre en faveur des pauvres relèvent, d’une manière ou d’une autre, de l’Etat. On fait alors valoir qu’il est par nature incompétent, sauf quand il s’agit de gérer le Pentagone et de passer des marchés publics avec des firmes d’armements. Puisqu’il est à la fois incompétent et inefficace, on ne saurait lui demander de se porter au secours des pauvres : il ne ferait que mettre davantage de pagaille et aggraverait encore leur sort.
 
Un mécanisme de déni psychologique
 
Nous vivons une époque où les allégations d’incompétence publique vont de pair avec une condamnation générale des fonctionnaires, à l’exception, on ne le dira jamais assez, de ceux travaillant pour la défense nationale. La seule forme de discrimination toujours autorisée – pour être plus précis, encore encouragée – aux Etats-Unis est la discrimination à l’endroit des employés du gouvernement fédéral, en particulier dans les activités relevant de la protection sociale. Nous avons de grandes bureaucraties d’entreprises privées, regorgeant de bureaucrates d’entreprise, mais ces gens-là sont bons. La bureaucratie publique et les fonctionnaires sont mauvais.
 
En fait, les Etats-Unis disposent d’une fonction publique de qualité, servie par des agents compétents et dévoués, honnêtes dans leur quasi-totalité, et peu enclins à se laisser surfacturer des clés à molette, des ampoules électriques, des machines à café et des sièges de toilettes par les fournisseurs. Curieusement, quand de telles turpitudes se produisirent, ce fut au Pentagone... Nous avons presque éliminé la pauvreté chez les personnes âgées, grandement démocratisé l’accès à la santé et aux soins, garanti aux minorités l’exercice de leurs droits civiques, et beaucoup fait pour l’égalité des chances en matière d’éducation. Voilà un bilan remarquable pour des gens réputés incompétents et inefficaces. Force est donc de constater que la condamnation actuelle de toute action et administration gouvernementales est en réalité l’un des éléments d’un dessein plus vaste : refuser toute responsabilité à l’égard des pauvres.
 
La deuxième méthode s’inscrivant dans cette grande tradition séculaire consiste à expliquer que toute forme d’aide publique aux indigents serait un très mauvais service à leur rendre. Elle détruit leur moral. Elle les détourne d’un emploi bien rémunéré. Elle brise les couples, puisque les épouses peuvent solliciter des aides sociales pour elles-mêmes et leurs enfants, une fois qu’elles se retrouvent sans mari. Il n’existe absolument aucune preuve que ces dommages soient supérieurs à ceux qu’entraînerait la suppression des soutiens publics. Pourtant, l’argument selon lequel ils nuisent gravement aux déshérités est constamment ressassé, et, plus grave, cru. C’est sans doute la plus influente de nos fantasmagories.
 
Troisième méthode, liée à la précédente, pour se laver les mains du sort des pauvres : affirmer que les aides publiques ont un effet négatif sur l’incitation à travailler. Elles opèrent un transfert de revenus des actifs vers les oisifs et autres bons à rien, et, de ce fait, découragent les efforts de ces actifs et encouragent le désœuvrement des paresseux. L’économie dite de l’offre est la manifestation moderne de cette thèse. Elle soutient que, aux Etats-Unis, les riches ne travaillent pas parce que l’impôt prélève une trop grande part de leurs revenus. Donc, en prenant l’argent des pauvres et en le donnant aux riches, nous stimulons l’effort et, partant, l’économie. Mais qui peut croire que la grande masse des pauvres préfère l’assistance publique à un bon emploi ? Ou que les cadres dirigeants des grandes entreprises – personnages emblématiques de notre époque – passent leur temps à se tourner les pouces au motif qu’ils ne sont pas assez payés ? Voilà une accusation scandaleuse contre le dirigeant d’entreprise américain, qui, de notoriété publique, travaille dur.
 
La quatrième technique permettant de se soulager la conscience est de mettre en évidence les effets négatifs qu’une confiscation de leurs responsabilités aurait sur la liberté des pauvres. La liberté, c’est le droit de dépenser à sa guise, et de voir l’Etat prélever et dépenser le minimum de nos revenus. Ici encore, le budget de la défense nationale mis à part. Pour reprendre les propos définitifs du professeur Milton Friedman, « les gens doivent être libres de choisir ».
 
C’est sans doute la plus révélatrice de toutes les arguties, car quand il s’agit des pauvres, on n’établit plus aucune relation entre leurs revenus et leur liberté. (Le professeur Friedman constitue une fois de plus une exception car, par le biais de l’« impôt négatif », qu’il recommande, il garantirait un revenu universel minimum.) Chacun conviendra pourtant qu’il n’existe pas de forme d’oppression plus aiguë, pas de hantise plus continue que celles de l’individu qui n’a plus un sou en poche. On entend beaucoup parler des atteintes à la liberté des plus aisés quand leurs revenus sont diminués par les impôts, mais on n’entend jamais parler de l’extraordinaire augmentation de la liberté des pauvres quand ils ont un peu d’argent à dépenser. Les limitations qu’impose la fiscalité à la liberté des riches sont néanmoins bien peu de chose en regard du surcroît de liberté apporté aux pauvres quand on leur fournit un revenu.
 
Enfin, quand tous les raisonnements précédents ne suffisent plus, il reste le déni psychologique. Il s’agit d’une tendance psychique qui, par des biais variés, nous conduit par exemple à éviter de penser à la mort. Elle amène beaucoup de gens à éviter de penser à la course aux armements, et donc à la ruée vers la probable extinction de l’humanité. Le même mécanisme est à l’œuvre pour s’épargner de penser aux pauvres, qu’ils soient en Ethiopie, dans le sud du Bronx ou à Los Angeles. Concentrez-vous sur quelque chose de plus agréable, nous conseille-t-on alors.
 
Telles sont les méthodes auxquelles nous avons recours pour éviter de nous préoccuper du sort des pauvres. Toutes, sauf peut-être la dernière, témoignent d’une grande inventivité dans la lignée de Bentham, Malthus et Spencer. La compassion, assortie d’un effort de la puissance publique, est la moins confortable et la moins commode des règles de comportement et d’action à notre époque. Mais elle reste la seule compatible avec une vie vraiment civilisée. Elle est aussi, en fin de compte, la règle la plus authentiquement conservatrice. Nul paradoxe à cela. Le mécontentement social et les conséquences qu’il peut entraîner ne viendront pas de gens satisfaits. Dans la mesure où nous pourrons rendre le contentement aussi universel que possible, nous préserverons et renforcerons la tranquillité sociale et politique. N’est-ce pas là ce à quoi les conservateurs devraient aspirer avant tout ?
 
(Ce texte a été publié pour la première fois dans le numéro de novembre 1985 de Harper’s Magazine.)
 
John Kenneth Galbraith
Economiste. Auteur du Nouvel Etat industriel, Gallimard, Paris, 1968, et des Mensonges de l’économie, Grasset, Paris, 2004.
 
source : Le monde diplomatique



 
Bon, les différents moyens utilisés pour dénigrer les pauvres et les plus démunis existent effectivement pour mieux déresponsabiliser et justifier d'autres actions. Mais c'est le discours des hautes sphères. J'accorde que le coup des 7 heures est purement démagogique. Il faudrait qu'il soit volontaire a minima.
 
Mais, je ne compte plus les (mauvais) exemples dont je dispose sous la main sans parler des (mauvais) conseils à deux sous du bar d'en face qui consiste à abuser de la solidarité. Certes, je n'ai pas fait que des rencontres bénéfiques mais franchement, il faut arrêter les frais. Le but du jeu aussi c'est d'éviter le piège à la grecque.
 
Il va de soi que plus le chômage augmente plus le système de solidarité se fragilise. Je pense d'ailleurs que dans notre pays ce système de solidarité face aux imprévus de la vie a été pensé dans le court terme et non pas à long terme avec ce genre d'aggravation (qui d'ailleurs aurait pu prévoir?). Ce système fonctionne pleinement avec une activité forte où la teneur des aides pour un indivdu ne perdure pas.
 
Je poserai donc juste la question ainsi: Donnerais-tu quelques pièces à un mendiant?
 
Pour moi, la réponse est évidemment non car je ne veux pas qu'il assèche sa soif dans l'alcool ni qu'il fume quelques cigarettes en poursuivant sa vie dehors. Ce que je veux c'est qu'il obtienne un toit, de la nourriture et un emploi. C'est pour cela qu'on passe par des associations, une entité dirons nous collective, pour que le nécessaire soit fait. Il est donc aussi logique que cette aide collective réclame son dû en s'assurant que l'aide soit efficace et qu'elle ne se diffuse pas dans la nature. Elle durcit d'autant plus le ton que la vie est difficle.
 
On est aussi forcé de constater que certains emplois sont à proprement parler délaissés et dévalorisés.

Message cité 1 fois
Message édité par multedo le 21-11-2011 à 21:17:35
n°48607
Cramouille​tte
Combein de clous vaut une paire de sabots ?
Profil : Idole
cramouillette
Posté le 23-11-2011 à 13:00:48  profilanswer
 

multedo a écrit :


Bon, les différents moyens utilisés pour dénigrer les pauvres et les plus démunis existent effectivement pour mieux déresponsabiliser et justifier d'autres actions. Mais c'est le discours des hautes sphères. J'accorde que le coup des 7 heures est purement démagogique. Il faudrait qu'il soit volontaire a minima.
 
Mais, je ne compte plus les (mauvais) exemples dont je dispose sous la main sans parler des (mauvais) conseils à deux sous du bar d'en face qui consiste à abuser de la solidarité. Certes, je n'ai pas fait que des rencontres bénéfiques mais franchement, il faut arrêter les frais. Le but du jeu aussi c'est d'éviter le piège à la grecque.
 
Il va de soi que plus le chômage augmente plus le système de solidarité se fragilise. Je pense d'ailleurs que dans notre pays ce système de solidarité face aux imprévus de la vie a été pensé dans le court terme et non pas à long terme avec ce genre d'aggravation (qui d'ailleurs aurait pu prévoir?). Ce système fonctionne pleinement avec une activité forte où la teneur des aides pour un indivdu ne perdure pas.
 
Je poserai donc juste la question ainsi: Donnerais-tu quelques pièces à un mendiant?
 
Pour moi, la réponse est évidemment non car je ne veux pas qu'il assèche sa soif dans l'alcool ni qu'il fume quelques cigarettes en poursuivant sa vie dehors. Ce que je veux c'est qu'il obtienne un toit, de la nourriture et un emploi. C'est pour cela qu'on passe par des associations, une entité dirons nous collective, pour que le nécessaire soit fait. Il est donc aussi logique que cette aide collective réclame son dû en s'assurant que l'aide soit efficace et qu'elle ne se diffuse pas dans la nature. Elle durcit d'autant plus le ton que la vie est difficle.
 
On est aussi forcé de constater que certains emplois sont à proprement parler délaissés et dévalorisés.


 
Personnellement je n'ai aucun problème à l'arrêt des frais si cela correspond effectivement bien à la réalité et c'est là où le bas blesse... ces considérations ne se basent pas sur un état des lieux réel mais bien sur une représentation fantasmée.  
 
Et ton commentaire n'y échappe pas. C'est bien de laisser entendre que l'on connait effectivement des cas de mauvais exemples, mais ce serait encore mieux d'arriver à percevoir ce que ces exemples représentent dans le grand tout des prestations sociales...  
 
Alors est-ce bien logique de justifier le durcissement des prestations sociales lorsque la fraude représente 1% (estimation haute) des prestations versées ?  
 
 
 
   
 

(Publicité)
n°48608
multedo
Profil : Habitué(e)
multedo
Posté le 23-11-2011 à 13:22:25  profilanswer
 

Cramouillette a écrit :


 
Personnellement je n'ai aucun problème à l'arrêt des frais si cela correspond effectivement bien à la réalité et c'est là où le bas blesse... ces considérations ne se basent pas sur un état des lieux réel mais bien sur une représentation fantasmée.  
 
Et ton commentaire n'y échappe pas. C'est bien de laisser entendre que l'on connait effectivement des cas de mauvais exemples, mais ce serait encore mieux d'arriver à percevoir ce que ces exemples représentent dans le grand tout des prestations sociales...  
 
Alors est-ce bien logique de justifier le durcissement des prestations sociales lorsque la fraude représente 1% (estimation haute) des prestations versées ?  
 


 
Je vais essayer de faire court.
 
Avant le système marchait très bien durant les trente glorieuses (chômage faible et de courte durée optimisme, baby-boom, développement pharmaceutique peu accru...). Le système a été pensé pour des risques de la vie pouvant survenir sur du court terme (<1 an). Donc les prestations pouvaient être distribuées à la volée. La question de mauvaises dépenses n'avait à être posée. Néanmoins, elle aurait dûe selon le principe du paiement des retraites et donc en cas de coup dur sur les générations futures. Une sorte d'épargne pour la banque de France (peut-être que cela s'est fait mais j'en doute)
 
Je ne te parle pas nécessairement de fraudes. Mais des mauvaises pratiques plus régulières qui peuvent s'instaurer quand ces risques de la vie prennent passent sur du moyen ou long terme (des prescripteurs à la main légère qui délivre l'ordonnance accompagné d'un arrêt de travail avec consentement mutuel avec l'assuré). Le système n'est pas paré à cela.  
 
Voilà une manière dont cet appareil, même s'il amortit le choc de la crise peut dépendre de capitaux autres que publics.
 

n°48609
Cramouille​tte
Combein de clous vaut une paire de sabots ?
Profil : Idole
cramouillette
Posté le 23-11-2011 à 15:26:00  profilanswer
 

multedo a écrit :

 

Je vais essayer de faire court.

 

Avant le système marchait très bien durant les trente glorieuses (chômage faible et de courte durée optimisme, baby-boom, développement pharmaceutique peu accru...). Le système a été pensé pour des risques de la vie pouvant survenir sur du court terme (<1 an). Donc les prestations pouvaient être distribuées à la volée. La question de mauvaises dépenses n'avait à être posée. Néanmoins, elle aurait dûe selon le principe du paiement des retraites et donc en cas de coup dur sur les générations futures. Une sorte d'épargne pour la banque de France (peut-être que cela s'est fait mais j'en doute)

 

Je ne te parle pas nécessairement de fraudes. Mais des mauvaises pratiques plus régulières qui peuvent s'instaurer quand ces risques de la vie prennent passent sur du moyen ou long terme (des prescripteurs à la main légère qui délivre l'ordonnance accompagné d'un arrêt de travail avec consentement mutuel avec l'assuré). Le système n'est pas paré à cela.

 

Voilà une manière dont cet appareil, même s'il amortit le choc de la crise peut dépendre de capitaux autres que publics.

 


 

Désolé même si je vois où tu veux en venir, je bloque tout de même sur ton 2eme paragraphe. Tu me dis ne pas parler nécessairement de fraudes mais tu illustres ton propos par un exemple de fraude (arrêt de complaisance)...

 

Quand au système, je pense qu'il n'est surtout pas paré à compenser l'amputation budgétaire liée aux différentes exonérations de cotisations sociales.

 

--------------

 

Le sujet initial étant fortement associé à l'actualité sur la fraude sociale, je me permet ce petit rappel rapide.
 
La fraude sociale intègre deux éléments :
- la fraude aux cotisations sociales (liée essentiellement au travail au noir)
- la fraude aux prestations sociales (liée aux indemnités d'arrêts maladie, aux allocations familiales, au RSA...).

 

Dont les coûts estimés sont compris :
- entre 8 et 15 milliards € pour la fraude aux cotisations sociales ;
- entre 2 et 3 milliards € pour la fraude aux prestations sociales.
 

Message cité 1 fois
Message édité par Cramouillette le 23-11-2011 à 15:26:31
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n°48610
multedo
Profil : Habitué(e)
multedo
Posté le 23-11-2011 à 18:51:52  profilanswer
 

Cramouillette a écrit :


 
Désolé même si je vois où tu veux en venir, je bloque tout de même sur ton 2eme paragraphe. Tu me dis ne pas parler nécessairement de fraudes mais tu illustres ton propos par un exemple de fraude (arrêt de complaisance)...
 
Quand au système, je pense qu'il n'est surtout pas paré à compenser l'amputation budgétaire liée aux différentes exonérations de cotisations sociales.
 
--------------
 
Le sujet initial étant fortement associé à l'actualité sur la fraude sociale, je me permet ce petit rappel rapide.  
   
La fraude sociale intègre deux éléments :  
- la fraude aux cotisations sociales (liée essentiellement au travail au noir)  
- la fraude aux prestations sociales (liée aux indemnités d'arrêts maladie, aux allocations familiales, au RSA...).  
 
Dont les coûts estimés sont compris :  
- entre 8 et 15 milliards € pour la fraude aux cotisations sociales ;  
- entre 2 et 3 milliards € pour la fraude aux prestations sociales.  
 


 
Le problème c'est que ce genre de "fraudes" que je cite en exemple en fait n'en ai pas une ou plutôt ne peut être considérée comme telle car indétectable.  
 
Un arrêt de travail qui dure 7 à 8 jours de ce type ne peut être détecté par l'Assurance Maladie ni par le Service Médical. Le temps d'avoir l'information, de déclencher le dispositif et enfin de convoquer ledit patient, l'arrêt est déjà terminé. A priori c'est impossible.  
 
A posteriori, il peut y avoir des possibilités mais réduites (car difficiles de juger les bonnes des mauvaises) vers les médecins et leurs syndicats tout puissants sans faire appel au Conseil de l'Ordre. Pour cela, je citerai juste que certains médecins pratiquaient la consultation à 23€ bien avant 2011 en fait dès que le chef de l'Etat avait fait l'annonce. Et rien ... que de l'avertissement pour éviter de se les mettre à dos. Mais j'aurais très bien pu prendre un exemple sur des produits pharmaceutiques.
 
Ce fonctionnement du système et les pratiques qui en découlent dénoncent d'une manière violente et malsaine que chacun s'octroie le système non pas par solidarité mais par individualisme dans le sens où le système lui "doit" quelquechose qu'il n'a jamais obtenu. Si on devait payer de notre poche, on agirait autrement.  
 
Je comprends le système solidaire mais si c'est pour faire du rétro pédalo c'est inutile. Quand on voit les écarts des classes sociales aux Etats-Unis, c'est triste. Le système américain ne m'attire pas tant que cela. Cependant, à côté de cela, par individualisme, chaque américain fait attention à son propre budget (quoique avec les crédits).
 
Tant qu'il y a du jus on presse le citron surtout si le citron ne nous appartient pas entièrement :jap:

Message cité 1 fois
Message édité par multedo le 23-11-2011 à 19:23:13
n°48619
Cramouille​tte
Combein de clous vaut une paire de sabots ?
Profil : Idole
cramouillette
Posté le 24-11-2011 à 10:59:41  profilanswer
 

multedo a écrit :


 
Le problème c'est que ce genre de "fraudes" que je cite en exemple en fait n'en ai pas une ou plutôt ne peut être considérée comme telle car indétectable.  
 
Un arrêt de travail qui dure 7 à 8 jours de ce type ne peut être détecté par l'Assurance Maladie ni par le Service Médical. Le temps d'avoir l'information, de déclencher le dispositif et enfin de convoquer ledit patient, l'arrêt est déjà terminé. A priori c'est impossible.  
 
A posteriori, il peut y avoir des possibilités mais réduites (car difficiles de juger les bonnes des mauvaises) vers les médecins et leurs syndicats tout puissants sans faire appel au Conseil de l'Ordre. Pour cela, je citerai juste que certains médecins pratiquaient la consultation à 23€ bien avant 2011 en fait dès que le chef de l'Etat avait fait l'annonce. Et rien ... que de l'avertissement pour éviter de se les mettre à dos. Mais j'aurais très bien pu prendre un exemple sur des produits pharmaceutiques.
 
Ce fonctionnement du système et les pratiques qui en découlent dénoncent d'une manière violente et malsaine que chacun s'octroie le système non pas par solidarité mais par individualisme dans le sens où le système lui "doit" quelquechose qu'il n'a jamais obtenu. Si on devait payer de notre poche, on agirait autrement.  
 
Je comprends le système solidaire mais si c'est pour faire du rétro pédalo c'est inutile. Quand on voit les écarts des classes sociales aux Etats-Unis, c'est triste. Le système américain ne m'attire pas tant que cela. Cependant, à côté de cela, par individualisme, chaque américain fait attention à son propre budget (quoique avec les crédits).
 
Tant qu'il y a du jus on presse le citron surtout si le citron ne nous appartient pas entièrement :jap:


 
Comme je te l'ai dis précédemment j'ai bien compris ce à quoi tu faisait allusion mais je reste sur ma réserve concernant la réalité de l'état des lieux.  
 
Personnellement je ne sais pas si tes mauvais exemples sont devenus une norme d'usage ou si ils restent à la marge. Ce que je sais en revanche c'est qu'il y a de plus en plus de personnes qui renoncent à se faire soigner et que cela ne colle donc pas avec ta description de dérive d'appropriation du système.
 

n°48624
multedo
Profil : Habitué(e)
multedo
Posté le 24-11-2011 à 13:35:24  profilanswer
 

Le changement de base de remboursement des médicaments et Dieu sait quoi encore, cela en calme plus d'un :D Mais se faire soigner est un peu différent que d'avoir un arrêt.
 
En fait, il est impossible concrètement de quantifier la chose mais les doutes pèsent sur certains praticiens dont, après passage au TASS, on connaît les pratiques. A fortiori, même s'ils ne le font pas toujours, je crains que cela se pratique facilement pour un patient quelque peu quémandeur.  
 
Pour avoir travaillé un peu sur le sujet de la buprénorphine, il suffit qu'un médecin soit interpellé par son patient (justement pas forcément patient) bien que la délivrance de ce médicament soit strictement règlementé. Une patientèle très particulère et peu nombreuse certes mais qui permet parfaitement de comprendre pourquoi un médecin peut craquer (à la fin d'une journée de 9h ou par appât du gain).  
 
Sur les prestations versées sur un arrêt, le discours inverse que je t'accorde consisterait à dire "plus de chômage moins d'arrêt de travail".
 


Message édité par multedo le 24-11-2011 à 13:38:09
n°48915
Profil sup​primé
Profil : Novice
Posté le 30-12-2011 à 04:45:55  answer
 

Le temps d'avoir l'information, de déclencher le dispositif et enfin de convoquer ledit patient, l'arrêt est déjà terminé. A priori c'est impossible.  http://www.uklv.info/g.gif

n°49407
Sandrine22​107
je cherch zic rytmé et mélodiq
Profil : Novice
sandrine22107
Posté le 20-02-2012 à 12:02:50  profilanswer
 

no628 a écrit :

Maintenant, les titulaire d'un RSA devront travailler 7 heures.
Je trouve cela bien pour lutter contre l'assistanat mais je me demande si on à 7 heures de travail à donner à 1 millions e personnes.
 
Qu'en pensez-vous ?


 
Si on force les RSAstes fénéants à travailler, cela fera encore moins d'emplois pour les chômeurs désirant travailler.

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n°49433
eglantine_​mauve
Profil : Tête d'affiche
Posté le 23-02-2012 à 10:32:27  profilanswer
 

Sandrine22107 a écrit :


 
Si on force les RSAstes fénéants à travailler, cela fera encore moins d'emplois pour les chômeurs désirant travailler.


 
 
contrairement à ce que pense la gauche la quantité d'emploi n'est pas une donnée fixe et limitée, aurement dit la taille du gâteau à partager n'est pas limitée par une loi ou une autorité quelconque.
 
actuellement 25 % DU P.I.B. provient de l'exportation
 
mais on peut développer l'exportation (je rappelle que le commerce extérieur est déficitaire alors que l'Allemagne est excédentaire)
 
donc soyer positifs,   essayez de proposer des solutions pour développer les exportations


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