Bon alors on respire, on se calme, on se détend. Ca va mieux ? Alors maintenant discutons.
D’abord, il me semble important de réaffirmer une chose que tu ne sembles pas avoir comprise : justement, je ne suis pas un « ultra-libéraliste » dans le sens où je suis persuadé que le système économique libéral, l’économie de marché, doit être limité et encadré par des règles pour fonctionner correctement et voir limitées ses dérives naturelles. C’est pour cela que je marque mon appartenance au centre. Et si il te venait à l’idée d’essayer de prétendre le contraire, je te demanderai alors de citer les phrases que j’ai écrites et qui prouve cela.
Ensuite, concernant la question du prétendu échec du système libéral. Le système communiste a été un échec pour plusieurs raisons :
- Il n’a effectivement jamais été réellement mis en place à l’échelle d’un pays (ce qui n’est pas le cas du libéralisme)
- Il n’a engendré la création que de systèmes autoritaires (ce qui n’est pas le cas du libéralisme)
- La plupart de ces systèmes ont aujourd’hui disparus car les populations n’en supportaient plus les effets (ce qui n’est pas le cas du libéralisme, bien au contraire)
Alors je passe sur l’amusante petite phrase où tu m’expliques qu’il faut que je sois de ton avis pour que l’on puisse débattre (bah non, si on est du même avis, ça sert à rien de débattre, cong) pour en venir directement au fait : alors comme ça, pour toi un système économique est soit pur et parfait, soit en échec ? Pas de milieu ? Pas de système imparfait, en évolution, à améliorer ?...
Allez, sérieusement, jugement hâtif, imbécile et définitif mis de côté : le système actuel est certes imparfait, comme tout système (cite-moi un système d’organisation parfait, sans règles ?). Il ne fonctionne pas toujours bien, il provoque certains excès, et doit encore être travaillé et amélioré. Mais c’est encore une fois pour cela qu’il doit être encadré par des règles et des lois, encore une fois comme tout système. Le monde dans lequel nous vivons n’est effectivement pas le meilleur, je te l’accorde, mais il ne tient qu’à nous de faire en sorte que cela soit le cas. Et pour cela il faudrait peut-être commencer par arrêter de vouloir foutre en l’air tout ce qui a été déjà pour réfléchir aux meilleurs moyens d’améliorer ce qui existe. Si tous les révolutionnaires de mes-deux qui rêvent de la fin du libéralisme mettaient autant d’énergie à chercher des solutions pour améliorer le système libéral qu’ils en mettent à proférer leurs conneries sur l’échec de celui-ci, peut-être que les choses iraient déjà un peu mieux.
Bon, maintenant, je vais répondre point par point à certaines de tes trouvailles et allégations hautement discutables :
david70 a écrit :
Le libéralisme sauvage a été une des principales cause de la deuxième guerre mondiale, de la montée du nazisme et du fascime, c'est sa crise en 1929 qui a provoqué tout ça. Celui qui oserait contester ça serait soit un très piètre historien (gad, si tu nous regardes), soit quelqu'un qui fait la politique de l'autruche.
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Alors là, j’ai faillis m’étouffer. De rire, hein. J’avoue qu’autant de mauvaise foi et autant d’aplomb dans la façon de balancer une énaaauuuurme connerie, ça laisse rêveur…
Pour ton information mon grand, les principales raisons (parmi les très nombreuses) qui ont conduit à la seconde guerre mondiale sont la montée des nationalismes (Allemagne et Japon principalement) et les conséquences de la Première guerre mondiale. De libéralisme, et donc de libertés, il n’y en avait pas des masses dans ces années-là (seulement dans le système financier), et c’était surtout aux Etats-Unis que cela se passait… Quant aux conséquences de la crise de 29, sans nationalisme derrière, elle n'aurait certainement pas conduit à ce genre de conséquences (sinon on s'en serait tapé des guerres depuis !)
Bref, c’est pas demain la veille que tu vas donner des leçons à Alain Decaux, toi…
david70 a écrit :
Le marché qui s'auto-régule, c'est une légende, un mythe, ça ne s'est jamais vérifié, il faut que des instances régulent elles-mêmes le marché. La seule institution commerciale internationale qu'on a créé, c'est le GATT et l'OMC dont leur rôle était...de vérifier justement qu'on laisse bien faire le libéralisme sauvage.
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C’est marrant que dans le même message tu arrives à pointer du doigt les conséquences néfastes de l’auto-régulation des marchés (crise pétrolière, crise alimentaire) et à nier avec une même force de conviction l’existence même des mécanismes qui ont créé ces choses… Très très fort. Tu me donneras l’adresse de ton conseiller en mauvaise foi, c’est un bon.
Ces crises sont directement la conséquence des mécanismes d’auto-régulation : la demande augmente, donc les prix aussi, donc la demande va de nouveau baisser, sauf si on augmente l’offre. Or, ce que tu dois bien comprendre, c’est que ces mécanismes sont en quelques sorte des mécanismes de « défense » du marchés, des sortes de sécurités qui se mettent en place parce que personne n’a réagit suffisamment tôt pour justement éviter que ces mécanismes ne se déclenchent.
Bref, rendre les marchés responsables de ces crises, et dire que « c’est ça, le libéralisme », c’est donc aller un peu vite en besogne et en simplification extrême, j’espère que tu feras l’effort de réfléchir au moins là-dessus…
Et, encore une fois, c’est chouette de dénoncer mais c’est encore plus chouette de proposer ! Je reprends ton exemple du gazole : ok, alors on fait quoi ? On rationne ? On régule au niveau mondial ? On fixe les prix de manière autoritaire ? Mais qui ? Les pays producteurs ? Les gouvernements ? Vas-y, explique-moi quelle est ta solution miracle, je suis bien curieux de l’entendre…
david70 a écrit :
Une chose est sûre, le système actuel n'est pas le meilleur, et il serait plus que temps que de grands intellectuels, tel autrefois Marx, se penchent sur la question. En tout cas, un libéralisme peut être, mais d'une sauvagerie comme on la connait actuellement, surement pas. Peut être y mettre créer un libéralisme "moral", mais c'est pas demain la veille
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Churchill a dit un truc dans le genre "le système capitaliste n'est pas le meilleur mais le moins mauvais", ça devrait te suffire, non ?
Et si tu essayais de retourner le problème, pour voir ? Et si t’essayais de te dire que, justement, si aucun intello n’a rien à dire sur le sujet, c’est bien parce qu’il n’y a rien à dire ?... Que toutes les tentatives passées de grandes réflexions de ce genre ont conduit à des désastres ? Que si aucun Marx ne s’élève aujourd’hui en proposant de système alternatif viable et cohérent, n’est-ce pas parce que le système libéral (pas actuel mais à venir, amélioré, encadré) est l’aboutissement de plusieurs siècles de tâtonnements ? Sans aller jusqu’à faire du Fukuyama, y’a quand même matière à réflexion, non ?
Pour finir, j’aimerais quand même redire une chose importante. A titre personnel, je me méfie toujours comme d’une peste des gens qui se croient investis de la mission de faire le bien autour d’eux. Ces personnes, qui ont souvent la manie de vouloir à tout prix ce qu’elle pense être votre bonheur, même contre votre propre volonté, font généralement beaucoup plus de mal que de bien autours d’eux…
A un niveau plus large, je me méfie tout autant des rêveur et des idéalistes dans ton genre qui sont persuadés que le monde entier n’attends qu’une chose, c’est qu’on mette la main sur un système parfait et juste et beau et grand. Ils sont dangereux.
Alors, un petit conseil, n’oublies pas qu’en ce domaine comme dans d’autres, la sagesse populaire a raison : le mieux est souvent l’ennemi du bien…
Message édité par TPM le 20-05-2008 à 12:00:31
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"C'était vraiment très intéressant !"