Quelle amertume, quelle déception... Du premier tour des élections présidentielles se distinguent deux constats : le premier se chiffre à un peu plus de 5%, tandis que le deuxième laisse un goût encore plus amer dans ma gorge.
D'un coté un écart plus que conséquent qui devrait encourager les élus, les militants, les jeunes socialistes à se bouger, à se montrer, à communiquer leur envie de donner un coup d'arrêt à cette droite française, de plus en plus extrémiste et de plus en plus populiste et de l'autre ce qui ressort de cette soirée électorale : cette anémie, ce non-discours prononcé par S.Royal.
Que s'est-il passé ? Etait est-ce une stratégie ? Si oui laissez-moi me mouiller en disant qu'elle était mauvaise !
Si on tente d'analyser sommairement les discours des trois principaux acteurs de cette présidentielle, on découvre bien vite que la candidate socialiste est la grande perdante de la soirée !
En effet le discours de N Sarkozy par exemple, fut fidèle à la ligne de conduite adoptée depuis le début. Un texte plutôt creux, populiste à souhait, empreint de clin d'oeils outre-atlantistes ("le rêve français" ) mais prononcé avec une ferveur, un enthousiasme, et par dessus tout une conviction impressionante (mais de façade très probablement) tout à fait à même de rallier un électorat centriste à la recherche de nouveaux repères pour le deuxième tour.
En deuxième lieu, F.Bayrou, et son essor extraordinaire lui donnant un poids politique nouveau. Son discours, tout comme celui du candidat de l'UMP, resta collé à sa ligne de conduite. Il a parlé vrai, tout en communiquant son espoir de changement, et sa confiance en l'avenir, mais en affichant toutefois encore un brin d'idéalisme, ou de naïveté.
Après ces deux prises de parole, S.Royal bénéficiait du créneau idéal pour dès aujourd'hui se lancer dans la vrai campagne, celle dont le résultat compte réellement, celle qui donnera à la france un nouveau Président.
Pourtant mes espoirs se sont effondrés en même temps que l'engouement de Mme Royal pour ses propres paroles. Comment un parti politique concourrant à un deuxième tour d'élection présidentielle peut-il laisser sa candidate prononcer un discours aussi morne ?! Tout au long de ce dernier, ma frustraction n'a fait qu'augmenter ! Qu'on m'explique s'il-vous plaît.. Qu'on me dise ! Pourquoi ? Pourquoi un discours monotone avec une pause tous les 4 mots (précisemment) et un sourire figé de statue de glace là où il fallait un discours convaincant, percutant, qui aurait créé une dynamique nouvelle, une dynamique de victoire.
J'aurais aimé que ce discours, qui fut tout de même complet, et très bon dans le fond, eut une forme digne de ce nom. Car les points abordés le furent parfaitement, clairement, et surtout profondément, ce qui se démarque en bien du discours de N.Sarkozy.
C'est donc dès les premières phrases, ou plutôt les premiers mots de Ségolène Royal que s'est installée en moi cette frustration. Une envie irrémédiable de dissiper le malaise avant de le laisser s'installer, de crever l'abcès de ce sentiment de "peut mieux faire".
Il faut réagir Mme Royal, il faut que le parti lui-même réagisse dès demain, dès maintenant, il faut donner à ces deux semaines un rythme infernal, pour montrer aux françaises et aux français le réel désir que s'impose "la France Présidente" et avec elle les idées Socialistes.
C'est plein d'espoir que je finis ce texte, après l'avoir commencé le coeur lourd.
Les deux constats d'aujourd'hui se prologent en deux constats pour demain, pas d'espoir sans réaction, et pas de victoire sans passion.
G.Cauffopé