Les chômeuses allemandes menacées de trottoir
À l’heure où Borloo renforce le contrôle sur les chômeurs pour les caser dans le premier emploi venu, l’exemple d’outre-Rhin, dont il s’inspire, donne à réfléchir. En Allemagne, avec la réforme Schröder en vigueur depuis janvier, les chômeurs de longue durée sont tenus d’accepter n’importe quelle offre d’emploi proposée par l’Agence fédérale pour l’emploi (BA), l’équivalent de l’ANPE en France. En cas de refus, le chômeur s’expose à une perte de son allocation. « Tout emploi est acceptable », martèle le ministre de l’Emploi. Le hic, c’est que la prostitution a été légalisée en 2002. « Vendeuse de charme » est donc un métier comme les autres, et la presse a révélé récemment plusieurs cas de femmes aiguillées par le BA vers des établissements de charme dont les annonces étaient ambiguës. « Nous payons nos cotisations sociales, il est donc normal qu’on profite aussi des services de l’agence pour l’emploi pour trouver
du personnel », a revendiqué la Fédération allemande des métiers du sexe, citée par le Matin de Genève.
Juridiquement, les chômeuses allemandes peuvent donc être tenues d’accepter ces emplois inhumains, ou alors éjectées de l’assurance chômage, pour les avoir refusés. De quoi alléger les statistiques du chômage.
Fanny Doumayrou (l' Humanité)
Origine : http://www.humanite.presse.fr/jour [...] -19-457012