Citation :
Lorsque Mme X (ouvrière) arrive dans l'atelier, elle remarque immédiatement que la chaîne de production est arrêtée. En voyant quelques gars de la maintenance s'afférer autour de la machine, elle comprend que celle-ci est en panne...une fois de plus. Les pannes surviennent de plus en plus fréquemment ces derniers temps, ce qui perturbe pas mal la production, d'autant plus que celle-ci ne peut être réalisée sur une autre chaîne.
L'autre problème, c'est que la charge de travail de l'entreprise est insuffisante pour pouvoir affecter les ouvriers concernés sur un autre poste de travail. Alors, les fois précédentes, le chef d'atelier, avec l'aval de la direction, avait décidé de renvoyer les travailleurs chez eux:
-"Les heures seront rattrapées plus tard".
Et ils étaient repartis de l'usine sans avoir travaillé. Une fois la machine réparée, le chef d'atelier avait sonné le rappel.
-"Il faut rattraper le retard" leur avait-il dit en guise d'encouragement.
Eux savaient ce que cela signifiait: des heures de travail en plus, non rémunérées et encore moins considérées comme des heures supplémentaires. Il en fut ainsi à chaque nouvel ennui technique qui paralysait la chaîne. Malheureusement, le remplacement de cet équipement de travail n'était pas programmé dans de brefs délais.
Ce jour donc, lorsque Mme X va prendre son poste dans l'atelier, elle sait ce que la maîtrise ou l'encadrement va lui demander: quitter l'usine.
Elle s'est levée à 4h00 du matin, a parcouru 50 kilomètres avec son véhicule pour ce travail à l'usine. Elle estime avoir été suffisamment conciliante lors des pannes précédentes. Aujourd'hui, lorsque le chef de ligne lui dit: "Il y a un problème, tu peux rentrer chez toi, on te rappellera", elle refuse. Elle est venue pour travailler, qu'on lui donne du travail, sur une autre machine, peu importe...elle ne veut pas perdre une autre journée.
-"Il n'y a pas assez de travail ailleurs. La machine ne sera pas remise en état avant demain. On te téléphonera" insiste le chef.
-"Ça commence à me coûter cher cette histoire !" proteste-t-elle. Elle parle du prix de l'essence, de l'usure de la voiture, du "petit" que son mari va déposer tout à l'heure chez l'assistante maternelle...Les collègues qui travaillent avec elle sur la chaîne l'approuvent: "Ça suffit, on nous prend pour des pions !".
-"Je n'y peux rien , je fais ce que je peux" dit le chef. Finalement, Mme X et ses compagnons de travail repartiront chez eux après que l'encadrement ait confirmé la position du chef de ligne. Les protestations auront été vaines.
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