À une époque où le terrorisme régional ou religieux menace toujours, où les actes de sabotages sur les transports collectifs se multiplient, où nos installations publiques sont constamment dégradées, où de nombreux espaces de la République sont devenus de zones de non-droit, où les délinquants et les criminels sont systématiquement défendus et excusés, où une grande majorité des médias (papier, radio, télé, Internet, cinéma ...) sont des caisses de résonance d'une contestation injurieuse et d'une violence radicale contre les élus, les lois, les institutions et les forces de l'ordre légitimement mis en place par une majorité démocratique, où le rôle international de la France, passé et présent, est méthodiquement méprisé, insulté et attaqué au profit de ses ennemis, on peut logiquement s'interroger sur la notion d' ennemi de l'intérieur. La France a-t-elle encore des ennemis de l'intérieur. Si oui, qui sont-ils ? Que font-ils ? Pourquoi le font-ils ? Comment cesseront-ils ?
Négligeant sereinement la Godwin's law et la maniaque "reductio ad Hitlerum" des déficients et impuissants de la dialectique à laquelle ce type de question se heurte régulièrement, il y aurait une analyse fort intéressante à faire sur la thématique de la traîtrise.
"Ennemis de l'intérieur", comment qualifier autrement ceux qui, dans tous types de conflit (guerres, guerres civiles, guerres de décolonisation, conflits religieux, affrontements politiques, compétitions sportives ou scientifiques, conflits du travail...) jouent contre leur propre camp, contre la communauté en lutte à laquelle ils appartiennent par des liens historiques, familiaux, sociaux, économiques, culturels etc ... L'Histoire les appelle aussi espions, délateurs, renégats, saboteurs, traîtres... et ne leur réserve pas une place très honorable dans la société et dans la mémoire, ni très confortable, souvent, dans leur chair.
C'est une réalité indiscutable : dans tout conflit, un nombre plus ou moins important d'acteurs des deux forces en présence bascule, rejoint le camp d'en face et le favorise par différentes démarches (espionnage, désinformation, défaitisme, incitations aux renonciations et à la capitulation, démoralisation, soutien actif, collaboration...), influant parfois de façon décisive sur l'issue du conflit.
Ces intervenants félons sont donc incontournables, et sans doute même nécessaires, soutenant tel ou tel parti dans la victoire et abrégeant ainsi des conflits douloureux voire sanglants.
Ce qui serait fort intéressant, au niveau d'une étude spécifique, voire d'une thèse (histoire, sociologie, psychologie, philosophie ...) , ce serait d'analyser les motivations et les buts de ces "ennemis de l'intérieur", les causes qui font qu'on devient un jour un traître à sa patrie, à sa famille, à sa culture, à sa religion, à ses valeurs etc ...
Est-ce l'appel du gain et d'un pouvoir promis (les pièces d'or de Judas) ? Est-ce une alliance personnelle avec le "camp d'en face" (amitié, amour, mariage, adoption ...) ? Est-ce une plus ou moins lointaine appartenance généalogique au camp d'en face ? Est-ce une insertion mal digérée ? Est-ce une haine et un dégoût à l'égard de son "camp d'origine", causées par des échecs et des espoirs déçus, et donc une volonté délibérée de lui faire du mal ? Un déclassement ? Un sous-classement ? Est-ce de la rébellion pour la rébellion de demeurés désœuvrés ou d'adolescents attardés ? Est-ce une sincère foi politique ou religieuse dans l'absolue supériorité idéologie ou ontologique du "camp d'en face" (voir les espoirs de régénération des intellectuels européens du XXème partis allant se "ressourcer" en Allemagne nazie, en URSS, en Chine, à Cuba...) ?
Beaucoup de questions pour un sujet éternel, universel et passionnant !