Citation :
« Francophones, en France, aurait dû signifier nous ; il a fini par signifier eux, les autres, les étrangers, ceux des anciennes colonies... En ces temps d'égarement où les identités se raidissent et où l'universalisme est en perpétuelle régression, les vieux réflexes sont revenus.
Peu de gens auraient l'idée d'appeler Flaubert ou Céline francophones ; et même des écrivains d'origine étrangère, s'ils ne viennent pas d'un pays du Sud, sont vite assimilés à des écrivains français ; je n'ai jamais entendu décrire Apollinaire ou Cioran comme des francophones... J'ai passé récemment en revue une longue liste de noms pour tenter de cerner les critères qui régissent ce clivage. Ce que j'ai découvert, j'aurais honte de l'écrire. Même si je ne faisais qu'énumérer ces critères, je me sentirais souillé. Disons seulement qu'il y a là des subtilités discriminatoires indignes de la France, indignes de ses idéaux, indignes de ce qu'elle représente dans l'histoire des idées et des hommes... »
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