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Auteur Sujet :

"Un musée de l'Histoire de France"; bonne ou mauvaise idée de Sarkozy?

n°43877
nidedroite​nidegauche
Profil : Tête d'affiche
Posté le 26-01-2011 à 16:07:55  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Cela dit, après réflexion, je pense quand même qu'on aurait pas du le retirer des dite-célébrations. Je ne conteste nullement que Céline a été un pourri, et que son passé ait influencé son nihilisme et son antisémitisme n'est pas une excuse (bien qu'il puisse être une explication).

 

Mais je pense qu'il faut savoir séparer l'homme de l'écrivain, l'individu de l'auteur. Une fois de plus, je n'ai pas lu Céline, et je respecte carol le fait que tu n'ais pas aimé sa plume (c'est ton droit le plus absolu). Cela dit, il est tout de même reconnu dans les milieux littéraires comme un des plus grands écrivains que la France ait connu, et ce, qu'il ait été collabo ou non. Et la célébration célébrait justement les grands artistes français. Donc je pense qu'après tout, être un pourri et un bon écrivain est parfaitement compatible.

 

Après tout, Cramouillette qui cite régulièrement Voltaire ne s'est t'il pas lui aussi enrichi en participant à la traite négrière? Il n'en reste pas moins un des plus grands philosophes qui ait existé en France... (Voltaire hein...pas cramouillette lol)


Message édité par nidedroitenidegauche le 26-01-2011 à 16:27:05
(Publicité)
n°44522
nidedroite​nidegauche
Profil : Tête d'affiche
Posté le 22-02-2011 à 14:09:44  profilanswer
 

N'ayant pas été sur le site de L'Organe (pour ceux qui ne connaissent pas, ils vont pas être déçu du voyage), tout simplement parce que je trouvais qu'ils allaient trop loin (même si c'est évident qu'il faut y prendre du second degré), je me balladais hier, et pour une fois, j'ai trouvé un article avec lequel je suis d'accord sur le "devoir de mémoire" (ou, en plus clair, comment te faire culpabiliser pour un truc que tes ancêtres ont commis mais que toi tu n'es pas responsable, mais que tu dois t'excuser quand même...).

 

Et comme on a pas mal parlé de la Shoah, pour une fois, varions ^^:

 

http://www.lorgane.com/INDIGENES-T [...] m#comments


Message édité par nidedroitenidegauche le 22-02-2011 à 14:18:31
n°44554
caroljoyce
Sous les ifs noirs qui les abritent, les hiboux se
Profil : Idole
caroljoyce
Posté le 23-02-2011 à 21:59:54  profilanswer
 

Fausse route : le devoir de mémoire ce n'est pas "avoir honte".
En revanche, ces mecs-là qui ont écrit ce torchon devraient avoir honte de se vanter qu'ils n'ont pas honte d'écrire ça.

 

(et si certains penseront que je suis une vieille réac' en disant cela, qu'ils pensent, j'assume. Faut pas déconner non plus ! J'ai du mal avec le deuxième degré certaine fois !)

 

No comment.


Message édité par caroljoyce le 23-02-2011 à 22:02:43
n°44556
nidedroite​nidegauche
Profil : Tête d'affiche
Posté le 24-02-2011 à 19:57:36  profilanswer
 

Et bin on aura pas été d'accord longtemps ^^...

 

Bon, effectivement, si l'article exagère volontairement, à la limite de la caricature, il tente néanmoins de relever le problème qui me dérange dans ce qu'on nomme "le devoir de mémoire", c'est à dire ériger une souffrance en étandard avec comme but non-avoué de faire culpabiliser d'une part, et également le danger étant d'entrer dans la concurrence victimaire.

 

Le risque étant toujours de tomber dans la dictature de l'émotion, ce qui est le contraire justement de l'analyse factuelle historique (comme la Shoah ou une loi détermine une vision de l'Histoire, empêchant de facto aux historiens de faire leur boulot, puisque de toute manière on leur répond simplement: "circulez, il n'y a rien à voir!" ).

 

Au final, reconnaitre la souffrance à un instant T de l'Histoire est une chose, la sacraliser, se culpabiliser, s'auto-flageller, s'agenouiller pour supplier pardon en est une autre. Je ne me sens personnellement pas responsable des horreurs faites par mes grands parents.

 

Quant au second degré, j'avoue être un immense adepte de l'humour noir, donc j'admets que ça ne m'a jamais dérangé ^^


Message édité par nidedroitenidegauche le 24-02-2011 à 19:58:28
n°44559
caroljoyce
Sous les ifs noirs qui les abritent, les hiboux se
Profil : Idole
caroljoyce
Posté le 24-02-2011 à 22:22:39  profilanswer
 

de l'humour noir ?
moi j'y vois un esprit rétréci chez son auteur.
Et le devoir de mémoire n'est pas fait pour faire culpabiliser mais pour prendre du recul sur les faits historiques, en prenant en considération le fait que les valeurs morales changent, et évoluent.

 

Voici le discours d'un allemand et sa conception du devoir de mémoire :
"Notre devoir de mémoire" - Discours prononcé par Monsieur Horst Köhler, Président fédéral, à l'occasion de la Journée du souvenir des victimes du national-socialisme

 

27.01.2009
Berlin

 

http://www.bundespraesident.de/-,3 [...] rintview=2

 

"Le crime contre l'humanité commis par les nationaux-socialistes a montré combien le vernis de la civilisation est mince, combien les conquêtes de la science et de la technique sont à double tranchant et combien les limites imposées par la culture, sur lesquelles nous comptons tout naturellement au quotidien, sont fragiles.

 

Hitler et ses acolytes n'auraient pas pu commettre leurs crimes s'ils n'avaient pas eu autant de complices et de sympathisants: des ardents fanatiques, mais aussi "des hommes ordinaires" et des femmes ordinaires, des exécutants indifférents et des profiteurs sans scrupules nous confrontant à la banalité du Mal. Sans oublier tous ceux, et ils étaient nombreux, qui détournèrent les yeux et se turent.

 

Faire le lien entre ce passé et notre présent et avenir et en tirer les leçons, voilà le sens de notre travail de mémoire. Nous nous souvenons par respect pour les victimes. Nous nous souvenons pour apprendre de l'Histoire. Et nous nous souvenons pour nous-mêmes. Car le travail de mémoire, c'est aussi rechercher la vérité, rechercher une base solide pour sa propre vie.

 

Pour celui qui ne fait pas face à son passé, l'avenir ne repose sur rien. Qui se refuse à admettre sa propre histoire compromet son salut. Cela vaut pour chacun d'entre nous. Et j'en suis persuadé, cela vaut aussi pour les peuples et les nations. Car ce n'est qu'en perpétuant la mémoire qu'on a la chance d'être en paix avec soi-même et avec les autres.

 

La responsabilité issue de la Shoah est partie de l'identité allemande. Le deuil des victimes, la honte des atrocités commises et la volonté de se réconcilier avec le peuple juif et les ennemis d'alors nous conduisent aux racines de notre République fédérale: "La dignité de l'être humain est intangible", énonce l'article 1er de notre Loi fondamentale. Cette phrase est la réponse à l'expérience de la dictature hitlérienne. C'est une profession de foi en faveur de l'humanité et de la liberté.

 

Il y va des rapports entre les êtres humains, donc des rapports entre nous: comment voulons-nous vivre ensemble, dans notre pays, dans ce monde indivis? Comment arrivons-nous quand nous nous ren-controns, malgré toutes nos différences, à ne jamais oublier que l'Autre est un être humain, unique, égal et qui fait partie de la Création, comme toi et moi.

 

Cela nous concerne tous, quels que soient l'heure et le lieu où nous sommes nés, que nous appartenions à la génération des enfants, des petits-enfants ou des arrière-petits-enfants.

 

Il est bon que le président fédéral Roman Herzog ait proclamé en 1996 le 27 janvier "Jour du souvenir des victimes du national-socialisme". Et il est bon que les Nations Unies aient proclamé à leur tour en 2005 le 27 janvier de chaque année "Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste", car les leçons de l'Histoire sont importantes pour tous.

 

Je remercie également le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon d'avoir insisté sur la signification de cette date dans un message pressant adressé à la communauté internationale.

 

Nous, Allemands, avons fait face à notre passé. Et nous ne cessons de nous en préoccuper. Je suis heureux qu'en particulier des jeu-nes continuent de poser des questions. Ils veulent savoir quel sort a été réservé aux juifs dans notre ville. Qu'est-il advenu des patients de la psychiatrie locale? Comment les chrétiens et les juifs vivaient-ils pendant les décennies et les siècles avant 1933? Quel a été le destin des victimes qui ont survécu après 1945? Celui des coupables? Et encore: Comment traitons-nous aujourd'hui les minorités? Que pouvons-nous faire pour réagir lorsqu'un nouvel esprit malfaisant s'éveille? Ces questions ne sont pas nouvelles, mais il est important qu'elles soient encore et toujours posées.

 

(...)
Pour nous, Allemands, ce passé ne doit pas devenir un musée. Ces événements demeurent une partie de notre présent, et les enseignements du passé font partie des fondements de notre identité en tant que nation.

 

Monsieur le Président du Bundestag, Mesdames, Messieurs, j'aimerais aujourd'hui vous faire cette promesse: nous, Allemands, perpétuerons la mémoire des crimes du national-socialisme et le souvenir des victimes. C'est pour nous une mission. Une mission au service de laquelle nous mettons notre engagement et notre travail pour la liberté, pour les droits de l'homme et pour la justice. Pour les âmes des morts. Et pour les nôtres."

 



Message édité par caroljoyce le 27-02-2011 à 17:08:13
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n°44562
nidedroite​nidegauche
Profil : Tête d'affiche
Posté le 25-02-2011 à 11:26:55  profilanswer
 

Bon, tout d'abord, je suis assez d'accord sur sa dénonciation de ce qu'on appelle "la banalité du Mal". Bien que je n'aime pas trop cette expression que je trouve un peu lieu commun, il faut quand même remettre dans le contexte: Adolf Hitler n'est pas un extraterrestre débarqué d'un autre planète pour tout détruire type "independance day". Il n'a pas été suivi uniquement par des ouvriers déphasés un peu "concon" sur les bords prêt à suivre n'importe quel discours convenu. Il a été rallié par une certaine élite intellectuelle.

 

De nombreux ouvrages et études ont tenté de comprendre le phénomène du IIIème Reich. Parce qu'après tout, on peut toujours dire qu'Adolf Hitler était un "monstre absolu", l'archétype du Mal absolu avec toute l'inhumanité que cela comporte. Oui, sauf que des ordures, de tout temps, il y en a toujours eu, et c'est facile de l'accuser seul. Non, la vraie question qui doit être posée, c'est "comment, en plus des circonstances contextuelles, un peuple a t'il non seulement élu un homme pareil et lui a attribué un pouvoir charismatique, mais encore bien pire: comment un peuple a t'il suivi son Furher jusque dans l'abîme? Jusqu'à la dernière seconde de vie du IIIème Reich?" Ce qui attend donc une autre réponse, c'est à dire de comprendre le mécanisme de fonctionnement qui a permis à une société de basculer consciemment ou non dans le chaos. Je sais que je cite souvent cet exemple là, mais pour le cas d'école qu'était Adolf Eichmann, le pire, le plus effrayant, le plus incroyable quand on l'a arrêté, c'est que toutes les études sur ce personnage qui a envoyé des milliers de juifs dans les camps de la mort ont prouvé...qu'il était monsieur Tout-le-monde. Il n'était même pas un nazi convaincu, il ne connaissait même pas les principales lignes politiques du national-socialisme. Et là ça devient très étonnant.

 

Mais tout ça, toutes ces études très intéressantes, que je te conseille d'ailleurs parce que réellement instructives, sont des questions avant tout historiques, qui ont pour but de déterminer qu'est ce qui a à l'instant T fait basculer tout ça?

 

Sauf que la question de la Mémoire, c'est autre chose, c'est sacraliser une souffrance légitime dans le but de se rappeller. C'est introduire une émotion, une compassion, et une dimension morale à un épisode historique, et c'est là ou ça me pose problème. Parce que sacraliser un évènement, porter un évènement comme LE crime absolu et bsolutiser, ça a cela de dangereux que non seulement on est dans "la dictature de l'émotion", ou même les questions les plus subtiles peuvent être refusées d'être posées (comme par exemple "quelle était la vraie place d'Adolf Hitler dans les rouages du IIIème Reich?" ), et ensuite qu'elle entraine une forme inconsciente de communautarisation en favorisant la concurrence victimaire.

 

L'Histoire humaine est faite de guerre, de massacres, de spoliation. Faut t'il s'imposer une Mémoire de tous ces protestants morts lors de la Saint Barthélémy? Ou après tout, une Mémoire pour les catholiques qui se sont fait massacrés par les protestants à Nîmes en 1567? Une mémoire pour les ouvriers de la Commune qui se sont fait massacrer en 1871? Et sur tous les morts sur la guerre civile en Vendée? Et sur tous les morts victimes de la Terreur sous Robespierre?

 

Bref, je vais pas refaire tous les massacres de notre histoire, il y en a tellement...mais je veux juste dire par là qu'à mon sens, la Mémoire est de l'émotion, du pathos, que je peux comprendre parce qu'on est devant l'innomable, mais qu'elle n'est pas dans l'analyse froide historique, qu'elle sacralise, et pire: elle a à mon sens cet effet pervers de communautariser, parce que la réaction derrière est simple: tous les autres vont vouloir revendiquer leur souffrance aussi.

 

Enfin, dernier argument, mais celui-ci tu le connais: je suis lassé de devoir demander pardon et de me repentir, que ce soit à cause des colonisations en Afrique du Nord ou à cause de la France pétainiste. J'hérite de cette partie de l'Histoire de France là, mais je n'en suis pas responsable...


Message édité par nidedroitenidegauche le 25-02-2011 à 13:11:15
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