invite_WYK- a écrit :
J'ai été très patiente j'ai sorti des chiffres des courbes, des références, en face RIEN seulement la même rengaine alors il y a un moment où il faut arrêter de se laisser prendre pour des cons. Et c'est malheureusement une dialectique beaucoup trop fréquente : les gens de droite arrogants vis à vis des gens de gauche qui se laissent faire.
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Tu balances des extraits, où on chercherait en vain un avis personnel et surtout constructif .. Moi je t'ai donné mon avis, il ne compte pas ok, alors les preuves, la littérature, les sources. Soit.
Délocalisations, réalisme, où est la vérité, qui prétend quoi.
En l'occurrence, tu retiens que la peur des délocalisations est largement infondée (sur la base d'un article du Monde, d'un rapport du Sénat, de travaux de 2 économistes - c'est un peu court pour se faire une idée d'un sujet pourtant très largement commenté et étudié ..)
Tu retiens aussi que cette peur serait véhiculée par la droite pour justifier la rigueur.
OK.
De mon côté je ne fais pas de copies de mes lectures .... Et là, je fais simplement "délocalisations" sur google. Et c'est parti, au hasard. Je me suis permis de faire qq surlignages. Si tu réfutes, on prendra un autre article, le suivant.
Où il apparaît que ceux qui avancent les risques de délocalisation sont surtout situés à gauche .. Politiques et syndicats ..
Et tu liras aussi que certains économistes, plutôt que focaliser sur le risque de délocalisation, préfèrent insister sur le manque de productivité en France (au passage, sauf erreur tu n'as pas cité tes sources à ce sujet, dans un autre message).
Politis
La vérité sur les délocalisations - Thierry Brun et Julien Viardin
10 février 2005 Le mot « délocalisation » fait frémir tous les travailleurs : il signifie fermetures d’usines et licenciements, ou, au mieux, chantage à la suppression des avantages sociaux. Pourtant, nombre d’experts et d’’économistes nous affirment, statistiques à l’’appui, qu’il s’agit d’un phénomène marginal, aux effets limités sur l’activité industrielle et donc sur l’emploi. En réalité, tout est affaire d’interprétation. Nous démontons ici quelques idées reçues sur la supposée innocuité de ces transferts vers des pays à faible coût de main-d’oeuvre.
Quelle est l’ampleur et quels sont les effets des délocalisations dans l’économie française ? Le débat a surgi l’automne dernier, sur fond de remise en question de la durée du temps de travail : des entreprises menaçaient d’installer leur production dans un autre pays, à la main-d’oeuvre moins coûteuse, si leurs salariés n’acceptaient pas une augmentation de la durée du travail.
Lors de son référendum interne sur le traité constitutionnel européen, le parti socialiste est sorti divisé de ce débat. Laurent Fabius avait fait du thème des délocalisations une des justifications principales de son « non ». À droite, la question divise aussi. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Économie, répétait que les délocalisations « ça existe et ça s’aggrave », et qu’elles touchent « tous les secteurs et toutes les régions ». Tandis que Patrick Devedjian, ministre de l’Industrie, et François Loos, ministre du Commerce extérieur, évacuaient la question pour insister sur les bienfaits d’une « France exportatrice ».
En dépit des efforts pour minimiser le phénomène, un sondage pour le quotidien économique la Tribune révélait en septembre2004 que la lutte contre les délocalisations devrait être, pour les Français, la priorité du gouvernement, devant l’amélioration du pouvoir d’achat et les baisses d’impôts. En novembre, un autre sondage indiquait que l’immense majorité des Français pensent que les délocalisations des entreprises sont « un phénomène grave » (88 %) et « durable » (70 %) (1).
Depuis, le débat a tourné court. Relayés par des dizaines de rapports et des centaines d’articles, des experts et des économistes répètent que les délocalisations sont un phénomène marginal. Il n’y aurait ainsi aucune raison de s’affoler ! Réalisé au nom de la commission du Sénat, un rapport d’information sur les délocalisations, rendu public en juin 2004, récuse l’idée d’un « phénomène massif » de délocalisations. Les économistes auditionnés par la commission sont catégoriques : « Tous ont indiqué que les délocalisations n’étaient pour l’instant pas un phénomène statistique important, et que leurs effets sur la capacité industrielle du pays comme sur l’emploi étaient extrêmement limités » (2), expliquent les sénateurs.
Les économistes interrogés reconnaissent certes un impact sur la diminution de l’emploi industriel depuis trente ans. Mais, pour ce qui est de l’emploi total, de la production industrielle, du commerce extérieur ou de la croissance, l’effet des délocalisations, disent-ils, est marginal. Et les maux sont ailleurs : pas assez de productivité et manque de progrès technique.
Cette analyse rejoint celles de nombreux rapports venant de l’Assemblée nationale, de la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (Datar), du Sénat, de la Commission européenne, de la Direction des relations économiques extérieures (Dree) de Bercy, du Conseil d’analyse économique rattaché à Matignon, de la Banque de France, du Fonds monétaire international. Ils ont tous conclu, peu ou prou, que les effets des délocalisations étaient « limités ».
L’affaire est donc entendue ? Non, car un certain nombre d’aspects montrent que le débat ne s’arrête pas là, et que la question des délocalisations soulève de puissants enjeux.
Des statistiques trompeuses
Y aurait-il une propension à minimiser les délocalisations ? Nombre d’experts reprennent une étude publiée en 2004 par un organisme du ministère du Commerce extérieur (Dree), qui, dans sa conclusion, indique que les « investissements industriels dans les pays en développement, susceptibles de correspondre à des délocalisations, représentent 4 % du stock total d’IDE français [investissements directs à l’étranger] ». Le chiffre est repris dans plusieurs rapports et dans des dizaines d’articles de presse, pour étayer l’hypothèse que les délocalisations seraient peu nombreuses. Mais d’autres signaux contredisent ces fausses évidences. Ainsi, le ministère de l’Industrie redoute-t-il une réduction des 240 000 emplois dans le secteur de la chimie. Et les syndicats, qui voient se succéder les chantages à la délocalisation, soulignent l’accélération du phénomène, son ampleur et son coût social. Le cas de l’usine Bosch de Vénissieux, où 300 emplois sont menacés de délocalisation, marque encore les esprits.
Depuis leurs bureaux, experts et technocrates expliquent cependant que plus de 80 % des investissements réalisés à l’étranger par les entreprises françaises sont dirigés vers des pays développés, et seulement 11 % vers des pays émergents où des réductions des coûts sont recherchées. Il est vrai que ces investissements correspondent en majorité à des prêts entre entreprises d’un même groupe, à des augmentations de capital, ou à la conquête de nouveaux marchés. Ils seraient donc sans influence sur les unités de production en France. Les chiffres ainsi présentés ont le mérite de rassurer. Les investissements français génèrent en effet quelque 13 milliards d’euros de revenus annuels. La seule Allemagne a dégagé 130 milliards d’euros d’excédents commerciaux en 2003, grâce aux pays émergents comme la Chine. Mais il manque à ce portrait économique de la France le recours à la sous-traitance, non évalué en termes de délocalisations.
Lire la suite dans Politis n° 838
(1) Sondage pour le magazine l’Expansion, novembre 2004.
(2) Délocalisations : pour un néo-colbertisme européen, Commission des Affaires économiques du Sénat, juin 2004.
Message édité par eleanor_ le 31-07-2006 à 15:35:05