Un article du monde sur la sélection officielle :
Thierry Frémaux, délégué artistique, a dévoilé, jeudi 20 avril, la sélection officielle du 59e Festival de Cannes, prévu du 17 au 29 mai, dans un salon du Grand Hôtel, à Paris, en présence du président Gilles Jacob et de la directrice générale Catherine Démier.
Dix-neuf films issus de douze pays ont passé le cap d'une sélection à laquelle mille cinq cents films ont postulé. Cette sélection est un cocktail composé d'une majorité de grands auteurs habitués de la compétition, d'un soupçon de radicalisme esthétique, d'une touche de cinéma de genre, et de quelques trop rares découvertes. L'Europe tient la part du lion, l'Asie est en net retrait, les Etats-Unis et la France, comme d'ordinaire, dominent.
On trouve en compétition Bruno Dumont (Flandres), Nicole Garcia (Selon Charlie) et Xavier Giannoli (Quand j'étais chanteur) pour la France ; Sofia Coppola (Marie-Antoinette), Richard Kelly (Southland Tales) et Richard Linklater (Fast Food Nation) pour les Etats-Unis. Suivent Nanni Moretti (Il caïmano) et Paolo Sorrentino (L'amico di famiglia) pour l'Italie ; Andrea Arnold (Red Road) et Ken Loach (The Wind that Shakes the Barley) pour l'Angleterre ; Guillermo del Toro (El laberinto del fauno) et Alejandro Gonzales Inarritu (Babel) pour le Mexique ; Pedro Almodovar (Volver) pour l'Espagne ; Lucas Belvaux (La Raison du plus faible) pour la Belgique ; Pedro Costa (Juventude em marcha) pour le Portugal ; Aki Kaurismaki (Les Lumières du faubourg) pour la Finlande ; Rachid Bouchareb (Indigènes) pour l'Algérie ; Nuri Bilge Ceylan (Les Climats) pour la Turquie ; Lou Ye (Summer Palace) pour la Chine.
AL GORE SUR LA CROISETTE
Cette sélection est encadrée par deux films hors compétition : The Da Vinci Code, de Ron Howard, pour la soirée d'ouverture, et Transylviana, de Tony Gatlif, pour la clôture. Trois autres films, toujours hors compétition, abordent des sujets dans l'air du temps : United 93, fiction de Paul Greengrass sur un des avions détournés le 11-Septembre ; An Inconvenient Truth, documentaire de Davis Guggenheim qui mènera sur la Croisette l'ancien vice-président des Etats-Unis Al Gore ; Zidane, un portrait du XXI e siècle de Philippe Parreno Douglas Gordon, dont on n'ose imaginer l'embouteillage monstre que provoquera le possible déplacement de sa vedette.
La section Un certain regard relève de choix plus propres à justifier la formule sous laquelle Thierry Frémaux a placé cette édition : celle du "renouvellement". On y trouve, cette année, beaucoup de premiers films ainsi qu'une forte représentation venue d'Europe de l'Est et d'Asie. Trois cinéastes français y trouvent place - Denis Dercourt, Jacques Fieschi et Patrick Grandperret - et un vétéran italien de génie, Marco Bellocchio.
On connaît aussi la composition du jury officiel, présidé par le cinéaste de Hongkong Wong Kar-waï et annoncé lors de la même présentation. Il s'agit de l'actrice italienne Monica Bellucci, de l'actrice anglaise Helena Bonham-Carter, de la réalisatrice argentine Lucrecia Martel, de l'actrice chinoise Zhang Ziyi, de l'acteur américain Samuel L. Jackson, du réalisateur français Patrice Leconte, de l'acteur et réalisateur anglais Tim Roth et du réalisateur palestinien Elia Suleiman.
Les trois autres jurys (courts métrages, Un certain regard, Caméra d'or) seront respectivement présidés par les réalisateurs Andreï Kontchalovski, Monte Hellman, Luc et Jean-Pierre Dardenne.
Jacques Mandelbaum