Génial, un topic sur Dieu, dans lequel je vais pouvoir développer mes idées, faute d'avoir un forum dédié à la religion ou à l'ésotérisme, ce qui est bien dommage.
Je me lance.
Pour ceux que seuls les mots intéressent, je leur dis : l’esprit, c’est l’intellectuel supérieur qui est le langage de… que d’autres appellent Dieu.
Si vous vous contentez de ces mots, c’est que vous ne concevez rien de réel, et par conséquent vous adhérez à une religion (même une de celles
« sans Dieu ») en « croyant » qu’elle est seule vraie.
La vie sur Terre ne peut durer dans le temps que si les conditions terriennes sont favorables. Tout est soumis à ces conditions. Nous y sommes soumis comme tous. Appelé à « servir la Terre » (comme le brin d'herbe sert le terrain de foot), l'homme est plongé dans des difficultés (exprimées populairement par la formule : « tu gagneras ton pain a la sueur de ton front ! »).
Mais certaines personnes, est-ce un hasard, ou pour certaines une nécessité, trouvent dans ces difficultés, bribes après bribes, les éléments en eux-mêmes qui ouvrent leur conscience. Evidemment, plongées dans des facilités matérielles et sentimentales, elles ne « feront » pas grand chose ! Or, les difficultés (les « coups de pied au cul ») qu'elles reçoivent dans leur vie sont exactement proportionnées au décalage entre le « rien » de leur naissance et leur soif de connaissance.
Ce cheminement spirituel « forcé » n'apporte pas de jouissance, de puissance : elle créé souvent un isolement lourd ! C'est donc uniquement un besoin fondamental qui motive la suite d'efforts sur soi-même pour commencer, puis enrichir, sa propre conscience.
Il est facile de « faire », fabriquer, réparer, etc. Il est assez facile de développer, peu ou prou, son intellect. Car celui-ci se nourrit facilement d'éléments mémorises : c'est notre Société où chacun est prétentieux de ce qu'il a appris des autres ; l'utilisation des mots produit une satisfaction démesurée, il est tellement facile de manifester sa non-existence avec si peu de choses et aussi facilement, le tout s'appuyant seulement sur la mémoire
« mécanique » de l'intellect. Il est par contre bien plus difficile de découvrir
l'impact considérable de ce que l'on appelle le Centre Emotionnel (qui est la vertèbre de notre être, dont la plus grande partie n'est pas soumis à la Terre) en soi-même. Centre qui, pour les plus conscients, reste avec un champ mystérieux considérable.
La vraie difficulté dans le cheminent vers la conscience recouvre deux aspects. 1) Le premier est le vocabulaire, notamment pour le terme
« centre émotionnel ». Partant de l'inconscience de tout écolier, le même mot a un sens commun, et un sens qui se laisse découvrir par celui qui s'interroge sur lui-même : le sens réel qui reste caché a l'ensemble du monde vivant. 2) Le second est l'opposition entre vivre agréablement sur Terre et devenir conscient. Le Centre Emotionnel a, d'abord, beaucoup de difficultés à être, même seulement cerné, ou imaginé, par un intellectuel de notre époque. Et tout réflexion sur ce qui émane du Centre Emotionnel est viciée. Pour prendre conscience de ce centre, il est nécessaire de commencer par les exercices qui
ouvrent notre conscience sur les différents centres, notamment les trois principaux (moteur, intellectuel, émotionnel).
Mais « y penser » nous bloque au niveau intellectuel, et arrête, ou vicie,
notre « sentir ».
Dans le langage courant, l'émotion, c'est ce qui est perceptible qui « touche » nos espoirs, nos douleurs, ou nos jouissances etplaisirs. Dans le travail sur soi par contre, l'Emotion est la perception, par le Centre Emotionnel, d'une part de la Réalité, elle nous permet de progresser dans la Conscience.
En ce qui concerne l'amour, celui dont parle le Christ (et trop souvent substitué par ses continuateurs à l'émotivité, la sensiblerie, la nécessaire adhésion des masses, maints esclavages qui n'ont rien à voir avec l'amour prêché par Jésus), c'est l'Harmonie, d'abord en soi, puis proposée aux autres. Mais, en dehors du plaisir d'échanger des idées, celui qui est « Authentique » dans sa recherche de
Connaissance doit commencer par le commencement : qu'est ce que je
recherche ? Qu'est-ce qu'est en moi, et que je néglige pour aboutir dans ma recherche ?... et croire que c'est déjà fait, c'est n'être toujours pas parti !
Comme il a été dit plus haut (premier paragraphe), ce ménage sur soi n'est pas proposé a beaucoup de personnes. Ce, ou plutôt ces, ménages sont tellement délicats (et en définitive, sans intérêt pour la vie sur Terre, puisqu'un homme libre n'existe plus pour la Terre ; c'est tout comme s'il était mort) que seuls, ceux pour qui « ça urge », les commencent.
Pourquoi la Connaissance ne peut être donnée à tout le monde ? Elle ne peut appartenir à tous, même pas au grand nombre. Car telle est la loi. Comme toute chose au monde, la connaissance est matérielle. Elle est matérielle - cela signifie qu'elle possède tous les caractères de la matérialité. Or l'un des premiers caractères de la matérialité est d'impliquer une limitation de la matière, je veux dire que la matière, en un lieu donné, et dans des conditions données, est toujours limitée. Même
le sable du désert et l'eau de l'océan sont en quantité invariable, et strictement mesurée. Par conséquent, dire que la connaissance est matérielle, c'est dire qu'il y en a une quantité définie en un lieu et dans un temps donnés. On peut donc affirmer que, dans le cours d'une certaine période, disons un siècle, l'humanité dispose d'une quantité définie de connaissance. Si une quantité définie de connaissance vient à être distribuée entre des millions d'hommes, chaque individu en recevra très peu, et cette petite dose de connaissance, ne pourra rien changer ni dans sa vie, ni dans sa compréhension des choses. Quel que soit le nombre de ceux qui absorberont cette petite dose, l'effet sur leur vie sera nul, à moins qu'elle ne soit rendue plus difficile.
Mais si, au contraire, de grandes quantités de connaissance peuvent être concentrées par un petit nombre, alors cette connaissance donnera de très grands résultats. De ce point de vue, il est beaucoup plus avantageux que la connaissance soit préservée par un petit nombre et non pas diffusée parmi les masses. Si la connaissance devait être donnée à tout le monde, personne ne recevrait rien. Si elle est réservée à un petit nombre, chacun en recevra assez non seulement pour garder ce qu'il reçoit, mais pour l'accroître. A première vue, cette théorie semble très injuste, parce que la situation de ceux à qui la connaissance est, en quelque sorte, refusée, pour que d'autres puissent en recevoir davantage, semble très triste, imméritée et plus cruelle qu'elle ne devrait être.
La réalité est cependant toute différente ; dans la distribution de la connaissance, il n'y a pas ombre d'injustice. C'est un fait que l'énorme majorité des gens ignore le désir de connaître ; ils refusent leur lot de connaissance, ils négligent même de prendre, dans la distribution générale, la part qui leur est allouée pour les besoins de leur vie. Il n'y a rien d'injuste en tout cela, parce que ceux qui reçoivent la connaissance ne prennent rien qui appartienne à d'autres, ils ne privent personne ; ils prennent seulement ce que les autres ont rejeté comme inutile et qui, das tous les cas, serait perdu s'ils ne le prenaient pas.
Je rajouterai une chose : si la connaissance ne peut ête transmise à tous, c'est qu'en définitive, c'est sans intérêt pour la vie sur Terre, puisqu'un homme libre n'existe plus pour la Terre ; c'est tout comme s'il était mort. Or, l'intérêt de la Terre, c'est que l'Homme soit une mécanique pour la nourrir.
Pour en terminer sur Dieu, je citerais une histoire du Mulla. Nasrudin est envoyé par le roi pour s'enquérir de la science de tous les grands maîtres de l'orient. Tous ceux qu'il rencontre lui rapportent les miracles accomplis par les fondateurs et les grands maîtres, morts depuis longtemps, de leurs écoles respectives, et lui rapportent leurs paroles.
De retour à la cour, Nasrudin présente son rapport au roi, qui tient en un seul
mot : « Carottes ».
Sommé de s'expliquer, Nasrudin dit au roi :
« La meilleure part est enterrée. A l'exception du cultivateur, rares sont ceux qui savent en voyant le vert qu'il y a de l'orange sous terre. Si l'on ne travaille pour le maintenir, cela se détériore. Un grand nombre d'ânes y sont associés. »