Après le gavage des oies,la corrida,le cirque pénétrons dans le monde merveilleux des zoo.L extrait que j ai choisi de vous faire partager est long,ne vous donnez pas la peine de le lire si vous ne pensez pas qu il est légitime de s interroger sur ce mode de "préservation" des especes,Florence Burgeat est tres intello-bisounours,genre de nana qui se masturbe l esprit (comme c est fatigant les gens qui ne font pas bon ménage avec l ordre établi!)
"Se moquer semble bien faire partie du programme et du sens le plus profond de la visite d un lieu ou les animaux ne sont plus que de pales copies de ce qu ils étaient.
Si ce n est jamais qu à une mise en scene et donc à une imitation de l animal dans son milieu que le visiteur est convié ,une deception de fond devrait affecter le spectacle offertpar le zoo.
La juxtaposition des cages souligne la facticité de cette représentation ou il s agit de faire croire à l animal sauvage dont la captivité constitue pourtant la négation radicale.
Aussi notre regard ne croise t il jamais celui de ces animaux qui,à force de vivre dans un environnement appauvri à l extrème,n attendent plus rien et finissent,pour certains,par ne plus manifester aucune attention aux spectateurs,par ne plus les voir.
Que vient donc chercher cette foule bruyante et tracassiere?De frappants paralleles ont été établis entre la cruauté d une partie imporatnte du public à l égard des animaux de zoo et les moqueries à l égard des aliénés,du temps oui on les montrait...
Plutot attirés par les animaux névrosés et dont le comportement est sensiblement altété par les conditions de détention et de captivité,les visiteurs verraient ils en eux l image d un état d asservissement qui leur procure quelque trouble satisfaction?
On ne s étonnera pas d apprendre que les singes,à cause de leur aspect humain et de leur privation de liberté qui réduit à rien tout ce qu ils avaient de propre et de majestueux,ont un succes particulier.
Image d une carneivorité sauvage,les fauves , suralimentés pour plaire au public qui,d apres les dires des gardiens ,est tres friand de ces scenes de dévoration,tournent maintenant en rond derriere leurs barreaux.
Ce qu on appelle "symdrome du lundi"désigne l attitude tres particuliere des visiteurs le 1er jour de la semaine:ils répandent de maniere plus accentuée que d habitude,tous les détritus possibles.
Cages te fosses deviennent de véritables dépotoirs,et si les animaux cotoient ainsi les detritus c est que d une certaine maniere ils leur sont assimilés.
Trouve t on une sorte de réconfort dans le renchérissement et la confirmation de cette déchéance?
Quelques travaux ont été menés sur la nature des symptomes developpés en captivité par les animaux dans les ménageries et par les humains en milieu carcéral et en hopital psychiatrique.
Dans les zoo les automutilations vont parfois jusqu à l autophagie,l obsession sexuelle la coprophagie:les chimpanzés se perçant les tympans avec des brins de paille ours tournant incessamment en rond dans leur cage,d autres se mordant jusqu au sang.
La psychopathologie que développe les animaux de zoo à aidé à mieux comprendre le comportement de certains malades en milieu psychiatrique comme l a montré Ellenberger.
Le symptome dit de "la prise de possession du nouvel habitat"a été constaté chez le prisonnier comme chez l animal en cage. Il se manifeste par l accumulation d objets inutiles ramassés par les détenus lors de travaux exterieurs ,ou trouvés dans leur cages par les animaux captifs qui conservent tout ce qu on leur jette.
Outre ces symptomes des parcours typiques(rectilignes,circulaires ou en huit)sont observés dans les prisons et dans les zoos.
Certains animaux dont les antilopes,se frappent la tete contre les barreaux de leur cage et se tuent?alors que d autres,dont les ecureuils et les chiens sauvages,raclent violemment le sol pour essayer d y creuser un trou et se blessent.
Par ailleurs on oubli trop souvent que l o deur et la présence de l homme sont en soi un traumatisme pour les animaux sauvages tenus en captivité,en particulier pour les fauves,et l impossibilité d echapper à cette condition détruit l animal psychiquement.
Quand l attention des betes n est pas tout entiere tendue vers les visiteurs,véxés,ceux ci concluent que les animaux sont decidemment stupides.
Quelque chose de voyeur anime le parcours de ces lieux ou le propre de l animal a sombré.
A coté de la compassion qui nait peut etre chez certains,ce comportement morbide est paradigmatique de la maniere dont nous avons marqué l énigme animale"