Voici en ces dieux du ciel
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ciel (religion), dans l'eschatologie religieuse, désigne le lieu où vivent éternellement les élus après la mort.
Le mot paradis vient d'un mot persan qui signifie « jardin, parc ». Dans la tradition judéo-chrétienne (Genèse, II), il évoque le jardin d'Éden où le premier homme fut placé par Dieu et reprend les mythes mésopotamiens d'un âge d'or de l'humanité.
Dans certaines religions anciennes, la vie après la mort représente une continuation de la vie sur terre, mais une vie qui serait vécue par des ombres. La justice divine y est néanmoins présente : le paradis est en effet le lieu de récompense de ceux qui ont eu sur terre une conduite juste, c'est-à-dire conforme aux prescriptions de la religion qui en annonce l'existence. Il a toujours pour contrepartie un lieu où se retrouvent ceux qui ont échoué à mettre en pratique ces prescriptions, les ont refusées ou n'ont pas été choisis par Dieu. Ce principe est parfaitement illustré par la différence qui existe entre l'Élysée (un lieu de récompense pour les morts vertueux) et le Tartare (un lieu de damnation où les méchants étaient punis) dans les religions romaine et grecque, et par les différentes profondeurs du Sheol (demeure des morts) dans les Écritures juives. Les anciens mystiques juifs considéraient que les paradis étaient contenus dans sept sphères du firmament et, sous l'influence de la doctrine persane de la résurrection, conçurent un espoir d'être libéré du Sheol pour revivre sur terre ou dans les cieux.
Aristote déclarait que toutes les religions (polythéistes) étaient d'accord pour situer la demeure des dieux dans les endroits les plus élevés de l'univers. Ces régions étaient, dans l'Antiquité, considérées comme fermées au commun des mortels. Les îles des Bienheureux, parfois identifiées à l'Élysée, ne pouvaient être atteintes que par des héros, des demi-dieux ou des favorites de dieux. Les paradis des religions polythéistes anciennes étaient conçus comme un endroit où les mortels pouvaient continuer à jouir des plaisirs de la vie terrestre comme le Walhalla des Allemands et des Scandinaves et les chasses éternelles des Indiens d'Amérique du Nord.
Dans la tradition juive, le paradis se confond avec l'espérance messianique d'une terre « où coulent le lait et le miel » ; la terre promise préfigurant le paradis véritable. Il apparaît aussi dans la mention du « sein d'Abraham » dans lequel se retrouveront les justes. Durant l'Exil, le paradis est rapproché du Temple (Ézéchiel, XLVII), puis se trouve remplacé par le thème de la nouvelle création (Isaïe, XLI et XLIII). Des descriptions plus précises apparaissent dans les écrits apocryphes de l'Ancien Testament, notamment dans le livre d'Hénoch, qui donne une géographie mythique du paradis, et le décrit comme le séjour des justes.
Le paradis n'est mentionné que trois fois dans le Nouveau Testament (Évangile selon saint Luc, XXIII, 43 ; 2e épître aux Corinthiens, XII, 2-3 ; Actes des Apôtres, II, 7). Jésus sur la croix dit au « bon larron » (l'un des deux voleurs crucifiés en même temps que lui) qu'il sera avec lui au paradis « aujourd'hui même ». Dans la tradition chrétienne, le paradis est mis en regard de cette « vallée de larmes » que serait l'existence terrestre. Il est essentiellement une création de l'imaginaire populaire, qui le représente comme lieu d'abondance et de plaisirs (chastes). La confession chrétienne d'abord (les hérétiques vont en enfer), la vie morale et pieuse ensuite, permettent d'accéder au paradis, dans lequel doivent se retrouver tous les chrétiens. Depuis la résurrection du Christ, les âmes des justes sans péchés sont admises au paradis immédiatement après la mort, où leur plus grande joie est de pouvoir contempler Dieu face à face, vision dite béatifique. Leur félicité est éternelle mais, lors de la résurrection générale, leurs âmes seront réunies à leurs corps idéalisés ou glorifiés. Les catholiques croient que, avant de pénétrer dans le paradis, les âmes doivent d'abord subir une phase de purification appelée purgatoire. Pour les mystiques chrétiens, le paradis incarne l'espérance de la vie en Dieu et avec Dieu.
Dans le Coran, l'islam adopte les concepts des sept paradis du firmament dont le degré de gloire est différent, du septième, la demeure du Très-Haut, en descendant vers le premier ou le plus terrestre des paradis, qui est un lieu de ravissement où se retrouvent les joies terrestres portées à leur comble.
Le nirvâna, notion qui dans les religions hindouiste et bouddhiste peut être rapprochée de celle de paradis, en tant qu'objet suprême de l'existence terrestre, est un état dans lequel tous les désirs sont annihilés et l'union avec le cosmos atteinte par la perfection de l'âme au cours des transmigrations successives. La branche Mahayana du bouddhisme a également développé une tradition du pays de la Pureté, sorte de paradis intermédiaire où les âmes élues seraient réincarnées avant d'atteindre le nirvâna.
La croyance au paradis oscille toujours entre l'interprétation matérielle et l'interprétation allégorique. Les philosophes (à la suite de Platon, à la fin du Phédon) et les mystiques ont toujours penché plutôt pour la seconde, tandis que les Églises avaient tendance à prêcher la première, suivis en cela par l'imagination et l'iconographie populaires. Les représentations du paradis semblent avoir pour fonction d'illustrer un ensemble de conduites choisies comme justes et de leur fixer un terme, car le paradis est avant tout le lieu des récompenses non obtenues sur terre. Voir aussi Enfer.