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J.O de Pékin : dans les coulisses d’une entreprise chinoise

 


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J.O de Pékin : dans les coulisses d’une entreprise chinoise

n°3747
Jdean
Profil : Idole
Posté le 10-08-2008 à 15:36:52  profilanswer
 


   Interview d'un homme d'affaire pendant les JO de Pékin.
   Il explique les conditions de travail en chine et ses différences par rapport à la France.
   Cette interview a été réalisée par une journaliste de Capital à un entrepreneur français installé en Chine.
 
    [/quote]Trois questions à… Christophe Tanguy, ingénieur d’une multinationale de l’énergie, auteur de Carnets d’un expatrié au cœur de la Chine (Ed. Maxima).
 
Troisième nation la plus riche au monde, la Chine a de sérieux atouts : une main d’œuvre abondante, qualifiée, moins chère, un réseau d’infrastructures denses. Sept ans après son adhésion à l’OMC, elle reste le pays préféré des investisseurs étrangers. En janvier 2008 elle s’est dotée d’une loi protégeant davantage ses travailleurs.  
 
Pour les Occidentaux, le choc culturel reste inévitable. Mais derrière le cliché de l’Asiatique impénétrable à aborder avec mille précautions se cache une réalité bigarrée au bureau et en atelier. L’éclairage de Christophe Tanguy, ingénieur d’une multinationale de l’énergie et ancien expatrié à Tianjin, une ville de 10 millions d’habitants à une heure de route de Pékin. Une zone industrielle où sont implantées une centaine de sociétés françaises, dont Cegelec, Décathlon et Lohr. En juin 2008, cet ancien expatrié en Chine a publié Carnets d’un expatrié au cœur de la Chine » (Ed.Maxima).
 
 
 Quelles ont été vos premières impressions sur l’organisation du travail en Chine ? La hiérarchie est-elle si pesante qu’on imagine ?
Christophe Tanguy: Pas du tout. Il n'y a que deux ou trois niveaux hiérarchiques dans les entreprises chinoises. Dans la partie technique, ce sont les hommes qui sont aux commandes. Il n’y a pas de chef parmi les femmes ingénieurs. Mais, certaines encadrent des équipes dans les services méthodes ou commercial.  
 
C'est la recherche à tout prix du consensus avec la base qui m'a marqué. Les conflits sont évités. Dans les réunions de projets par exemple, les salariés parlementent longuement avec leur supérieur sur les options à prendre. Mais une fois la décision prise, ils la respectent.  
 
J’ai noté aussi la puissance du syndicat, le parti communiste en fait. Son représentant est membre de droit de la conférence de direction qui se réunit tous les lundis. Peut-être une spécificité de notre joint-venture qui est liée à une ex- société d’Etat chinoise. Mais le parti est très présent dans le pays.  
 
Enfin, j’ai été surpris par le fait que tout le monde ait sa clé. Et chacun a sa petite table de travail, ses affaires, dans un espace grand comme dans une salle de classe mais en bien plus désordonné. Chaque chef de service a sa salle particulière avec un interprète. Et tout est bouclé à double tour, les tiroirs, les pièces, les bâtiments. Sur ce point, il y a une hiérarchie de clés invraisemblable.  
 
Les locaux sont-ils organisés à la mode occidentale ?
Christophe Tanguy : Les Chinois vivent sur leur lieu de travail, bien plus que nous. Il faut réaliser qu’ils sont entassés chez eux dans de minuscules appartements. Trois générations vivent sous le même toit. A Tianjin en tous cas, notre usine (1200 employés environ) est un second lieu de vie pour le personnel. L’entreprise a mis à disposition toute une série de commodités : douches, gazinière, bibliothèque, salles de jeux vidéos, de théâtre, de karaoké, lits, etc. Les salariés sont jeunes. Ils viennent sur leur lieu de travail le week-end pour lire, s’amuser, danser, se détendre. C’est naturel pour eux. Mais les salariés des bureaux ne se mélangent pas avec ceux qui travaillent dans les ateliers.  
 
: Y a-t-il des horaires, des jours de congés comme en France ?
Christophe Tanguy : Les Chinois sont de très gros travailleurs et toujours disponibles. Il n’y a pas vraiment d’horaires dans le sens où ils viennent et repartent de leur lieu de travail quand ils veulent. Le planning est élastique, excepté la date butoir. Mais dans l’intervalle, ils réalisent les tâches demandées. Quitte à partir tard le soir, à 23h ou minuit. Cela ne leur pose aucun problème sur le plan privé. Les grands parents à la maison s’occupent des enfants.  
 
Un jour, il y eu un gros souci sur une centrale hydroélectrique. J’étais présent le samedi pour le régler. L'incident résolu, j’ai dit au directeur technique "à lundi !" Il m’a répondu : "Non, à demain!". Il y avait un quota d’énergie à produire. Et il fallait combler le retard dès le dimanche. Quant aux congés, ils sont courts : dix jours pour le Nouvel an chinois. A ce moment là, les salariés originaires de province retournent dans leur région. Les entreprises ferment. L’activité est suspendue dans tout le pays.  
 
 On dit que les Chinois sont susceptibles, soucieux de sauver la face…
Christophe Tanguy : Ils sont susceptibles comme nous. Mais de façon plus aigüe. Ils détestent être pris en défaut. Quand j'animais des conférences, je suscitais des questions. Silence complet. Mais lorsque je partais, les gens venaient m’interroger chacun à tour de rôle. Personne n’intervient dans une assemblée car chacun pense que l’autre a compris. Il a honte de donner l'impression d'avoir été largué en cours d’exposé.  
 
Quand on voit un Chinois rougir à une question, c’est qu’il ne sait pas. Inutile d’insister, il serait humilié. Ainsi, j’ai mis du temps à m’apercevoir que dans l’usine beaucoup parlaient l’anglais. Ils n’osent pas. Il faut les pousser. En revanche, en négociation, ils sont très durs. Et ça bloque parfois parce qu’ils veulent obtenir le maximum de l’autre. Au point de changer leur représentant autour de la table, pour tenir la longueur ou amorcer une autre stratégie. Ce qui est déconcertant, c’est que tout redémarre quant on croit la partie perdue. Et inversement.
 
Propos recueillis par Marie-Madeleine Sève
 
A lire aux éditions Maxima  
Les nouvelles pratiques du business en Chine, par Benoît Ams.
10 leçons chinoises pour managers occidentaux par Hervé Sérieyx et Laurent Chartier.
 
 
La Chine en quelques chiffres
- une superficie égale à dix sept fois la France
- 1,3 milliard d’habitants
- 56 ethnies reconnues par le gouvernement chinois.
- 2ème place mondiale pour le réseau autoroutier.  
- 10 ports d’une capacité de 100 millions de tonnes (contre 9,5 mt à Rotterdam).
- 61 villes de plus d’un million d’habitants.
- 20 villes parmi les plus polluées au monde.
- 7% de croissance par an.
-1800 implantations françaises en Chine effectuées par 850 sociétés (Seb, Rhodia, Lafarge, Alstom…) et employant 250.000 personnes sur place[quote]
 
   Pendant les JO, les affaires marchent et de nombreuses entreprises françaises ou occidentale et américaines et employer sur place sont très important.
  Ce qui explique en partie le pouvoir de la chine sur les démocraties et le retournement récent du discours de la France vis a vis de la Chine

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n°3752
Jdean
Profil : Idole
Posté le 11-08-2008 à 14:03:52  profilanswer
 

Les interdépendances économiques internationales
 
Les économies sont actuellement des économies ouvertes. Une partie des flux réels et monétaires nationaux est déviée vers des pays étrangers (exportations, revenus versés..) et inversement (importations, crédits, revenus perçus...). Plus les échanges entre les pays s'accroissent, et plus l'interdépendance des économies se développe, rendant inefficaces des mesures de politiques économiques nationales et non coordonnées.
 
   Le gros problèmes des démocraties façent à des régimes autoritaires (Chine, Russie..), mais ayant un poids international du à leur forte interdépendances économiques internationales avec les pays occidentaux et membre de l’OTAN
 
Je pense qu’il faudrait aussi, même si cela peut paraître utopique, des interdépendances (droits de l’homme) internationales et ayant un poids politique plus important.
Même si le TPI a pu condamner des criminels de guerre, il n’a pas la puissance face aux enjeux internationaux.


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