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Un an après le déclenchement de la crise, quels enseignements en tirer

 


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Un an après le déclenchement de la crise, quels enseignements en tirer

n°3797
Jdean
Profil : Idole
Posté le 15-08-2008 à 21:21:45  profilanswer
 

:heink: Jacques Attali, "Pour l'économie, la crise est un tsunami qui approche"
 
LE MONDE| 08.08.08 | Propos et point de vue recueillis par Alain Faujas et Claire Gatinois
 
 
Il y a un an, éclatait la plus grave crise financière depuis 1929. Depuis, elle affecte inexorablement l'économie mondiale. L’ancien président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), Jacques Attali juge que « cette crise démontre l'impossibilité de laisser la finance se réguler seule »
 
 
Cette crise a démontré qu'on ne pouvait pas laisser la finance se réguler elle-même. Le système financier a été un instrument génial pour organiser la globalisation, le transfert depuis les pays qui ont de l'épargne vers les pays où investir.
 
La titrisation (une innovation financière qui a permis aux banques de transférer les risques de crédit aux marchés) en a été l'un des outils. Mais à partir du moment où il n'a plus été au service de l'économie de marché mais au service de lui-même, pour réaliser des profits, le système a dérapé et il n'y avait personne pour l'en empêcher.
 
 
Aurait-on pu l'éviter ?
 
 
 
Si l'on avait écouté ceux qui disaient depuis deux ans que c'était de la folie de laisser se développer sans contrôle des produits tels que les CDS (Credit Default Swap), les ABS (Asset Backed Securities) et tous les instruments des subprimes, on aurait empêché les banques de se refinancer à coût nul et de transférer leur risque sur le marché. Mais, dans la mesure où les régulateurs étaient les banques elles-mêmes, il était difficile de leur demander de se tirer une balle dans le pied.
 
La crise va-t-elle mettre un terme à cette finance folle ?
 
Le plus vraisemblable est que le système financier s'en tirera en reportant sur d'autres le solde de ses erreurs. Nous sommes au moment où l'on commence à faire payer le contribuable par des nationalisations directes ou indirectes comme au Royaume-Uni à travers la nationalisation de Northern Rock, ou comme on s'apprête à le faire aux Etats-Unis, avec la nationalisation de Freddie Mac et Fannie Mae, deux géants du crédit immobilier dont les dettes sont égales à 50 % de la valeur du total des dettes américaines.
 
 
 
Les épargnants pourraient payer la facture via l'inflation, qui dévalorisera leurs créances et donc leur patrimoine.
 
 
Que faut-il faire pour éviter la répétition d'une telle crise ?
 
 
 
Il est urgent de mettre de l'ordre dans la finance. Aujourd'hui, certains pays, comme les Etats-Unis - en accordant plus de pouvoir à la Réserve fédérale (Fed) - commencent à le faire. Il s'agit de mettre en place des régulateurs nationaux publics qui ne soient pas en conflits d'intérêt avec ceux qu'ils contrôlent.
 
 
 
On ne peut s'arrêter là, d'autant que la réglementation américaine, qui a parfois imposé ces règles au monde entier, notamment pour les normes comptables "mark to market" qui obligent à évaluer les actifs financiers à leur valeur de marché, a fait partie de la catastrophe.
 
 
 
Nous sommes dans une économie globalisée et il faudra, à un moment ou un autre, trouver des accords internationaux pour passer à une réglementation mondiale et éviter la folie précédente.
 
 
 
 
 
 
Qui pourrait assurer ce rôle de régulateur mondial ?
 
 
 
Le Fonds monétaire international (FMI) devrait être ce régulateur. Aujourd'hui, il a perdu son rôle, car les pays endettés du Sud ou d'ailleurs, qui ont justifié sa création, ne le sont plus. Le FMI doit retrouver une fonction. C'est un sujet sur lequel une conférence internationale devrait réfléchir d'urgence.  
 
 
L'action des banques centrales a-t-elle été adéquate ?
 
Le rôle des banques centrales, en particulier ceux de la Banque centrale européenne et de la Réserve fédérale américaine, a été remarquable en injectant des liquidités dans le système financier.  
 
Est-ce que cela suffira ? Il y a encore devant nous une série de restructurations bancaires à mener et les banques centrales pourraient se trouver à court de munitions. On risque alors de passer du régulateur bancaire au régulateur fiscal. Et là encore, le contribuable devra payer.
 
 
Doit-on craindre une contagion de l'économie réelle ?
 
C'est un tsunami qui approche. Certains espèrent qu'il passera au large sans affecter l'économie réelle, mais on voit déjà, aux Etats-Unis et en Europe, que nous aurons une croissance zéro en 2009. En espérant que cela ne soit pas pire.
 
 
Toutefois, le potentiel en Occident demeure considérable grâce à la croissance démographique, au progrès technique et aux réserves de productivité.  
 
 
Faut-il craindre les fonds souverains d'Asie ou du Moyen-Orient venus au secours des banques occidentales ?
 
 
Il y a deux types d'acteurs très différents. Ceux qui profitent d'une rente pétrolière et ceux qui disposent de richesses nouvelles liées à leurs capacités exportatrices, comme la Chine. Aujourd'hui, tout l'argent du monde se trouve entre les mains de ces fonds souverains. Ils sont devenus des investisseurs sophistiqués. Pour la plupart, ils sont des acteurs utiles et pratiquent un capitalisme patient. Nous sommes les cigales ; ils sont les fourmis. Même si l'on ne peut exclure que certains d'entre eux aient des ambitions politiques plus ou moins acceptables.
 
 
Sont-ils le symbole d'un rééquilibrage du Nord vers le Sud ?  
 
 
Cela fait longtemps que l'on sait que le pouvoir économique est en train de basculer à l'Ouest, vers le Pacifique, en passant par le Moyen-Orient. Dans les années 1980, on pensait déjà que le Japon deviendrait une superpuissance économique. Et puis les Etats-Unis ont su se relever.  
 
 
 
Les cartes ne sont pas définitivement distribuées : le progrès technique reste encore très largement entre les mains de la puissance américaine où se concentrent la plupart des chercheurs, de l'innovation et la puissance militaire. La bascule du pouvoir prendra encore du temps.
 

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n°3798
Jdean
Profil : Idole
Posté le 15-08-2008 à 21:41:53  profilanswer
 


   Plusieurs articles pour faire le points sur cette crise.  
   La problématique pour le président de la république, c'est les moyens qu'il va mettre en oeuvre pour lutter contre et éviter que le chomage auguemente.
   Une croissance en berne, un PIB et un pouvoir d'achat qui diminu et les prix de l'immobilier qui n'ont pas bouger.
   Ces une crise qui s'annonce sérieuse et qui risque de nous toucher prochainement.
 
   

Citation :

Doit-on craindre une contagion de l'économie réelle ?
 
C'est un tsunami qui approche. Certains espèrent qu'il passera au large sans affecter l'économie réelle, mais on voit déjà, aux Etats-Unis et en Europe, que nous aurons une croissance zéro en 2009. En espérant que cela ne soit pas pire.


 
   
  "“Croissance en baisse de 0,3%, inflation élevée, déficits commerciaux record, consommation en berne… Tous les indicateurs de l’économie française ont viré au rouge au deuxième trimestre 2008, même si le gouvernement s’efforçait jeudi de minimiser la situation, en balayant le spectre de la récession".
François Fillon a annoncé dans un communiqué qu’il réunirait lundi après-midi les  
 
La source est sur : http://socio13.wordpress.com/2008/ [...] on-en-vue/
 
   
  C'est une source du monde intitulé : " Recul du PIB de 0,3 % au 2e trimestre, une première depuis six ans"    
 
  [/quote]Le produit intérieur brut (PIB) de la France a reculé de 0,3 % au deuxième trimestre 2008, première baisse depuis 2002, a annoncé jeudi 14 août l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). L'Insee prévoyait jusqu'ici que le PIB de la France, rattrapée par la crise financière internationale, progresserait de 0,2 % au deuxième trimestre
 
L'EMPLOI SALARIÉ RECULE DE 0,1 %
... une perte du pouvoir d'achat des salaires de 0,4 point sur douze mois.
[quote]
 
   C'est vraiment là que l'on pourra faire le bilan de M. Sarkozy et du niveau de vie des français.

n°3803
Jdean
Profil : Idole
Posté le 16-08-2008 à 13:58:51  profilanswer
 


La source vient du blog Bernard Girard. Il propose des textes, articles, chroniques Pour suivre l'actualité autrement, ses blogs sur l'actualité.
  C'est une opinion parmi d'autre que l'on peut analyser.
  Il fait un bilan, un an après, de la crise ( alimentaire, boursière, financière et
 
   
[/quote]  
Crise : les pays riches plus affectés que les pays émergents?
 
 
   Bonjour,  vous souhaitez ce matin nous parler de la crise que nous traversons, mais sous un angle un peu différent.
 
Oui. Nous avons déjà parlé ici des différentes dimensions de cette crise : crise financière et immobilière, aux Etats-Unis et aujourd’hui en Europe, en Grande-Bretagne et en Espagne, retour de l’inflation, montée des prix du pétrole, des matières premières, de la nourriture. Je n’y reviendrai donc pas. Je voudrais, ce matin, aborder cette crise sous un autre angle, celui de son impact sur les différents pays et sur ce qui sera probablement l’une des caractéristiques  dont on se souviendra dans les années qui viennent. Pour la première fois, sans doute, les pays pauvres ont de bonnes chances de mieux s’en tirer que les pays riches…
Quand vous dites les pays pauvres…
 
Je parle d’abord, bien sûr, des pays émergents, le Brésil, la Russie, la Chine, l’Inde, mais aussi de beaucoup de pays en développement qui devraient souffrir moins, au moins dans les statistiques, d’une crise qui est mondiale et qui devrait se traduire par une diminution de 1 point de la croissance du PIB mondial, qui devrait passer de 3,7% en  2007 à 2,7% en 2008.
C’est, d’une certaine manière, plutôt une bonne nouvelle. Si les pays émergents connaissent toujours la croissance, ils vont continuer de nous acheter des produits industriels…
D’acheter à ceux des pays développés qui fabriquent les produits dont ils ont besoin et, d’abord, bien sûr, à l’Allemagne. Mais vous avez raison, cela pourrait compenser, au moins pour partie, les ventes perdues sur les marchés des pays industrialisés et, notamment, des Etats-Unis. C’est toute la carte économique du monde qui va, à l’occasion de cette crise se redessiner, avec probablement une perte d’influence des Etats-Unis, que le dollar faible qui favorise les exportations américaines masque, et des tiraillements au sein de l’Europe entre ceux qui ont des produits à vendre aux pays émergents et ceux qui n’en ont pas ou en ont moins.
 
Revenons aux pays émergents. Pourquoi s’en tireraient-ils tellement mieux?
 
Parce que tous les mécanismes qui ont contribué ces dernières années à leur croissance très rapide vont continuer d’agir. La croissance de leur PIB va bien sûr être affectée, mais elle restera extrêmement forte. La Banque Mondiale a calculé que la croissance du PIB des pays en développement progresserait de 6,8% en 2008, ce qui est moins que les 7,5% de 2007, mais infiniment mieux que ce que l’on nous promet. Une croissance de 6, 8% veut dire création d’emplois, amélioration du pouvoir d’achat des salariés… toutes choses qui vont nous glisser entre les mains si la croissance est chez nous, comme on l’annonce, de 1,7% pour l’année en cours.
J’ajouterai que ces taux de croissance, même réduits, sont plus importants que ceux que ces pays ont connu dans les années 80 ou 90. Ce qui contribuera probablement à donner à leurs habitants le sentiment que les choses continuent d’aller bien.
 
Au moins pour ceux qui n’auront pas trop à souffrir des augmentations de prix de la nourriture!
 
C’est vrai. La croissance des pays en développement ne profite pas également à tous. À tous les pays et, surtout, à tous leurs habitants. L’Egypte est un bon exemple de ces pays qui ont un taux de croissance élevé, de l’ordre de 7% l’an, avec une partie de la population très durement affectée par les hausses des pris des produits alimentaires, avec des risques d’émeute de la faim…
 
D’où ces émeutes de la faim d’il y a quelques semaines…
 
Exactement! Émeutes que l’on peut mater par la force, ce qu’a fait le gouvernement égyptien, mais l’usage de la force a un prix qui, dans un pays comme l’Egypte se traduit par la montée de mouvements islamiste qui, lorsqu’ils arrivent au pouvoir, ne sont pas les meilleurs alliés de la croissance économique. Cette crise devrait amener ces pays très inégalitaires à trouver des solutions pour réduire des inégalités et donner aux plus pauvres la possibilité de bénéficier, eux aussi, des fruits de la croissance.  
 
Plus facile à dire qu’à faire…
 
C’est vrai. Tous ces pays émergents qui ont des taux de croissance qui nous font rêver sont socialement fragiles. Et la situation actuelle met en évidence cette fragilité.
Tous connaissent un taux d’inflation élevé. Il est de l’ordre de 8% en Chine, de 19% en Egypte avec une hausse des prix des produits alimentaires de 27%.
 
Ce qui explique ces émeutes…
 
Bien sûr. Mais, les émeutes de la faim ne sont pas le seul risque que courent ces pays. Qui dit inflation dit aussi revendications salariales. La conjonction de ces deux mouvements, grèves d’un coté, émeutes contre la vie chère de l’autre peut créer une forte instabilité sociale. Instabilité qui existe déjà, probablement dans plusieurs de ces pays. Les salaires chinois ont augmenté en moyenne de 19% en 2007. Cela ne s’est certainement pas fait sans bagarres. Les patrons chinois ne sont pas différents des autres : ils ne cèdent que sous la pression.
 
Il faut ajouter que ces fortes augmentations peuvent déclencher une spirale salaire/prix qui nourrit l’inflation qui, à son tour…
Lutter contre l’inflation est donc une priorité de ces pays…
C’est aujourd’hui leur priorité. C’est en luttant contre l’inflation qu’ils peuvent éviter ces révoltes, ces émeutes, ces mouvements sociaux à répétition qui les menacent. Ce qui explique, d’ailleurs, le blocage des prix qu’ils pratiquent sur de nombreux produits et, notamment, les produits pétroliers, blocage qui présente de multiples inconvénients dont celui de supprimer l’information sur la rareté des produits qui amènerait les consommateurs à freiner leur consommation.
Beaucoup d’experts disent aujourd’hui que le blocage des prix des produits pétroliers dans les pays émergents, notamment en Chine, contribue au moins autant sinon plus que la spéculation à l’augmentation des prix du brut.
 
Nous sommes aujourd’hui très admiratifs devant les succès des pays émergents, alors même que d’autres pays ne réussissent pas à sortir de la pauvreté, du sous-développement. Comment expliquer le succès de ces économies qui ont patiné pendant tant de décennies?  
 
Ce succès tient, pour l’essentiel, à l’injection massive de capitaux dans ces pays. Les financiers des pays développés ont commencé il y a quelques années à investir massivement dans ces pays. Pour vous donner un ordre de grandeur, les capitaux privés investis par le monde industrialisé dans les pays émergents ont représenté l’année dernière 1 trillion de dollars, soit 1000 milliards de dollars, soit 10 fois plus que l’aide publique au développement, qui est de l’ordre de 100 milliards de dollars. C’est, évidemment considérable…
 
Est-ce que la crise que nous traversons ne risque pas de tarir ces flux financiers?
 
Ils risquent de diminuer. L’étude de la Banque Mondiale à laquelle je faisais allusion à l’instant, prédit qu’ils reculeront et seront de l’ordre de 800 milliards en 2009. Ce qui reste très important. Mais il est vrai que c’est sans compter avec des troubles sociaux qui pourraient affoler les investisseurs.
 

Mais pourquoi maintenant? Pourquoi cet afflux d’argent privé aujourd’hui plutôt qu’hier?

 
Parce que le système financier et bancaire de ces pays s’est développé, s’est modernisé et s’est ouvert : les banques internationales s’y sont installées massivement ces dix dernières années. Elles l’ont fait  parce que ces pays ont modifié leurs réglementations, leur ont ouvert des portes qui étaient jusqu’alors fermées.  
Ces banques sont arrivées avec leurs méthodes, leurs outils, leurs réseaux et ont dynamisé ces économies. À coté des investissements étrangers, les industriels locaux se sont multipliés et développés. C’est une des dimensions majeures et souvent négligées de la libéralisation, de la déréglementation financière engagée dans les années 90. Les banques des pays développés ont pu s’installer librement dans les pays en développement là où auparavant, c’était très compliqué : il leur fallait investir dans une banque locale, n’avoir que des positions  minoritaires… Tout cela a progressivement changé dans les années 90 et a contribué au développement de ces pays. On observe, d’ailleurs, que ceux dont le développement est le plus lent, le plus difficile sont souvent aussi ceux qui mettent le plus de restrictions à l’installation de banques étrangères.
 
Mais pourquoi? comment? Quelle relation y a-t-il l’installation des banques étrangères et le développement?
 
Les mécanismes sont au fond relativement simples. L’arrivée de banques étrangères dans ces pays a tout simplement contribué à la modernisation des outils financiers, à la baisse des prix des opérations bancaires.  
L’arrivée des banques étrangères a multiplié les sources de crédit tant pour les particuliers que pour les entreprises. Là où vous aviez deux ou trois banques, vous vous retrouvez avec plusieurs qui se font concurrence. Tout cela a contribué à l’expansion du crédit qui favorise le développement économique, le lancement de nouveaux projets, de nouvelles entreprises. C’est le facteur déterminant. Ce sont toutes les forces latentes, dormantes de ces pays qui se sont réveillées, qui ont trouvé le moyen de financer leurs projets. Les industriels dont le développement était bloqué par le manque de moyens financiers les ont trouvés… ils ont pu se développer, augmenter leur production, mieux satisfaire la demande…
Mais ce crédit, il faut bien trouver de l’argent pour le financer… D’où vient-il?
De l’épargne locale, d’abord, ces banques étrangères ont su mieux l’attirer parce qu’elles proposaient des produits plus avantageux, plus intéressants. Dans beaucoup de pays en développement, les gens qui avaient un peu d’argent avaient tendance à le thésauriser, à le garder chez eux, à le dépenser en produits de luxe, bijoux… Dès lors que les banques leur ont proposé des garanties et des produits financiers leur permettant de tirer un meilleur parti de leur capital, ils ont tout simplement déposé leur argent à la banque.
 
Mais l’épargne locale ne suffit pas…
 
Non, mais le crédit est alors financé par des emprunts à l’étranger. Ces banques étrangères ont des capacités d’emprunts sur les marchés internationaux plus élevés, tout simplement parce qu’elles y ont une présence plus importante. Et c’est tout cela qui a favorisé ces flux financiers qui ont contribué plus que tout autre au développement de ces pays.
 
Mais est-ce que tout cela ne risque pas d’être mis en cause avec la crise?
 
Si l’on met de coté les risques politiques, sociaux dont nous parlions il y a un instant, il y a peu de chance que ces flux se réduisent. Tout simplement parce que les nouveaux marchés, ceux de demain sont dans ces pays. Prenez un constructeur automobile qui veut se développer. Où va-t-il construire ses usines? En Europe? Aux Etatas-Unis? Non, il va les construire en Chine, en Inde, au Brésil… dans tous ces pays dont les marchés automobiles vont être en pleine croissance pendant des années quand les nôtres connaîtront au mieux une croissance faible.
 
Ceci dit, beaucoup va dépendre de la capacité de ces pays, de leurs gouvernements à gérer cette crise, à éviter des troubles sociaux qui inquiètent les investisseurs. Tous ne s’en tireront probablement pas également ni de la même manière.  
Et il sera intéressant de regarder les politiques que les uns et les autres vont mettre en place. Et quand je parle de politiques, il faut entendre le mot au pluriel, puisque cela concerne aussi bien la politique monétaire, les taux d’intérêt, pour lutter contre l’inflation, que la politique sociale, comment éviter que les plus pauvres souffrent trop de l’inflation, et la politique répressive : comment éviter que les revendications salariales et les émeutes de la faim se rejoignent? [quote]


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