Plus que jamais, le discours dominant est à proscrire. Dans le cas de la levée de boucliers
concernant la béatification de Pie XII par le pape Benoît XVI devrait donner à réfléchir.
Non pas à cause du "passé" prétendument sulfureux d'Eugenio Pacelli. Car il est tout de
même étrange que la communauté juive s'oppose à cette béatification, alors qu'après
la Deuxième Guerre mondiale, le grand rabbin de Rome, Israël Zolli s'est fait baptiser catholique pour rendre hommage à l'action de Pie XII en faveur du peuple juif. Il y eut aussi Golda Meir, alors Ministre des Affaires étrangères en Israêl qui a pleuré en 1958
"un homme exceptionnel". Sans parler des milliers de familles juives, recueillies pendant
la guerre qui sont allées remercier le pape de leur avoir sauvé la vie.
Et maintenant, pourquoi ce revirement d'opinion ? Tout simplement parce que la doctrine
de Pie XII, la recherche de la vérité avant tout, n'avait pas plu à la "nouvelle vague" des
années soixante, assoiffée d'hédonisme et d'égoïsme. La pièce de théâtre Le Vicaire de
Rolf Hochhut en 1963 a donné le signal de départ de l'entreprise de dénigrement de la
papauté, alors curieusement amalgamée avec le nazisme. Signalons que ce jeune metteur en scène créa aussi une pièce pour salir la mémoire de Churchill, pièce inspirée d'un roman négationniste d'un certain David Irving... Comme quoi, il faut toujours se méfier des rumeurs malveillantes. Elles visent ici un pape, Benoït XVI, qui n'a pas inventé la pédophilie - elle prospère dans les familles depuis des siècles - et dont on peut comprendre l'hostilité à l'avortement. 220 000 en France tous les ans. Ce droit n'empêche d'ailleurs nullement les femmes de tuer leurs bébés, de les jeter à la poubelle, de les battre, les affamer ou les abandonner à la DDASS. C'est ça le progrès ? Alors, avant de taper sur le pape, de vouloir raser les églises (Staline l'a fait et a fait mourir au moins autant d'innocents que la Shoah, vive la laïcité!) songeons un peu à ce que nous faisons de notre liberté et tâchons de garder un esprit critique en toute circonstance. Car le lit du totalitarisme, ce n'est pas uniquement le fait du nazisme. Le laxisme et l'égalitarisme niveleur en sont d'autres...