Citation :
Je suis malade d'espoir
"C'est une chance d'appartenir à un pays irrigué par des cultures très anciennes, qui toutes ont laissé des empreintes. Elles étaient souvent celles de l'occupant, mais aujourd'hui elles sont devenues miennes. Si je combats le sionisme en tant qu'idéologie et réalité politiques, c'est qu'il est pour moi un exclusivisme. Je ne veux ni ne peux y répondre par un autre exclusivisme arabe, mais par le partage de la diversité. Je suis sûr - contrairement à ce qu'on dit - qu'entre les Juifs et les Palestiniens il n'y a pas d'insurmontables difficultés. Les vrais musulmans savent que l'islam est le prolongement du judaïsme et du christianisme. Nous nous abreuvons tous à la même source. Si la guerre actuelle prend une forme religieuse si détestable, les raisons en sont avant tout politiques et découlent de la longue occupation de la Palestine et du cours chaotique de l'Histoire. Quelques fanatiques musulmans me reprochent d'évoquer parfois Jésus dans mes poèmes parce qu'ils refusent névrotiquement la proximité des religions de la région. Je ne suis pas croyant, et ma relation à la Bible n'est pas religieuse. Elle est littéraire. Ceux qui me détestent ici disent que mes références à la Bible sont une trahison et une complaisance vis-à-vis de l'autre, l'ennemi. C'est fou. Mais il est difficile, c'est vrai, d'imaginer que celui qui est encerclé, bombardé, emmuré en Palestine puisse goûter aux beautés du Cantique des Cantiques."
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