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La Question humaine

 


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Auteur Sujet :

La Question humaine

n°3490
mme-muir
Profil : Wannabe
mme-muir
Posté le 10-09-2007 à 15:54:01  profilanswer
 

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs au dernier festival de Cannes, La Question humaine fait preuve d'une grande ambition par son sujet (l'entreprise et la machinisation de l'homme, et ces rapports avec la Shoah) ; mais pas facile de tenir la distance.  
Un film morbide qui ne tente jamais de ne pas l'être...

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n°3502
-margot-
Ping !
Profil : Novice
Posté le 13-09-2007 à 13:06:33  profilanswer
 

Particulièrement fort, et très étrange.
La lourdeur du propos n'a d'égale que le magnétisme diabolique du film.
Bancal mais fascinant.


---------------
Mon blog cinema à moi rien qu'à moi : http://cinema.cine.confidential.over-blog.com/
n°3565
Serge Mart​in
Invité
Posté le 22-09-2007 à 12:30:19  answer
 

Film prétentieux et abject. Il montre l'état précis de "la pensée" en France qui veut soumettre les arts aux pseudo-philosophes subjugués par le nazisme comme Heidegger. Oui, ce film empêche de penser parce qu'il instrumentalise l'histoire et n'acoute même pas le contemporain dans sa compexité: il empêche de voir parce qu'il empêche d'écouter. Il sacralise la langue et en arrive à confondre notice technique et langage nazi, rage de dents et meurtre (Wittgenstein a pourtant bien signalé ce fait que les deux sont "irreprésentables" et donc que ce n'est pas cela qui en fait la spécificité), en faisant exactement comme ceux qu'il croit dénoncer: produire les signes de l'émotion, de la connaissance, de la souffrance, de la jouissance pour qu'on les reconnaisse immédiatement afin de ne pas penser avec du corps, avec autre chose que des icones - d'où l'esthétisme qui envahit tout le film, qui nous fait croire que l'art est condamné à dire l'irreprésentable, l'indicible. Ce film est justement obscène parce qu'il ne cesse d'assigner l'art à la représentation quand l'art n'a pas à représenter mais à dire la vie, vivre le dire, y compris avec l'innomable, l'abject, l'intolérable. Le paradoxe c'est qu'à la fin, un tel film qui a tout confondu fait la religion et donc la soumission à ce qu'il croit condamner quand il faudrait dissocier, écouter jusque dans les détails: mais chaque plan ici met les détails au registre du message, du transcendant, du sacré. Tout le contraire de ce que peut faire un film quand il travaille son éthique: détruire les images, les idoles. Oui, la "Schoah" sert les idôlatres du nazisme... C'est une catastrophe d ela pensée et de l'art. Heureusement, la vie de l'art continue ailleurs: voyez dans la salle d'à côté "Les méduses" par exemple. Beaucoup d'autres... Un seul regret: que certains acteurs aient mis leurs voix au service de cette entreprise déshistoricisante et manupulatrice. On les retrouvera ailleurs. Dernière chose: ce n'est pas un hasard si ce film nous raccroche avec "la musique" et si ses musiciens le sauveraient presque: les nazis (certains... ) aimaient la "bonne", la "grande" musique (Wagner... ) mais la "musique" n'est-elle pas facilement instrumentalisable et ce film est incapable de sortir de la fascination de la musique, de la "grande" musique. Aussi, il est scandaleux qu'il maltraite ainsi le flamenco, le fado et même la techno... qui peuvent souvent donner l'occasion de vivre l'art à condition de ne pas être des cache-misère. Mais la misère de la philosophie n'est pas d'aujourd'hui et la voilà au cinéma... Nous sommes avertis.

n°3615
omphale
I'm oh! so quiet
Profil : Habitué(e)
omphale
Posté le 01-10-2007 à 20:28:27  profilanswer
 

Serge Martin a écrit :

Film prétentieux et abject. Il montre l'état précis de "la pensée" en France qui veut soumettre les arts aux pseudo-philosophes subjugués par le nazisme comme Heidegger. Oui, ce film empêche de penser parce qu'il instrumentalise l'histoire et n'acoute même pas le contemporain dans sa compexité: il empêche de voir parce qu'il empêche d'écouter. Il sacralise la langue et en arrive à confondre notice technique et langage nazi, rage de dents et meurtre (Wittgenstein a pourtant bien signalé ce fait que les deux sont "irreprésentables" et donc que ce n'est pas cela qui en fait la spécificité), en faisant exactement comme ceux qu'il croit dénoncer: produire les signes de l'émotion, de la connaissance, de la souffrance, de la jouissance pour qu'on les reconnaisse immédiatement afin de ne pas penser avec du corps, avec autre chose que des icones - d'où l'esthétisme qui envahit tout le film, qui nous fait croire que l'art est condamné à dire l'irreprésentable, l'indicible. Ce film est justement obscène parce qu'il ne cesse d'assigner l'art à la représentation quand l'art n'a pas à représenter mais à dire la vie, vivre le dire, y compris avec l'innomable, l'abject, l'intolérable. Le paradoxe c'est qu'à la fin, un tel film qui a tout confondu fait la religion et donc la soumission à ce qu'il croit condamner quand il faudrait dissocier, écouter jusque dans les détails: mais chaque plan ici met les détails au registre du message, du transcendant, du sacré. Tout le contraire de ce que peut faire un film quand il travaille son éthique: détruire les images, les idoles. Oui, la "Schoah" sert les idôlatres du nazisme... C'est une catastrophe d ela pensée et de l'art. Heureusement, la vie de l'art continue ailleurs: voyez dans la salle d'à côté "Les méduses" par exemple. Beaucoup d'autres... Un seul regret: que certains acteurs aient mis leurs voix au service de cette entreprise déshistoricisante et manupulatrice. On les retrouvera ailleurs. Dernière chose: ce n'est pas un hasard si ce film nous raccroche avec "la musique" et si ses musiciens le sauveraient presque: les nazis (certains... ) aimaient la "bonne", la "grande" musique (Wagner... ) mais la "musique" n'est-elle pas facilement instrumentalisable et ce film est incapable de sortir de la fascination de la musique, de la "grande" musique. Aussi, il est scandaleux qu'il maltraite ainsi le flamenco, le fado et même la techno... qui peuvent souvent donner l'occasion de vivre l'art à condition de ne pas être des cache-misère. Mais la misère de la philosophie n'est pas d'aujourd'hui et la voilà au cinéma... Nous sommes avertis.


je l'ai vu et n'ai pas du tout ressenti la chose ainsi
je suis d'ailleurs assez étonnée du rejet en bloc que tu affiches (et, certes, argumentes)
je compte le revoir de toutes façons, j'essayerai alors d'adopter le prisme que tu proposes -même si je ne suis a priori pas convaincue


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Et tous, sans approcher, rôdant d'un air terrible,
Sur le rouet, où pend un fil souple et lié,
Fixent de loin dans l'ombre un oeil humilié

n°3616
omphale
I'm oh! so quiet
Profil : Habitué(e)
omphale
Posté le 01-10-2007 à 20:29:48  profilanswer
 

-margot- a écrit :

Particulièrement fort, et très étrange.
La lourdeur du propos n'a d'égale que le magnétisme diabolique du film.
Bancal mais fascinant.


je rejoins bien plus cet avis


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Et tous, sans approcher, rôdant d'un air terrible,
Sur le rouet, où pend un fil souple et lié,
Fixent de loin dans l'ombre un oeil humilié

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n°3626
eracles
Profil : Padawan
eracles
Posté le 05-10-2007 à 12:24:16  profilanswer
 

oui j'ai trouvé ça glacial et fascinnant..
le language, le ton monocorde... cet especes de froideur moite
terrible..
je suis aller voir un autre film du meme acteur dans un autre genre...
l'histoire de richard O
et lundi je vais "control"


---------------
je me tais c'est mieux... mes histoires d'amour finissent mal en général
http://www.videocochonne.com/index2.htm
n°3627
eracles
Profil : Padawan
eracles
Posté le 05-10-2007 à 12:25:30  profilanswer
 

je vais voir control.. pardon


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n°3628
Yeeep
Profil : Padawan
Posté le 05-10-2007 à 13:13:03  profilanswer
 

Je n'ai pas vu ce film. Mais dans un débat à ce sujet dans Ce Soir (ou jamais) après Soir 3 mercredi, j'ai vu une psy exprimer quelque chose dans le genre de Sergent Martin, en moins virulent vu que le réalisateur était sur le plateau. Disons, qu'elle aussi ressentait beaucoup cette manipulation du public dans le film, qu'il empêche effectivement de penser. Je me demande si d'autres, comme Sergent Martin, ont ressenti ce malaise.

n°3629
eracles
Profil : Padawan
eracles
Posté le 05-10-2007 à 13:20:51  profilanswer
 

je pense que dans ce film, c'est un peu extrapolé...
le parrallele est dangereux? mais bon ça reste une oeuvre d'art subjective...


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http://www.videocochonne.com/index2.htm
n°3692
Profil sup​primé
Profil : Novice
Posté le 20-10-2007 à 10:45:42  answer
 

Je suis en plein accord avec Serge Martin. Il n'y a pas grand-chose à ajouter. Malgré ses ambitions, ce film est abject.

n°3703
teo5
Profil : Novice
Posté le 21-10-2007 à 12:32:13  profilanswer
 

Je pense que certain ont oublié que le parralèlle effectué dans ce film ne concerne non pas l'entreprise intrinséquement et le nazisme, mais le langage et les pratiques qui sont employées dans le monde de l'entreprise et par les nazis. Si on ne fait pas attention à ce point, on passe à côté du film et en perd le sens, c'est pourquoi les réactions peuvent être violentes. Après, on peut en discuter, mais je pense qu'en considérant ceci, on ne tombe pas dans l'extrême trop rapidement...

n°3712
monstroune​t
Profil : Novice
Posté le 23-10-2007 à 15:43:21  profilanswer
 

J'ai bien aimé la première moitié, la déshumanisation de la société, vu depuis les RH dans un grand groupe. ça semblait commencer comme un 1984 ou qque chose du genre. Par contre je n'ai pas apprécié le basculement dans le nazisme même si on comprend bien le parrallele vu que le propos est trés appuyé (utilisation de jargon technique et de la hiérarchie pour déshumaniser les actes etc...). Au final le tout me laisse l'image d'un film prétentieux , sur la forme et sur le fond.  

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n°3750
christouki​kine
Invité
Posté le 04-11-2007 à 19:31:18  answer
 


Je pense que qualifier la question humaine de Nicolas Klottz, de film manipulateur, qui  empêche de penser est injuste et faux. Bien au contraire, il contribue à faire fonctionner notre esprit critique par sa richesse de contenu. Le parallèle suggéré entre le régime naziste et le langage de la grande entreprise dérange. On n'est pas sans ignorer que l'ère des performances humaines avec son souci unique de rentabilité, exige de ses êtres vivants une certaine dévotion (pour ceux qu'elle garde, les autres sont éjectés)(corps et âme). Là il y'a manipulation, c'est évident. Ils ne pensent pas ou ne pensent plus, d'ailleurs ils ont plus le temps. Ce constat est mondial ou presque. Bref, pour moi ce film est un Grand Film ! J'ai été littéralement fascinée par sa justesse, son esthétique adéquat au milieu choisi et puis l'interprétation extraordinaire de Mathieu Almalric et de Michael Lonsdale... Et puis cette atmosphère d'étrangeté qui nous invite à penser, justement. Librement.

n°3751
vincent-ve​ga-chaya
Invité
Posté le 05-11-2007 à 10:37:47  answer
 

Que veut dire:"il empêche de voir parce qu'il empêche d'écouter"...? :??:  "Les deux (les 2 quoi?) sont "irreprésentables" et donc que ce n'est pas cela (celà quoi ?) qui en fait la spécificité"
? "Ce film est justement obscène parce qu'il ne cesse d'assigner l'art à la représentation.." (ca veut dire quoi ?)...  
Et puis autre anecdote:"la "bonne", la "grande" musique (Wagner... )" ...Heu c'est tous ? T'as que Wagner à citer pour donner un exemple de "grande" musique (je ne te demanderai même pas ce que tu entends par "grande" ) ?
 A part ça t'es pas dans l'icono-mélomanie toi... De ton charabia ampoulé et mal maîtrisé à tes références philosophico-musicale, tu sembles, comme ce film que tu tentes de critiquer (et dont je me fout), culturellement appartenir à l'air du temps...  prises de positions bidons, petite verve hargneuse du rat de cinéma. Critique bidons pour films bidons, indignation bidon de petit prof téléramisé jusqu'à l'os.... Le yorkshire de l'esprit critique retrousse les babines et montre les dents ! On attend impatiemment votre critique deleuzienne de "L'auberge des chaudasses 2" !


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