Je suis sortie de la salle très déçue.
J'avais adoré Requiem, mais je suis restée complètement dubitative devant ce nouveau film.
La forme est magnifique, les images, la musique et les acteurs beaux à pleurer, mais le scénario est d'une nullité catastrophique. Aronofsky semble ne jamais choisir son camp : s'il veut faire un film onirique, pourquoi s'embarasser de ce verbiage scientifico-débile qui vient plomber toutes les séquences de laboratoire ? Ca passerait dans un film de science-fiction des années 40, ou à la rigueur un épisode des premières saisons d'X-files, mais là, dans le contexte, il aurait pu écrire quelque chose de plus crédible, de moins précipité, ou se passer complètement de ces scènes qui en plus n'apporte pas grand chose.
Les personnages n'ont pas un brin d'épaisseur, ils sont à l'image des images, parfaits, lisses, au point qu'on arrive jamais vraiment à croire qu'ils s'aiment, puisqu'on arrive jamais à croire que deux personnes pareilles puissent exister. Le personnage de Rachel Weisz est une femme tellement forte et fragile à la fois (comme dans la chanson de Francis Cabrel, en fait), que je ne peux que saluer sa performance d'actrice : si elle n'était pas aussi excellente, j'aurais probablement éclaté de rire tellement les dialogues sont déjà vus, déjà entendus, niais. Hugh Jackman aussi fait un travail excellent, pour moi ils sauvent tout les deux le film du ridicule. La seule séquence que j'ai trouvé touchante, c'est celle ou ils se lancent des boules de neiges. Manque de bol, elle dure moins d'une minute.
Le mélange des cultures m'a rendue bien perplexe aussi : le christianisme et les mayas, passe encore, mais que vient faire la position du lotus la dedans ? et l'illumination bouddhiste ? Les symboliques ne sont qu'effleurées, utilisées comme des référence à une transcendance que le film n'atteint finalement jamais.
Pour revenir sur ce que disaient Gieller, je ne pense pas que ce film fasse appel à des capacités d'empathie, puisque les personnages ne sont pas crédibles, mais qu'il mise tout sur le "plein les yeux", qui fonctionne à plein régime, car Aronofsky est un esthète, à défaut d'être un scénariste sur ce coup là (n'est pas Hubert Selby Jr qui veut).
Enfin, je trouve ça trop facile de dire que les gens qui n'ont pas aimés sont forcément "dans l'analyse", ou encore "étroits d'esprit" comme quelqu'un l'a dit plus haut. Je trouve juste qu'il faut être très très indulgent pour se laisser prendre par une histoire déjà racontée mille fois, et ici traitée sans subtilité ni chaleur. Le film m'a laissée une désagréable impression de froideur, comme un bel objet sans contenu.
Les plans sur les réverbères qui s'allument à la fin de "12.08 à l'Est de Bucarest" m'ont beaucoup plus émus que The Fountain dans son ensemble...