Boulevard de la mort est un bout de film qui s'est démarqué de son maître. A l'origine, Grindhouse, qui est un film que Tarantino et Rodriguez ont conçu sur le modèle du cinéma populaire (grindhouse en argot américain) des années 1970 à la série Z. Ce film développe une fade allusion à la série B ou Z ?, et se trouve ainsi détraqué et, en partie, pastiche. Le montage est brutal, maladroit, voire penaud. Sur les zooms, on dirait du George Lucas qui s'expérimente sur du Star Wars mal fait lors de l'Episode II. Gratuité de violence face à des bouts de scènes naïves et fadasses, Tarantino tente une approche de certains sujets qui lui sont intimes, sur lesquels il joue avec une matière autobiographique et une source cinématographique dont il a le secret et la respectable connaissance, pourtant un peu trop étalées aux yeux du spectateur. Deux séquences de poursuite en voiture occupent hélas peu de place dans le film, ce qui est dommage, mais avec derrière une volonté de combler par effets visuels intenses un manque évident scénaristique. (Bonne nouvelle, il n'y a pas d'effets spéciaux). En gros, une ou deux poursuites plutôt réussies dont une scène de crash intéressante filmée sous toutes coutures et des cascades sympatoches. Bavardages incessants et sans fond; trop, beaucoup trop d'allusions à ses films et productions précédentes (Tarantino n'est pas aussi discret comme il le fut auparavant pour poser ses pièces de puzzle à discerner comme un jeu pour un officionado de films en films)... et l'on est loin du tour de table viril et vif de Reservoir Dogs... Pied-de-nez absolutiste au plus que troisième degré, (ce qui a valu une salve d'applaudissements de dégénérés en salle, épatés par le visuel en oubliant ainsi le véritable ciment du film : le scénario), on en prend plein les yeux pour pas un rond, les dialogues aucunement d'anthologie et l'on perd le fil des discours qui ont un fond un peu machistes et niais. Reste une prestation intéressante de Kurt Russell, et des idées de Tarantino au bon vouloir de placer une sorte d'acteur sur le déclin, aussi bien en rôle qu'en vraie vie (cf : Michael Madsen dans le rôle de Budd pour Kill Bill). Cà ne prend pourtant pas. Musicalement parlant, Tarantino sait qu'il peut jouer de son influence musicale et de son choix qu'il sait bon. Or, non pas qu'elles soient ici mauvaises, ces chansons sont lâchées une par une, à l'image du Juke Box que l'on voit dans le film (c'est aussi un rendu volontaire, à l'image de cet appareil), musiques enchainées les unes aux autres pour combler ces blancs amorphes du film... Véritable "bouillabaisse" (copyright Laurent huhu !!!) musicale au final, qui semble sonner faux... Ce film est parsemé de quelques bonnes montées (d'adrénaline, de trames)... et de fortes dégringolades. Ce qui fait de ce film mauvais mais ayant pourtant un bon fond, de rendre hommage aux années 70 et 80 de par les cinémas de quartier; mais me fait pourtant donner une attribution de pseudonyme à notre cher réalisateur de Tarantinul ? Tarantounaze (copyright Jérémy huhu !!) ? Tarantinouille ?, bref un raté enchainé et lié de près au tout autant mauvais épisode réalisé des Experts. Ayant toutefois une très grande admiration pour ce réalisateur et une immense appréciation de ses compositions, à voir si vous êtes curieux ou en manque de distraction; aux autres, je le clâme haut et fort, passez votre chemin ou armez vous de pop-corns (c'est ce que Tarantino cherche après tout ?).
Gabriel Sylar.