D'accord avec ce dernier message à propos du film découvert hier : de Bergman à Eustache, le cinéma est riche de propositions plus complexes, et surtout, plus attachées à la réalité, quant au désir féminin ou à l'altérité (sexuelle ou non) en général. Bon, il y a bien ceci: le filmage de la masturbation féminine (dont on remarque au passage qu'elle n'est guère plus sexy au cinéma que la masculine...), hors catégorie X, et des relations sexuelles entre femmes non lesbiennes, ce qui est intéressant sauf que les personnages adoptent des comportements clichés (la forte masturbe la mince, "fait l'homme", l'une tombe amoureuse de l'autre...) qui désamorcent ce qui pouvait exister d'un peu frais, inédit, dans le film. Les anges exterminateurs en question sont très drôles au début, fou rire généralisé dans la salle, tout comme l'apparition de la grand-mère ("oh, mémé!..." ) en Cassandre ailée. L'ensemble reste assez cucul, "nunuche" comme le dit d'ailleurs le personnage de Julie: Brisseau trop vieux, trop à côté de ses pompes, trop ému/fasciné par les minettes? Ou simplement Brisseau metteur en scène sur le fil du rasoir, faux grand, capable du meilleur comme du pas terrible - Melville était aussi comme ça, sauf qu'aucun Brisseau n'arrive à la cheville du Doulos. Prenons la scène du refus répété d'actrices invitée à participer aux essais: cliché mais drôle, très facile à monter, basé sur un comique de répétition archi-vu. Eh bien c'est raté, ça retombe, le jump cut au milieu est malvenu, et les quelques rires sincères s'éteignent vite. Les scènes sexuelles, à force d'être associées à une quête mystique de pacotille, ne sont guère émouvantes (je ne sais pas ce que vous pensez de la critique de Neyrat mise en ligne sur le site des Cahiers.... Je ne suis pas convaincue: les effets lumineux etc font aussi (et plutôt) retomber la mise en scène dans le refuge cosmétique du beau corps - cf certaines postures ridicules, comme la petite qui tend les pieds en pointes pour faire plus joli -, ou l'on évite d'avoir affaire à la chair et ses déconvenues; la beauté même des filles, genre mannequins, fait écran à toute densité d'être). Bon, bref, une curiosité à voir, et à mettre en perspective avec l'oeuvre (à ce propos, avec moins de flon-flon, Noces Blanches avait quand même plus de tenue, sans être un chef d'oeuvre...)
A propos du bazar sur le harcèlement: mais qui sont ces demoiselles qui y vont de leur branlette (et re, et re) pour ensuite se déclarer outrées de leur pudeur offerte soi-disant à regrets? Que Brisseau soit un vieux cochon peut-être, je n'en sais rien, mais que les nanas en questions soient de fâcheuses et procédurières opportunistes, cela ne fait aucun doute.