J'ai trouvé le film assez faible quoique pas toujours désagréable à regarder. Cela reste une série et pas un film, malgré sa tripotée d'acteurs presque obscène (on y revoit le silence des agneaux et le seigneur des anneaux, à ne pas confondre!) Le rythme avec lequel il se déploie est proche de short cuts(toute proportion gardée), qui suit le destin de nombreux personnages avant de les faire se réunir dans l'instant final, la mort de bobby.
Mais, soyons francs, quoi de mieux pour un politique qu'une bonne mort, pour s'assurer qu'il était l'homme providentiel qui allait réunir l'Amérique pauvre et riche, noire et blanche.
Le film baigne dans les bons sentiments, on y donne sa place de baseball, puis sa radio pour suivre le match quand, et quand le patron vous surprend, il écoute la radio avec vous, on prête sa veste à son ancien ennemi blessé, car les conflits sont toujours ponctuels ou joués (voir l'altercation du noir et du mexicain dans la cuisine). Les paraboles débiles prolifèrent (souvent prononcées par le cuisinier noir)
Il n'y a dans le film aucune négativité, aucun personnage interlope (ce qui est pathétique quand il prétend décrire le trip sous acide), tout est transparent. Le tout est fondu dans la musique omniprésente (tarte à la crème des films sur les années soixante, qui offre l'embarras du choix, et où la musique à une fonction très importante dans la société de façon générale.)
On parle de film politique à tort à mon avis, comme s'il suffisait de traiter d'un sujet d'histoire pour s'assurer de la valeur de son discours.
Enfin, il est fort dommage que le discours final ne soit pas présenté comme le discours de Bobby,(ce qu'il est ). A voir le film, on pourrait croire que c'est le point de vue du cinéaste, et ce qui remis dans le contexte de l'époque était une belle tirade pacifiste passe aujourd'hui pour un moralisme lourd comme du plomb.
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