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Sujet : Quartett par Bob Wilson à l'Odéon
invite_lady macbeth

invite_LOEL a écrit :

Tout à fait d'accord avec vous, Gab, et en particulier sur la "critique de la critique" de telerama.
Pour ce qui concerne Ariel, que j'avais pu voir à Avignon (hélas à cause de mon âge- qui est le même que le sien- ) et que j'ai la chance maintenant de bien connaître, les qualificatifs que vous utilisez (passionné, énergique mais aussi rêveur et en marge) donnent l'impression que vous le connaissez parfaitement.
Toutes mes felicitations pour vos analyses .
J'attends avec impatience les futures



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invite_lady macbeth

invite_LOEL a écrit :

Tout à fait d'accord avec vous, Gab, et en particulier sur la "critique de la critique" de telerama.
Pour ce qui concerne Ariel, que j'avais pu voir à Avignon (hélas à cause de mon âge- qui est le même que le sien- ) et que j'ai la chance maintenant de bien connaître, les qualificatifs que vous utilisez (passionné, énergique mais aussi rêveur et en marge) donnent l'impression que vous le connaissez parfaitement.
Toutes mes felicitations pour vos analyses .
J'attends avec impatience les futures


invite_Sosorry Je lis les commentaires et quelque chose m'échappe.  
La mise en scène de Wilson ne me paraît pas juste, j'avais honte d'écouter ce texte que je ne reconnaissais plus. Pas, de corps, pas de chair, pas d'amour, pas de haine.... tout est asceptisé je n'en reviens toujours pas. De trés belles images oui si elles avaient vécu seules. Et ces répétitions... on perd le texte, on s'y endort, la violence d'Heiner Muller était engloutie par un système qui s'épuise. Trop facile ce système. Quelqu'un qui ne connais pas le texte ne peut pas l'entendre tel qu'il est écrit, j'en suis convaincue.  
Voilà, fallait juste que ça sorte.
Gab76 Mais oui Zephyr, je viens de temps en temps ici.
L'adresse de mon blog est toujours la même, et on peut y poster:
http://chroniquestheatrales.spaces.live.com/blog/
Je serais ravie que vous y déposiez un commentaire.
Mes prochaines chroniques porteront sur Quartett (j'y retourne), Hamlet (à Chaillot), La Guerre de Troie n'aura pas lieu (à Silvia-Monfort) et un des spectacles de Caubère.
invite_Zephyr75 Bonjour Gab76,  
 
Je ne sais pas si vous venez de temps en temps sur ce forum !  
 
Des nouvelles de votre blog ????
 
tenez-nous au courant !
Gab76 Merci encore Loel! Ariel Garcia Valdès entraîne une immédiate bienveillance de la part de ceux qui le voient ou le connaissent. Il a vraiment l'air d'un chic type, en plus d'être un immense comédien.
 
Je rebondis sur vos propos en copiant-collant l'article d'Odile Quirot dans le Nouvel Obs, Quirot qui, obnubilée par I.Huppert, ne semble pas partager notre point de vue.
 
HUPPERT, SOLO
Bob Wilson a une fois encore conçu un spectacle beau et chic, qui finit par étouffer la pièce. Mais pas Isabelle Huppert : on ne voit qu'elle  
 
Autant le dire tout de suite : sans Isabelle Huppert, le « Quartett » de Heiner Müller monté par Bob Wilson ne serait qu'un écrin magnifique qui ternirait le bijou qu'il contient. Et quel bijou ! S'inspirant des « Liaisons dangereuses », le roman épistolaire de Choderlos de Laclos, Heiner Müller compose un précipité chimique explosif et noir, vingt pages de dialogue entre Valmont et Merteuil, un ultime round, que le Berlinois place sous le signe de la décrépitude des corps et des idéologies.
Le temps aussi a passé sur Valmont et Merteuil, et ces grands libertins remettent en jeu leur appétit de jouissance, de pouvoir et de liberté. Ils échangent leurs rôles, se glissent dans celui de leurs victimes. Ils font semblant, et ils y croient parfois, en grands enfants cruels, diablement imaginatifs. «Nous devrions faire jouer nos rôles par des tigres...», dit Valmont. Dommage que dans ce rôle Wilson condamne le grand Ariel Garcia Valdès à n'être souvent qu'une silhouette rouge sang à la gestuelle diabolique, une ombre qui rôde autour de la Merteuil : Isabelle Huppert, donc.
 
La comédienne, après un mémorable « Orlando » d'après Virginia Woolf, se prête pour la deuxième fois à Bob Wilson. Sertie dans une robe violine ouverte sur la chair d'une épaule prolongée d'un bras nu d'amazone, visage clair où sourdent des émotions aussi vives, impalpables et blanches que l'effroi, elle est force, fragilité et solitude. Elle module les mots de Müller comme une partition, et c'est bien ainsi que Wilson les utilise. Elle en fait une aria entêtante, extrêmement raffinée, découpée sur le silence, aussi habitée qu'émouvante.
Pour le reste, on retrouve la griffe de Wilson, comme on le dit de celle d'un grand couturier : il sculpte les comédiens en postures hiératiques, élargit ou cerne l'espace de ses splendides lumières (déclinaison de rouge, de bleu et de blanc), joue des époques et de leurs allures sonores (musique de Michael Galasso), et ajoute au duo Merteuil/Valmont deux jeunes danseurs et un vieil homme ricanant. Pourquoi pas ?
Tout cela est beau, mais déjà vu, et en mieux, chez Wilson. De plus son spectacle écrase la pièce de Müller, qui, tout de même, en est le coeur. On a un sentiment d'inutile, n'était le talent d'Isabelle Huppert, fascinante Monna Lisa échappée du cadre d'un peintre nommé Wilson.
 
Odile Quirot    
invite_LOEL Ariel est effectivement réservé mais pas inaccessible et surtout d'une grande simplicité et d'une vraie modestie.
Il n'a aucun telephone, ni fixe ni portable mais répond toujours aux amis qui veulent le joindre : on peut laisser un message à son intention au standard de l'odeon (juqu'à la fin de quartett en décembre) ou aprés au standard du Centre d'art dramatique de Montpellier.
Apres les représentations de quartett à l'etranger début 2007 ,il n'a pas de projet arrêté (en dehors du CAD de Montpellier auquel il est trés attaché mais il se décide toujours au dernier moment en fonction de critères trés mystérieux  
parmis lesquels l'amitié est certainement le facteur essentiel (sa complicité avec Lavaudant remonte aux années 60 à Grenoble!)
Pour tout dire, il ne gère pas une carrière et ne lit même pas les critiques (tant mieux, ça lui épargne celle de l'Obs d'aujourd'hui)
Gab76 Waow Linaigrette, quelle chance! Mais décidément, tout le monde a l'air de fréquenter Ariel Garcia Valdès! Je me suis laissé dire pourtant qu'il était un peu "sauvage", en tout cas complètement absent des "derniers endroits à la mode" à Paris, et j'ai lu je ne sais plus où qu'il était plutôt réfractaire aux moyens modernes de communication. En sortant d'Hamlet [un songe], j'envisageais de lui envoyer un petit mot, mais où? Si je me décide à le faire, je pense passer par la productrice de Quartett...à moins que vous puissiez, Linaigrette, jouer les intermédiaires...
Pour clore ce chapitre (momentanément): savez-vous s'il va se contenter de regagner le Conservatoire de Montpellier après la tournée de Quartett, où s'il a l'intention de remonter sur les planches en 2007-2008? Voilà une des questions que j'aimerais lui poser!
Etant de Grenoble, comme eux, j'ai eu la chance de voir tous les spectacles de Lavaudant avec Ariel Garcia Valdes depuis Richard III (une révélation du haut de mes quatorze ans) à La Rose et La Hache. Moments magiques d'émotion intense... Ariel est une personne qui vous bouleverse à jamais, sauvage et si proche à la fois ; tel qu'il est sur scène.
Gab76 Euh cher Zephyr, je crois que c'est moi suis nulle en informatique! Mon blog, pour être accessible, attend sûrement un série de "clicks" de ma part, mais lesquels? Je vais essayer de trouver la solution dans la journée. Mais vous ne perdez rien: il n'y a pour le moment que deux chroniques, la mienne sur Quartett et celle d'un copain sur Baal (deux productions de l'Odéon, d'ailleurs!). Si vous faites un jour le compte-rendu d'une pièce qui vous a particulièrement plu (la critique négative n'est pas interdite, mais je crois que je préfère décidément partager mon enthousiasme pour les pièces que j'ai goûtées), n'hésitez pas à me le communiquer, je le publierai.
invite_Zephyr75 Bonjour Gab76,  
 
Le lien ne marche pas chez moi !!!  
Et pourtant j'aimerais beaucoup lire vos chroniques !!
Est-ce mon ordinateur qui fonctionne mal ?  
 
Gab76 Eh bien Loel je suis heureuse que nos avis se rejoignent, et je serai ravie de lire vos prochaines analyses. Vous m'avez tout l'air d'être un "initié" (n'y voyez aucune connotation péjorative). En ce qui concerne Garcia Valdès, je n'ai jamais encore osé lui adresser la parole, mais il faudra bien un jour que je le félicite et/ou le remercie! Il m'intimide (est-ce justifié?), mais j'ai bien trouvé le moyen (après deux verres de Riesling tout de même) il y a quelques mois d'aborder Gérard Desarthe, qui m'intimidait encore plus...
 
Je redonne mon lien, où vient d'apparaître le compte-rendu d'un de mes amis sur Baal. J'y rajouterai le mien bientôt, puisque je vais voir la  pièce dimanche aux ateliers Berthier.
http://chroniquestheatrales.spaces.live.com/blog/
invite_LOEL Tout à fait d'accord avec vous, Gab, et en particulier sur la "critique de la critique" de telerama.
Pour ce qui concerne Ariel, que j'avais pu voir à Avignon (hélas à cause de mon âge- qui est le même que le sien- ) et que j'ai la chance maintenant de bien connaître, les qualificatifs que vous utilisez (passionné, énergique mais aussi rêveur et en marge) donnent l'impression que vous le connaissez parfaitement.
Toutes mes felicitations pour vos analyses .
J'attends avec impatience les futures
Gab76 Merci Loel. Vous complétez à merveille mes impressions! Par ailleurs le site Flucutat vient de publier une critique que je trouve fort juste et étayée (moi j'étais plutôt dans l'enthousiame sans recul des premiers instants!).
 
Je viens de tomber sur les critiques de Télérama (de Pascaud et Schidlow), négatives, dont je vous livre des extraits:
 
"...le spectacle commence par une muette déambulation d'Isabelle Huppert, façon cinéma expressionniste. Puis la comédienne répète à satiété le début du texte. Au milieu des meubles divinement design, qu'il conçoit lui même depuis toujours, Wilson pose ensuite un Valmont méphistophélique, grimaçant et tout de rouge vêtu (Ariel Garcia Valdès en a perdu sa voix sublime pour éructer sans grâce), un vieillard évidemment à moitié nu(le fantôme du défunt Heiner?), deux jeunes figurants assez jolis. Le tout sur une musique rock soupe de Michael Galasso avec des éclairages qui évoquent les années 70, décennie encore créative de notre nouveau chef d'entreprise théâtrale internationale. Choc des époques, des styles: la recette est désormais facile, appliquée et déjà démodée. A quoi bon ce Wilson de plus?".  
J'ai envie de mettre des "sic" partout! Et d'ajouter un peu facilement: A quoi bon Télérama?
 
Puis: "...Pis, le rôle d'Ariel Garcia Valdès, comédien de première grandeur, a été tellement mutilé que le spectacle n'a plus pour centre de gravité qu'Isabelle Huppert, immense comédienne, qui succombe une fois de plus au plaisir de jouer en solo"  
...et je précise que pour moi il s'agit d'un contresens: qui lit la pièce se rend compte que c'est effectivement la Merteuil qui mène le bal dans le dialogue d'Heiner Müller (et cela, c'est un héritage de Laclos). Il est alors logique (et même comme vous le dites, Loel, "intelligent" de la part du comédien) qu'Huppert soit au centre du dispositif. L'immense Garcia Valdès tire malgré tout son épingle du jeu, à sa manière non pas spectaculaire mais élégante et poétique.
 Je n'ai pas eu la chance (pas l'âge!) de le voir dans le myhtique Richard III en Avignon en 1984, mais on m'en a un peu parlé...et j'ai vu quelques photos. Vous y étiez, Loel? En revanche je n'ai pas manqué la diffusion d'Hamlet [un songe] (mis en scène par Lavaudant) sur Arte en avril dernier, et je suis allée voir la pièce quelques semaines après. J'ai aussi eu le privilège d'assister à une rencontre comédiens de la pièce/public, et en juin aux Ateliers Berthier à une conférence de Georges Banu où Garcia Valdès témoignait sur les liens privilégiés metteur en scène/comédien fétiche (façon Mnouchkine/Caubère ou Chéreau/Desarthe...). A chaque fois, sur les planches ou en dehors, Ariel Garcia valdès m'a fait l'impression d'un homme passionné, à la fois énergique et rêveur, délicieusement en marge. Ses prestations sont magiques.
 
J'ai un peu remanié ma "critique" que vous pouvez retrouver à l'adresse suivante: http://chroniquestheatrales.spaces.live.com/
invite_LOEL Bravo et merci à gab 76 pour cette belle critique à laquelle j'adhère totalement.La mise en scène de Wilson reflète parfaitement la violence désespérée de Muller (et ne l'oublions pas trop vite, de Choderlos de Laclos!)
Loin d'être obsolète, elle est en parfaite adéquation  avec l'individualisme forcené de ce début de siècle et ses échanges de monologues.
Huppert est parfaite  de cynisme affiché et de nostalgie masquée.
Quant à Garcia Valdes -dont je suis un inconditionnel depuis le fabuleux Richard III d'Avignon, et que nous  enfin retrouvé avec "La rose et la hache" et '"Hamlet-un songe" ) il est simplement génial de présence, d'élégance et de noirceur sacrificielle. Il a même l'intelligence d'accepter une certaine domination scénique de sa célèbrissime partenaire.
 
Vous avez bien de la chance de pouvoir revoir bientôt la pièce!
invite_Qiota Merci pour ce très beau compte rendu.
invite_Zephyr75 De rien pour le compliment.  C'est rare de lire des textes qui rendent autant justice à l'expérience théâtrale, c'est un vrai plaisir que de vous lire ! Vous devriez proposer vos services à Fluctuat !!!
 
Gab76 Merci Zephyr pour votre dernier compliment: non je n'écris pas, ni sur ni pour le théâtre (ô combien j'aimerais!), je suis seulement très amateur(trice)...et aussi prof de français.
Moi aussi je découvrais Wilson, adulé ou conspué (on a beaucoup parlé de son Wagner l'an dernier, dans l'un et l'autre sens). Nous nous sommes donc presque croisés la semaine dernière! Je retourne à l'Odéon à la fin du mois pour faire découvrir la pièce à des amis. Les habitués disaient à la sortie qu'il fallait que la pièce "se rôde": j'assisterai donc peut-être à un spectacle un peu différent! Quelle que soit mon impression, je vous en ferai part sur ce forum.
En ce qui concerne Huppert, j'ai trouvé sa prestation très maîtrisée: elle a une grande habitude de Bob Wilson et cela se voit; elle était "dans son élément" comme on dit. Son rôle nécessitait beaucoup d'endurance au sens physique et contraignant du terme.
Pour Garcia Valdès, c'est un peu différent: il a peu joué (il est surtout metteur en scène et directeur du Centre d'art dramatique de Montpellier), à chaque fois ce fut remarquable, et presque toujours sous la direction de son compagnon de route Georges Lavaudant (qui par ailleurs est à la tête de l'Odéon); généralement on lui laisse toute liberté de jeu, mais cette fois la méthode Wilson l'a fait entrer dans un moule...dont il fait exploser les contours, pour notre plus grand plaisir! Sa vie intérieure est tellement riche qu'elle transparaît à tout moment, même sous un masque rigide et méphistophélique. Je l'ai trouvé encore meilleur que dans Hamlet [un songe] que j'ai vu en avril.
invite_Zephyr75 Bravo pour ce témoignage, qui sonne vraiment juste et rend justice à la pièce!
J'ai pu voir le Quartett de Bob Wilson la semaine dernière, et j'ai été, comme vous, envoûtée...  
 
Pourtant j'ai eu un peu de mal à entrer dans cette ambiance années 80, musique punk, lumières crues ..  
 
Mais finalement, l'ensemble s'impose. J'ai trouvé l'idée de la répétition des phrases excellentes :  telles des litanies sans fin, sans aucune psychologie, nous plongeons dans le texte.  
 
Ce fut une expérience déroutante et fascinante, et ce d'autant plus que je découvre pour la première fois (eh oui ....) Bob Wilson.  
 
Isabelle Huppert m'avait beaucoup déçue il y a quelques années dans Médée (déjà à l'Odéon), mais là je l'ai trouvé magnifiquement dirigée et d'une présence indiscutable .  
 
Merci encore pour votre texte ! Vous écrivez pour ou sur le théâtre, non ?
Gab76 Un seul mot: incroyable.
 
Il paraît qu'on est wilsonien ou qu'on ne l'est pas, sans voie moyenne. Je dois l'être, car je n'ai pas vu passer l'heure trois-quart de délices violents à l'Odéon jeudi soir.
 
Le Quartett de Bob Wilson est d'un seul trait, ligne claire, parfaite, tendue mais qui ne rompt pas. La petite musique grinçante d'Heiner Müller se fait entendre de bout en bout et nous submerge. L'obscénité est seulement suggérée, mais tellement plus violente que - par exemple - dans la mise en scène récente de Matthias Langhoff au Conservatoire. La scène finale fait intervenir...un poisson rouge! (Langhoff, lui, optait pour le lapin).Mais rien d'aberrant à cela: tout est pensé, pesé, parfaitement construit. Un rêve de pièce.
 
5 comédiens, dont 3 muets: Un jeune homme (très beau, athlétique), une jeune fille (svelte, fée clochette et bourreau), un vieillard (dans l'esprit de Wilson, c'est Müller lui-même). Il dessinent des arabesques, une pantomime, sans jamais prononcer un seul mot. Tout dans leurs corps, leurs vêtements et leurs attitudes est parole. Surgit, gigantesque (mais toute petite en réalité, comme le révélait le cocktail d'après-spectacle!), la fêlure incarnée, Isabelle Huppert, magistrale et hiératique, qui mène la danse. En marquise de Merteuil, elle nous étourdit par une première litanie: le début  de la pièce (\"Valmont. Je la croyais éteinte, votre passion pour moi. D'où vient ce soudain retour de flamme. Et d'une passion si juvénile. Trop tard bien sûr.\" ) est répété dix fois, comme un refrain lancinant. Superbe idée, plusieurs fois reprise.
 
Couleurs crues qui éblouissent, décors minimalistes, sons qui surprennent, musique de fond qui s'entête: tout est choc esthétique chez Bob Wilson, jusqu'aux attitudes raides et improbables qu'il exige de ses comédiens. Et ça marche! Ariel Garcia Valdès, l'homme souple, l'homme-poète, chatoyant par excellence, se coule dans l' habit d'un rouge uniforme de Valmont où sa sveltesse retrouvée, son regard halluciné, le maquillage qu'il avait dans Richard III et sa voix - envoûtante, inimitable - font merveille. J'étais venue pour lui (principalement) et il était au-delà de mes espérances. En état de grâce, hypnotisant.
 
Je ne vous en dis pas plus. Mon seul conseil: lisez la pièce pour bien vous imprégner du texte (de toute façon magnifiquement mis en valeur) et de sa rage désepérée. Et allez-y, confiants!
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