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A propos des Illusions Comiques de Py

 


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A propos des Illusions Comiques de Py

n°1420
ermith
Profil : Novice
Posté le 26-09-2007 à 23:13:53  profilanswer
 

Hello,
 
Voici un point de vue sur Les Illusions Comiques d'Olivier Py, que j'aimerais bien confronter à d'autres lectures !
 
Les Illusions Comiques d'Olivier Py nous offrent avant tout un outil de réflexion autour de sujets qui font chair avec le monde du théâtre, comme par exemple le poids de la gourmandise d'un dramaturge, le rôle potentiel de l'univers non-dramatique dans une oeuvre censée l'être, ou encore l'hégémonie du clin d'oeil chic aux happy few. Le tout dans une langue aussi torturée que celle de la phrase interminable qui commence ce commentaire, et par le biais d'une vision dogmatique du "théââââtre" qui serait bien difficile à priver de ses accents circonflexes.
 
Seulement, ce qui peut arracher des bravos, c'est le caractère extrêmement rusé de ce spectacle, puisque ces interrogations critiques ne naissent que durant la seconde partie de la représentation. On peut même considérer qu'en plaçant l'entracte juste avant la scène de "la classe de jeu tragique", Olivier Py serait parvenu à un bipartisme quasi-absolu, créant ainsi deux pièces presque indépendantes l'une de l'autre, comme en miroir.
 
En effet, quand la première partie plaide pour la jouissance du jeu, le bonheur de dire, d'avoir la saveur des mots dans la bouche, même lorsqu'ils sont triviaux ; Quand la première partie raconte l'histoire d'un poète-Py qui aurait découvert l'humilité et se serait lavé de l'orgueil que le succès charrie inévitablement ; Quand la première partie fait rire aux éclats, donne le droit d'un théâtre qui jouerait à ne pas se croire tellement sérieux...
Eh bien, quand la première partie fait tout cela, la seconde le défait.
 
Le spectacle s'acharne à tirer sur les fils d'un pull tricoté par la première partie, pour en défaire les mailles, voir de près comment celles-ci sont réalisées, et finalement tout détruire.
 
Ce qui dans la première partie avait pu approcher ce fameux rêve d'un "théâtre élitaire pour tous" (merci Monsieur Vilar), on gomme après l'entracte le "pour tous", peut-être pour faire plaisir aux abonnés de l'Odéon qui aiment bien comprendre les références culturelles du spectacle et se sentir privilégié du même coup.
La deuxième partie, donc, foisonne de citations à peine voilées de Rimbaud, Mallarmé et autres. L'effet 2 en 1 est radical : les gens cultivés sont très contents d'avoir reconnu les bons mots, et pour les autres, ça donnera toujours l'impression que le texte d'Olivier Py est fort joli.
A cela s'ajoutent des private jokes encore plus private, puisqu'il faut être un initié de Monsieur Py lui-même pour les comprendre. Au détour de certaines phrases se glissent des allusions sur la dramaturgie de Monsieur, ses oeuvres passées, ses travers (ouh-ouh-ouh quelle autodérision, quelle humilité de rire de soi au milieu de cet étalage narcissique !), son credo, et j'en passe.
Là encore, la technique du coup de bêlier dans la première partie opère : à l'image du poète qui est devenu modeste, se substitue celle du poète imbus de son oeuvre, qu'il impose d'ailleurs par la suite de façon particulièrement dogmatique.
 
La seconde partie est principalement composé de longs laïus sur le théâtre. Les multiples mises en abyme peuvent à la limite laisser le bénéfice du doute sur le degré de sérieux des propos, seulement le manque d'indice tranché fait franchement lever le sourcil au spectateur.
Cette fois, c'est le théâtre comme cérémonie jouissive qui est mis à mal, et on a le sentiment qu'en exposant ses grandes théories, en s'emportant dans les mots, Olivier Py nous livre là toute une réflexion qui n'a pas de portée dramatique réelle, et qu'on vouerait plutôt à reposer dans d'épais ouvrages consultables en bibliothèque.
On voit réellement Py s'entendre écrire à travers ces terribles tirades. On assiste à l'éclosion d'un texte dont le seul enjeu serait de flatter l'ego de son auteur.
 
Pourtant, parfois, c'est comme si un peu de grâce s'échappait, comme si elle suintait de tout ce discours dogmatique, esclave de modes qui n'auront plus d'empire sur la scène, d'ici dix ans. Il y a alors des phrases que l'on garde pour soi, tout simplement, parce qu'elles n'auront pas eu besoin de mots compliqués et alambiqués. Pour ma part, je ressors de ce spectacle en me disant que "le théâtre, c'est la chambre qui cherche les amants".
Cela résume bien toute la difficulté de ce spectacle : choisir ce qu'on y prend, ce qu'on en retient.
Les aspects positifs de la représentation sont très importants, ils sont bien loin d'être absents. Cependant, ils sont contrebalancés par des éléments négatifs (ou tout simplement contraires) qui équilibrent la balance. Le verre est-il à moitié plein ou à moitié vide ? C'est un peu toute la question.
 
Pour une fois je préfère le remplir. Parce que la première partie m'a scotchée au siège, parce qu'il y avait Michel Fau, Philippe Girard, parce que j'aurais aimé être là sur cette scène, parce qu'il y a cette phrase très belle que je garde au chaud.
 
Seulement, en sortant de ce spectacle, après qu'on m'ait asséné durant trois heures des définitions du théâtre, je me demande à quoi ressemble justement ce théâtre, une fois déshabillé de toutes les couches artificielles qui le composent. Quel est le visage du théâtre atemporel et universel ?
Je rêve d'assister un jour à un talent vierge, un don de soi qui ne serait pas encore entâché, pas encore embarrassé de toutes les courbettes qu'on aurait pu lui faire...

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n°1432
grospapill​onrouge
Invité
Posté le 16-10-2007 à 21:44:12  answer
 

oula, cher ermith, tu en as des choses à dire sur le spectacle.
 
Flu avait chroniqué la pièce lors de son passage au Rond-Point
http://www.fluctuat.net/3124-Illus [...] Olivier-Py
 
et il y avait même eu un interview du bonhomme
http://www.fluctuat.net/3108-Olivier-Py

n°1433
mable
Invité
Posté le 21-10-2007 à 14:53:57  answer
 

pompeux
mais surtout bavard  bavard  bavard
et le lancement ne correspond même à rien
digne à peine d'un club de vacances
rendez nous Georges
 
quoi...  c'est ça le Théâtre de l'Europe.....
(bon, c'est vrai, on avait déjà eu l'affaire de la rue lourcine et la base je ne sais plus quoi

n°1457
NATHPASS
"spectactrice"
Profil : Novice
Posté le 18-11-2007 à 19:09:06  profilanswer
 

Alors donc entre les nostalgiques de Monsieur Georges Lavaudant et notre cher ERMITH qui écrit à son tour les illusions des illusions...
et qui boude son plaisir qu'y a t'il ?
Du plaisir du jeu et du texte de la poésie de la provocation et de l'intelligence
c'est avant tout du théâtre intelligent
avant je le trouvais jeune  
mais les années ont passées et rentrer à l'Odéon c'est comme se marier  
ça donne un coup de vieux mais il se rie des apparences le fils unique slitaire intempestif
Ces ILLUSIONS COMIQUES c'est une fête incroyable aux acteurs au théâtre et je comprends mon cher Ermith que tu aurais aimé être sur scène avec Michel Fau et Philippe Girard c'est beau les acteurs y font merveille
mais voilà être acteur c'est aussi savoir être patient observateur enmagasiner
pour redonner, c'est avant tout avoir l'impertinence de la singularité et laisser à autrui sa singuralité s'exprimer.
Py (voir la Servante) n'est pas un piqueur de proses ou vers un pasticheur
c'est un amoureux fou de théâtre, c'est aussi "un vampire" il se nourrit du sacré et de la parodie
mais à la tombée du rideau il se retire... change de travestissement  
c'est pas tout de savoir jouer  il faut savoir regarder les autres jouer
 
Je ne me souviens pas aussi bien que toi du spectacle  
 Mais à la fin de la seconde partie, je n'ai pas ressenti comme toi: un envers d'un endroit, un vice et un versa, une première et une seconde partie ; les 100 phrases(j'ai même acheté le petit livre) contrairement à d'autres de mes amis, elles m'ont beaucoup plu :
 
je vous en redonne quelques aperçues :
 
"Le théâtre est la présence réelle d'une absence
Partout la mort règne : au théâtre elle n'est qu'accessoiriste
Le théâtre est la chambre qui cherche les amants
Le théâtre est l'espace où désirer est déjà un acte
Le théâtre est sans précédent
Le théâtre est cet amant d'un soir qui dit "Oublie-moi et je te serai rendu"
Le théâtre est récompense de n'avoir rien attendu"
 
bien à vous et faites vous l'offrande d'y aller d'y retourner au théâtre... encore et malgré et envers et contre tout...


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