Quand je parle de révolutions, je parle plus précisement des héritiers de Brecht et du Berliner Ensemble.
Je ne vais pas refaire une histoire du théâtre dans ce post en citant tous les exemples de déconstruction des textes et des méthodes de théâtre à partir des années 20 (théâtre dada et surréaliste, Artaud, etc.) jusqu'aux années 70 (agit-prop, performances, Living Theatre, etc.), mais pour préciser ce que je disais, j'ai l'impression que les dramaturges français de l'après-guerre sont passés un peu à côté des pistes de travail passionnantes posées par Brecht et ses disciples et sont restés enfermés dans un vision très lisse et très formatée de l'écriture théâtrale. Même Tchekhov (mort en 1904), de mon point de vue, est plus révolutionnaire que Sartre.
Ceci étant dit, je parle ici de forme. Comme je le disais dans mon premier message, je ne remets absolument pas en cause la pensée de Sartre et j'ai aussi beaucoup de respect pour l'invention de l'existentialisme ainsi que les prises de position politiques du personnage public. Je m'étonne simplement qu'un individu pareil n'ait pas matérialisé dans la structure de son théâtre ce qu'il a affirmé fortement dans d'autres domaines.