je ne voulais pas dire qu'il s'agit d'un spectacle de mime. J'ai dû mal m'exprimer, mais quand la voix off dit que X est en train de dire quelque chose à Y et pendant ce temps là, X lève le bras, bouge les mains etc. vers Y, ne peut-on pas dire qu'il mime l'action ? (pardon, le français n'est pas ma langue maternelle)
En ce qui concerne le côté moralisateur, voici MON impression :
c'est un fait divers qu'on nous raconte. Une maman tue son enfant car des voix lui ont fait comprendre qu’il fallait le faire.
Ca se passe dans un milieu social pauvre. La seule possibilité de faire quelque chose de sa vie est le travail. Le travail en usine, bien évidemment, et à la chaîne.
Or, le travail à la chaîne détruit l'homme, ne serait-ce que physiquement. On nous montre la narratrice/travailleuse à moitié handicapée car elle exerce ce précieux travail.
Et puis, les gens ne savent plus se parler. La famille n'est plus un réconfort, car on ne se comprend plus. L'impossibilité de communication. Chacun devant sa télé.
Les hommes politiques sont des "entertainers", ils nous font pisser de rire en racontant des blagues et ils nous font taire en chantant des aires d'opéras et de belles chansons.
Oui, en effet, il y a du potentiel pour que ça paraisse un peu moralisateur.
D'autant plus que contrairement à un film de Ken Loach par exemple, le récit est raconté avec un maximum de distance et de froideur à travers la voix off monotone de la narratrice, la bande son en continue, ces comédiens sans voix qui agissent comme des ombres, des marionnettes. Et les lumières mettent le tout dans une ambiance de rêve flou, les personnages ne deviennent pas "chair", on reste extérieur à l'histoire, on n'a pas le droit de « s'approcher »... Par rapport aux sort de tous ces gens, on reste indifférent car à force de vouloir faire du cinéma sans pouvoir utiliser les "gros plans", cela peut paraître un peu caricatural.