Bon, je vais vous raconter la vraie histoire du tango, les gars, absolument authnetique je tiens à le préciser, je la tiens de deux amies argentines (une musicienne et une danseuse).
Vous parlez tous d'Espagne, mais faudrait voir à pas se pencher sur les influences européennes évidentes (flamenco, essentiellement), mais plutôt sur ce qui fait l'originalité, l'histoire à proprement parler du tango.
Le tango est né dans les faubourgs craignos de Buenos Aires. Les rixes et les réglements de compte étaient nombreux, forcément, et souvent les mauvais garçons, faute de discrétion, se retrouvaient en taule. C'est alors qu'ils eurent l'idée (à l'instar des esclaves qui furent à l'origine de la capoeira) de dissimuler leurs affrontements sous des airs de chorégraphies. Ils ne tenaient plus leurs couteaux à la main, mais les fixaient à la pointe de leurs chaussures, ce qui explique la grande complexité des passements de jambe du tango. Ainsi, ils pouvaient se taillader allégrement sans attirer l'attention de la poulaille.
Mais le sang qui ne manquaient jamais de couler était loin d'être bon pour les affaires. N'en pouvant plus de voir leurs clients bourgeois et aristos verts de peur déserter leurs quartiers, les péripaprostiputes, à défaut d'être aussi fortes que les lascars régleurs d'ardoise au surin, en avaient bien plus dans la caboche. A chaque début de danse/duel, elles venaient se mettre dans les pattes des louffiats, et désamorçaient le combat sanguinaire en enchainant sur les pas de celui qui d'adversaire, passait au statut de partenaire. Ce sont ces grandes dames qui ont fait d'une danse abjecte de machos limite homos refoulés une des danses les plus sensuelles du monde, et éminnement mixte.
Les couteaux furent relégués aux manches ou à la ceinture, comme au bon vieux temps, et très vite la jeunesse plus ou moins dorée de Buenos Aires démocratisa cette danse qui, pendant très longtemps, eut très mauvaise presse auprès des bonnes familles argentines et des plus vieux, parce qu'après tout, c'est historiquement vrai, ça n'est rien d'autre qu'une danse des bas-fonds, une danse de putes et de mauvais garçons.
J'espère que cette histoire vous a plu, parce qu'elle est autant jolie que vraie.
Foi de moi, et cette fois, c'est pas des conneries.