J'entends moi aussi votre propos mais j'avoue être resté de marbre devant cette énième figure (pour le coup très figurative) du corps qui naît... de la glaise gélatineuse. (Dans une figure comparable, une table et un auto-accouchement, j'ai largement préféré Ilke shonbein dans la série des "mamans fatales" dernièrement oui).
Enfin, concrètement, c'est une figure vue et revue, qui à mon sens pouvait difficilement provoquer quelques chose à moins d'être au premier rang, quant à cette femme noire debout sur la paille, oui ben non, d'une simplicité naïve extrêmement signifiante, j'attendais autre chose de castellucci... Dans un pièce traitant si ouvertement de l'Histoire de la femme, cette femme noire portait déjà en elle une hsitoire qu'il n'était pas nécessaire de me souligner. Pour être un peu polémique, quand je vois un spectacle où l'on m'énonce aussi clairement ce que je dois voir et comprendre, je me dis d'une part qu'on me prend pour un imbécile, d'autre part que le propos de l'artiste faiblit... Et puis je veux revenir sur ce rayon laser qui sort du mur, à jardin, et vient frapper la tempe de la jeune femme: oui l'image est belle, quelques secondes... pas beaucoup plus si elle n'évolue pas, si l'on n'en fait rien. En règle générale, j'ai trouvé que les figures, les images proposées ne se fermaient pas, n'étaient pas ponctuées, et le glissement de l'une à l'autre donnait alors plutôt le sentiment d'une succession de tableaux incohérents.
L'incursion de l'Histoire a-t-elle un intérêt en tant qu'incursion? Etait-ce une incursion de l'Histoire que de faire apparaître au final, comme une figure majeure qui aurait gouvernée dans l'ombre tout le spectacle, le portrait géant de... Hegel si j'en crois la plaquette d'accompagnement. (Là j'avoue, je connais le tableau, mais un nom?) Enfin, j'ai trouvé ça... très lourd, et plat. ET je le répète, une grosse déception!
Je me permets de revenir sur votre article:
"le terrain problématique privilégié de Romeo Castellucci et de sa troupe la Societas Raffaello Sanzio : la scène est le lieu de surgissement de l’être, de l’être théâtralisé, en un mot du geste."
Excusez, je ne comprends pas, il me semble qu'il n'y a rien d'anodin à ce qu'une scène de théâtre soit le lieu de surgissement d'un être théâtralisé justement, non? ce n'est pas là sa place habituelle? N'est-ce pas une conséquence de la scène que l'être sur scène soit théâtralisé? Je suppose que vous signifiez autre chose, mais je n'entends pas...
"le spectacle est une énigme indéchiffrable que chaque spectateur est invité à prendre à charge." dites-vous... nous inviter à exercer notre position de spectacteur ne justifie pas nécessairement de l'intérêt du spectacle, par ailleurs, pour revenir sur l'image de la femme noire sur la paille, qu'y voyez vous d'indéchiffrable, que voyez-vous d'indéchiffrable à la femme battue par une foule d'homme et qui devient martyre? le propos n'est-il pas d'une franche clarté?
Enfin: "ces visions sont irréductiblement politiques dans la mesure où elles confrontent le spectateur à la violence de l’Histoire, à la femme martyr ou martyrisée, au corps noir enchaîné. Autant de spectres qui hantent notre époque et que Castellucci remet, comme autant d’énigmes, sur le devant de la scène." Ne seraient-elles pas, ces visions plus historiques, que politiques...? Je ne sais pas, je veux bien admettre une dimension politique mais qu'on me précise la chose...
Désolé pour cette réponse (bien trop longue) et merci pour ce site!