| @bstr@it |
Je suis allé au deux. Et je serais encore plus acerbe quand à tout l'apparat dont c'est encombré les deux expositions. Commençons par "Notre Histoire...", titre déjà très provocateur à mon goût. Nationaliste et républicain à souhait. En France on a un véritable problème, un gros problème, qui t'en qu'on ne s'en sera pas débarrassé, nous empêchera d'avancer. On enterre les oeuvres avant même qu'elle n'est eût le temps de naître et "Notre Histoire...", par le choix de ce titre, symbolise tout à fait un phénomène, pour le coup, très national en effet. Par cette volonter inébranlable de vouloir à tout prix tout archiver, on étouffe la création, d'une double manière.
Premièrement contrairement à ce qu'affirme implicitement l'exposition, une oeuvre, avant d'être un patrimoine dont la nation doit se réjouir et être fier, doit vivre, (s')exprimer. Les artistes présentés sont contemporains et posent des problématiques qui nous touchent et doivent être vecu comme au temps présent. Donc ce n'est pas du tout un travail a contemplé avec un regard rétrospectif toujours conquis d'avance (là pour le coup c'est loupé et c'est dommage, je reviendrais dessus), mais avec un esprit critique digne de celui d'un contemporain de l'artiste, qui vit dans la même société, ce qui est le cas. Or vous admettrez qu'au niveau de la réception du message esthétique de l'exposition, tout n'est pas gagné.
Deuxièmement en archivant ainsi quasi-instanément le travail de l'artiste, certains, par le phénomène de starisation très français que l'on connait, vont vite devenir des artistes nombrilistes n'ayant vite plus rien d'intéressant à dire plastiquement. Non?
Ceci dit pour moi, dans l'exposition il y avait des oeuvres tout à fait pertinente, qui intérroge réellement la société d'aujourd'hui, bien réelle, loin de l'histoire féérique dans laquelle on souhaitait nous bercer, en effet, le parti-pris du parcours ou des oeuvres merveilleuses et ludiques (parfois digne d'une aire de jeux) très majoritaire dans l'expo témoigne elle aussi, malgré elles, de l'horreur d'une société face à laquelle on souhaite détourner le regard, pour retourner vivre dans nos rêves d'enfant.
Après je pense que la couverture médiatique de TF1 n'est pas que négative, cependant le message de l'exposition, tel qu'il est formulé par son titre, est très ambigüe et mérite discussion.
Poursuivons avec "Ultra peau", inutile de s'atarder plus longtemps sur le mescénat de Nivea. C'est une expo filtré, censuré d'avance, c'est clair. Cependant je pense qu'il y avait tout de même des dispositif et des oeuvres intéressante.
Sans le faire exprès, Duke, tu dévoile l'aspect intéressant, malgré elle, de l'exposition. Tout est dit dans cette mini-compilation de citation :
Citation :
sponsorisé par une marque de crême hydratante qui nous veut du bien...on recherche avant tout la scoliose du spectateur...ou la conjonctivite
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Malgré l'instrumentalisation que l'on souhaitait faire de lui, l'art a, encore une fois, réussit à échapper au contrôle de ceux qui souhaitait le maîtriser.
Quelque chose dans l'exposition nous incite à croire le contraire du message pourtant bien étudié de l'expo : non, NIVEA nous ne veut pas du bien. Effectivement les images proposées nous montrait un corps beau, parfait, aseptisé, même les maladies de peau étaient super esthétisées, mais le dispositif, lui, maltraitait les corps des spectateurs. Ce qui est une opposition, qui peut être prise en considération pour l'analyse de l'exposition. Car en effet, le spectateur était obligé d'accomplir une certaine gymnastique pesante et fatiguante pour voir les oeuvres. Et puis même, vous avez remarqué cette chaleur, et ces odeurs parfois difficile à respirer? Qqch a donc bel et bien échappé à l'atmosphère zen de l'expo. On ne fait pas mentir les oeuvres.
Enfin c'est une interprétation personnelle qui peut être discuter. Bien sur mais je trouvais c'est opposition involontaire très intéressante.
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