| Sandra_ |
richard h a écrit :
d'acc'.
mais toi, toi Sandra, tu en penses quoi?
et aussi :
tu parles d'art moderne; est-ce que c'est différent s'agissant d'art contemporain?
je peux confesser un truc :
je sais pas très bien ce que peut être le "sens". la raison d'être?
est-ce qu'on peut penser ou attribuer un sens général à l'art; plutôt que toutes sortes de sens à chaque oeuvre.
admettons : les oeuvres d'art ont chacune, individuellement, des tas de sens, des tas de raisons d'être que l'on peut percevoir dans l'oeuvre (masculin) de l'artiste, dans son expression ou dans les conditions de perception de l'oeuvre (féminin). tout ça multiplié par les capacités sensibles et intellectuelles des spectateurs égale... okay, autant de regards que de regardeurs.
mais quel serait, à ton avis, le sens de l'art?
nota bene, pour plus de commodités, je propose que le champ artistique se tienne entre moscou et los angeles (dans le sens indiqué), de 1880 à nos jours.
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A savoir les théoriciens reconnaissent que les oeuvres d'art (littérature,arts plastiques) peuvent, être interpétrées selon quatre sens : littéral (ce qui est représenté), allégorique (ce qui est symbolisé), moral et analogique (qui renvoie à une réalité spirituelle).
Parler du beau en art, c'est tenir compte de deux point de vue : celui du spectateur et celui de l'artiste, points de vue qui peuvent se trouver en opposition. L'artiste n'a pas à faire plaisir au spectateur, il n'a pas à se conformer aux goûts d'une culture et d'une époque. Son but premier est la création, quels que soient les sujets et les formes qu'il adopte, et son univers, dès l'instant où il réussit à l'exprimer, est beau.
Les esthéticiens parlent parfois de "l'achèvement" et de "l'ouverture" de l'oeuvre d'art, pour éclairer ce qui ce passe au moment de la consommation de l'objet esthétique. Une oeuvre d'art est d'un côté un objet on peut retrouver la forme originelle, telle qu'elle a été conçu par l'auteur, à travers la configuration des effets qu'elle produit sur l'intelligence et la sensibilité du spectateur : ainsi l'auteur crée-t-il une forme achevée afin qu'elle soit goûtée et comprise telle qu'il la voulue. Mais d'un autre côté, en réagissant à la constellation des stimuli, en essayant d'apercevoir et de comprendre leurs relations, chaque spectateur exerce une sensibilité personnelle, une culture déterminée, des gôuts et des tendances, des préjugés qui orientent sa jouissance dans une perspective qui lui est propre. Au fond une forme est esthétiquement valable, justement dans la mesure où elle peut-être envisagée et comprise selon des perspectives multiples, où elle manifeste une grande variété d'aspects et de résonnances sans jamais cesser d'être elle même. (pour exemple)
Un panneau de signalisation ne peut au contraire, être envi-sagé que sous un seul aspect : le soumettre à une interprétation fantaisiste, ce serait lui retirer sa définition. (Alors que au contraire)
Le dictionnaire comporte des milliers de mots avec lesquels chacun à toute liberté de composer des poèmes, des traités de physique, où des lettres anonymes. Il est en ce sens ouvert à toutes les compositions possibles du matériau qu'il propose.
Voilà, pourquoi je pense que l'oeuvre d'art n'a pas de sens déterminé. L'esthétique moderne conçoit des oeuvres ouvertes, dont le sens peut-être modifié à volonté. Le kaleidoscope, est un exemple.
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