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Sujet : Jan Fabre : expo à Paris |
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la littéralité c'est un ressort du poétique? |
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les goûts de richard h c'est par exemple un dessin de bruce nauman : please pay attention please, ou alors...mmmh, quoi que ce soit qui sollicite les deux lobes du cerveau du public : la sensibilité ET le langage. le problème, bel aveu, de richard h c'est aussi d'avoir été très proche de jan fabre, spontanément enthousiaste (de l'iliad of the bicart par exemple, des performances de gand aussi) et de n'avoir trouvé qu'un avorton aussi ambitieux qu'aigri sur le territoire des arts plastiques. particulièrement macho et rétrograde, un truc terriblement décevant que je peux révéler aux amateurs de jan fabre (version arts plastiques) : il ne sait pas démonter un bic.
Les sculptures composées d'insectes sont là pour flatter le goût bourgeois, à commencer par celui de la reine fabiola (falbiola?) en l'anesthésiant de trucs qui brillent, de trucs qui sont morts, de trucs devant lesquelq on peut rester bouche bées en se disant (à plein régime) ohlalalala, quel boulot, quel travail, si l'on a du travail une conception strictement laborieuse. Jan Fabre essaie d'émerveiller l'écervelé en lui exposant des sacrums dorés à la feuille et en révélant le grand mystère : il n'y a pas deux sacrums les mêmes. jan fabre n'a jamais regardé une feuille d'arbre, ni un gravier, ni qui que ce soit d'ailleur. jan fabre est une sorte de cerise sur le gâteau du smak, un truc décoratif pour attirer le chaland.
il y a donc aussi des choses que j'aime. please pay attention please. dire que je les aime c'est très injuste à l'endroit de mon fils et de mon épouse. il y a des choses de l'art qui m'intéressent, qui m'aiguisent le regard sur le monde, qui m'affùtent la pensée.
dont : le musée précaire de Thomas Hirshornn.
on continue? |
| @bstr@it |
Jan Fabre réussit merveilleusement à explorer et exploser son corps, le corps. Dans le sens où de cet éclatement intestinal naît un monde (un entre-deux, effectivement) emprunt de poésies et d'acides réalités. Ecrire avec son sang, écrire avec ces larmes, puis annoté les conditions dans lesquelles ont pu être extirpé ces liquides, voilà l'intelligence plastique de l'artiste qui donne, par cet acte vitale et artistique, une couleur à cette réalité grise, morte, empaillée, accroché, mise en table. Sauf qu'à la place d'aller se goinfrer au sinistre banquet du monde éternellement décapité par ces violences (Sainte Cène diabolique auquel ne sont conviés que le pouvoir et les privilégiés), peut-être faut-il se méfier du "Festin nu" que nous propose les dirigeants (et combien de temps encore nous laisserons-nous diriger?), peut être même qu'il est temps de réanimer "der zet".
Je n'ai pas vu l'expo, mais les oeuvres présentées m'ont l'air, encore une fois, d'une grande qualité esthétique. |