La France a du mal avec les sponsors, il paraît.
A Londres, derrière la scène du théâtre Shakespeare, tu vois le nom de tous les sponsors sans que çà gêne personne (en même temps, l'Angleterre est pro-libérale).
J'avoue que moi çà me fait très bizarre de voir, pour ne citer qu'un exemple, un Boulez sponsorisé par Total.
Bon mais ne rêvons plus, l'art contemporain est aujourd'hui sponsorisé (qu'on le veuille ou non) par de grands industriels. Donc pourquoi se le cacher? Autant le montrer.
Après c'est vrai que je trouve, moi aussi, qu'il y a quelque chose de profondément malsain derrière tout çà, malgré tout c'est un retour de flamme assez logique et assez prévisible. L'histoire le montre : Lénine n'a-t-il jamais participé aux capitalismes au moment où il était au pouvoir?
Le système capitaliste est absolument parfait, il enrichie les anti-bourgeois grâce à la notoriété et à une certaine forme de pouvoir médiatique? C'est comme çà qu'on tue un mouvement, une pensée, c'est comme çà qu'on a tué le rap, c'est comme çà qu'on tuera l'art contestataire (si ce n'est pas déjà fait, cf. Nan Goldin).
Dans le passé, les philosophes parlaient de "l'être" comme preuve de l'existence et présence individuel au milieu du collectif, aujourd'hui il est peut être temps de parler de "l'être à l'image", non? Dans l'esprit de la majorité, pour exister il faut passer à la télé (reality TV), être dans le journal, être exposé dans un musée, etc...
Pour exister il faut des sponsors, c'est TF1 ou M6 ou même Art press qui te fait exister aujourd'hui.
Je veux dire, que même pour un artiste engagé un moment donné il faut faire un choix : soit tu produis sans que ton oeuvre soit vue (le message ne peut donc pas passé ou difficilement), soit tu veux faire passer ton message et là tu as besoin d'autorisation, de subventions et de sponsors. Ce qui fait que parfois tu assiste à des choses assez absurbe comme une oeuvre qui critique la pollution présentée grâce au mescenat de Total ou une critique du capitalisme financée par microsoft. Bon là, je caricature, mais on m'avait parlé d'une histoire de ce type qui était vraiment débile. D'ailleurs il y a un livre qui traite du sujet : Rainer Rochlitz, Subversion et subvention.
Enfin j'attends l'arrivée de Richard H qui nous renseignera surement mieux que moi sur le fonctionnement muséal avec les sponsors.
Message édité par @bstr@it le 15-07-2007 à 11:56:09