Il vient de passer sur France 3. En résumé, il y a une crise de l'avant-gardisme. Yves Michaud dit tout est art donc rien est art, puisque ce qu'on voit dans les musées, on peut le retrouver dans la rue. En gros l'art serait devenu un banale pastiche de la vie quotidienne, ou en tout cas des habitudes de vie quotidienne. Paul Ardenne dit qu'il demeure néanmoins un avant-gardisme dans la scène artistique aux pratiques extrêmes qui nient l'académisme ambiant des expo-parc d'attraction-rave partie. Il a extrêmement bien défendu le travail de gens comme Bob Flanagan qui veulent exprimer ce que la société refuse de voir, et qui participe pourtant tout autant à la vie c'est à dire ; la souffrance, la mort. Ces artistes ne recherchent pas à mimer la vie quotidienne et banale eux, ils ne cherchent meme pas à montrer leur petite vie intime, il exprime artistiquement des émotions intérieurs, des affects dans des performances ultra-expressives.
Je citerais Nietzsche pour terminer (26) :
(In Nietzsche, Le gai savoir, traduit par Pierre Klossowski, collection folio/essais, éditions Gallimard, Paris, première édition 1956, 1982.)
Dans le livre premier :
"Que signifie vivre? - Vivre - cela veut dire : rejeter sans cesse loin de soi quelque chose qui tend à mourir ; vivre - cela veut dire : être cruel et inexorable pour tout ce qui en nous n'est que faible et vieilli, et pas seulement en nous. Vivre - serait-ce donc : être impitoyable pour les agonisants, les misérables et les vieillards? être sans cesse un assassin? - Et pourtant le vieux Moïse a dit :
"Tu ne tueras point!""
Qui est ce qui est le plus violent? L'artiste qui s'exprime sur son corps, ou celui qui lui interdit de montrer son unique rapport au monde vivant, le même qui refuse d'admettre la souffrance de l'autre.
A mediter.
Message édité par @bstr@it le 16-11-2006 à 01:27:00