Je te renvoie à mon topic sur Teresa Margolles.
Néanmoins, si je peux me permettre d'émettre un avis, le gore n'a plus, depuis les années 90, réellement de pertinence. Aujourd'hui des milliers d'ados s'extasient devant l'effusion d'hémoglobine, les serials killers, etc... (voir le succès de films comme "Hostel" ). Le sexe et la violence font vendre, donc c'est du marketting économique et artistique à l'état pure (selon moi).
De plus, pour les plus sensibles, à part créer un art totalement imperméable, qu'a pu produire un artiste qui sculte gratuitement le gore?
Moi je pense au contraire que depuis les années 2000 (enfin un point artistique positif depuis l'an 2000), on commence à maîtriser cette violence et en faire un usage plus pertinent, plus poétique et donc plus sensibilisant aussi (non plus dans le rejet ou la délectation visuelle, mais dans la réflexion spirituelle active et non religieuse).
Quand je parle d'échec de la forme ; je veux dire par là que toutes les avant-gardes n'ont pas révolutionné le traitement esthétique d'une oeuvre par souci de l'ornementation, par souci de créer un "nouveau beau". Non la plupart du temps ils l'ont fait par rapport à un situation politique bien précise (je pense aux constructivistes, aux dadas, aux surréalistes, à l'expressionnisme allemand, l'expressionnisme abstrait, le nouveaux réalisme, fluxus, etc etc.) L'art moderne et post-moderne a voulu "charger la vie" à travers une réflexion esthétique de la forme. Je dis qu'il a eu échec car finalement la société est resté la même. Donc aujourd'hui il faut tenter autrechose, et je crois beaucoup en une sphère participative du spectateur dans le cadre de la réalisation d'une oeuvre, je crois qu'il y a un réel impact politique, on dit aux gens : ne soyez pas passif et contemplatif, agissez!!! (c'est très politique non?). Il faut inciter les gens à agir au sein de l'oeuvre comme dans la vie. Voilà en quel terme je parlais d'échec de la forme ; pour embrailler sur une nouvelle logique de l'art.
Alors la violence, certes, est une forme artistique à la mode. Mais comme le beau, comme le lisse, est-elle réellement pertinente? Va-t-elle marquer les esprits autrement que par son coté spectaculaire? Le gore c'est un peu le freakshow de l'art. C'est montrer pour montrer, c'est l'esthétique de la surface : qu'elle soit lisse ou écorché, c'est la même chose, la vraie révolution se déroule toujours en profondeur.
C'est du moins mon avis.
Message édité par @bstr@it le 04-05-2007 à 13:57:18