Je ressors triste, mais peut être est ce encore là à cause de ma passion éffrénnée pour la création (artistique mais pas seulement), de constater que pour calmer l'élan génial de certains artistes qui résonnent et vibrent encore aujourd'hui - c'est à dire des années après l'émission d'une oeuvre souvent trop dure à déglutir - il faut dire que cet artiste est fou.
"Ah ben s'il est fou, on comprend". Et la pillule passe trop facilement. Non il n'était pas fou. Il faut lutter contre ces idées. Car c'est fuir l'explication rationnelle de leur démarche. Pire, cela cache peut être l' incompréhension contemporaine de nos société socialement et culturellement en recul.
Non pas que les gens deviennent ou soient devenus idiots - çà n'a jamais été le cas - mais que nous soyons tous mal gouverner, puis fatalement mal éduquer à vivre.
Forcément, expérimenter en art impose le recours en force à l'"inquiétante étrangeté" [Freud] et la plongée dans l'anormalité. Si l'on reste constamment dans le même (le moralement compréhensible), sans même aucun devenir (le cycle nietzschéen), comment peut-on évoluer?
Est ce aider les gens a accédé à l'oeuvre que de dire que leurs producteurs étaient fous? Non, c'est les DETOURNER de l'oeuvre, et les empêcher de comprendre. On prend le problème de l'accessibilité de la mauvaise manière.
Voilà donc, je pose la question franchement : est ce que dire que le "génie" est fou permet une meilleure compréhension du lambda?
Pour moi c'est une facilité. Il vaut peut être mieux prendre le problème que pose une oeuvre à bras le corps, et s'épuiser à expliquer un travail même si l'on risque de ne pas obtenir l'adhésion de tous. Mais peut être que je me trompe...
Message édité par @bstr@it le 13-02-2007 à 13:57:15