Jan Fabre réussit merveilleusement à explorer et exploser son corps, le corps. Dans le sens où de cet éclatement intestinal naît un monde (un entre-deux, effectivement) emprunt de poésies et d'acides réalités. Ecrire avec son sang, écrire avec ces larmes, puis annoté les conditions dans lesquelles ont pu être extirpé ces liquides, voilà l'intelligence plastique de l'artiste qui donne, par cet acte vitale et artistique, une couleur à cette réalité grise, morte, empaillée, accroché, mise en table. Sauf qu'à la place d'aller se goinfrer au sinistre banquet du monde éternellement décapité par ces violences (Sainte Cène diabolique auquel ne sont conviés que le pouvoir et les privilégiés), peut-être faut-il se méfier du "Festin nu" que nous propose les dirigeants (et combien de temps encore nous laisserons-nous diriger?), peut être même qu'il est temps de réanimer "der zet".
Je n'ai pas vu l'expo, mais les oeuvres présentées m'ont l'air, encore une fois, d'une grande qualité esthétique.
Message édité par @bstr@it le 13-02-2007 à 19:12:15