Je suis assez d'accord avec sofika. Cette boîte posée sous la nef du grand palais ne rend pas honneur aux magnifiques pièces exposées.
La scénographie est confuse et le tout est nappé d'une musique se voulant aquatique et qui n'est que funèbre. Le noir étant la dominante de l'ensemble, je vous laisse apprécier la joie de vivre de l'ensemble....
mais si c'était tout...non seulement vous serez content de faire la queue pendant une heure (voire plus), mais vous serez ravi de la visiter à température extérieure...et oui, quand il fait zéro à l'extérieur, il fait bien zéro à l'intérieur. Quand on sait que le prix d'entrée est à douze euros, ça commence à faire mal à son egyptomanie....
enfin, quand vous réussissez à entrer, vous vous procurez le petit guide de l'expo (une arnaque à trois euros : n'y touchez pas !) - vous y accédez - enfin, le marquage est un peu confus et beaucoup (dont moi) se retrouvent devant la librairie (mais j'y reviendrai) - donc vous y entrez...la foule qui a attendue avec patience avec vous est là aussi - et tous vous essayez de lire les très interressants textes placés au ras du sol baignés d'une lumière confuse...vous vous dites que ce sont des fouilles exceptionnelles et blablabla, enfin vous le bégayez de froid en exhalant de la buée... vous vous arrêtez devant la magnifique Arsinoe, drapée d'une toge aux magnifiques plis, malheureusement sans tête, et vous apprenez que Canope était un peu la Las Vegas de l'époque, et que vraisemblablement il y a avait des concours de toges mouillées.
Pour vous remettre de vos émotions et de vos élancements au cou à force d'essayer de tendre la tête pour dépasser la forêt de nuques, vous vous dites que quelques secondes assis devrait le faire..et là, surprise, pas d'assises - ou si peu qu'elles sont prises d'assaut...on aurait même assister à des débuts de pugilats pour s'approprier le fameux siège...
C'est donc dans cette foule déambulatoire que vous commencez à songez que tout ça c'est bien beau, mais qu'il y un arrière goût pas agréable-agréable...
Certes la fondation Hilti qui a financée la décennie de fouilles, doit bien vouloir se payer sur la bête, pourquoi pas...mais pourquoi afficher un tel mépris du visiteur ? ne serait-il qu'un porte-monnaie sur pattes à qui l'on peut tout faire avaler ? Certes, l'exposition est un succés - un agent me disait que les 350.000 entrées avaient été atteintes...quand on sait qu'à Berlin, lieu de la premiére, 500.000 pélerins s'y étaient transportés - on dit respect...l'exposition s'achevant avec l'hiver, les scores devraient s'affirmer monstrueux...à la grande joie des comptables du mécène...alors pourquoi vouloir s'acharner à faire rentrer le plus de monde possible, dans des conditions qui ne donne que l'envie de traverser l'ensemble au pas de charge, ,pour se retrouver sous les radiants bienvenus du café egyptien, ou l'on vous déleste, encore de quelques euros...
et là, avec vos compagnons d'infortunes vous vous dirigez vers la librairie ou le choix se limite à trois revues, un bouquin de cuisine egyptienne anécdotique et un monstrueux catalogue tant au niveau du prix, qu'au niveau du poids - que l'on veut à tout prix vous fourguer, puisque l'on bute littéralement sur une palette en voulant atteindre la sortie...le hard discount dans une exposition à vocation internationale ! là, on atteind des niveaux inespérés...on jette un coup d'oeil aux cartes postales voletant dans les courants d'airs réfrigérants...et l'on se souvient que Franck Goddio, archéologue en chef et commissaire de l'exposition, doit garder un souvenir ému de son passé d'analyste financier international, des pages saumons du Figaro, et un amour immodéré du chiffre d'affaires...
Pour se consoler, vous traversez la rue et vous faites une entrée triomphale (et gratuite) au Petit Palais, délicieusement déserté ce jour glacial, de février...
Khepri