Ben çà t'en fera un qui sait pourquoi il a aimé (ceci dit, toi par contre tu n'as tjs pas expliquer pourquoi tu n'as pas aimé) :
En ce qui concerne Inland Empire, la grande répétition, la grosse différence, la grande rupture est l'expérience de la durée. Celle-ci est très audacieuse puisqu'il ne s'agit pas de trois heures d'histoires, il ne s'agit pas non plus trois heures d'action comme dans Harry Potter; ce qui aurait été plutôt banal. Non il s'agit de trois heures de perditions, trois heures de double enfermement (enfermé dans la salle de cinéma, erfermé avec l'héroïne dans son labyrinthe mental, n'arrivant plus à trouver l'issue de son délire). L'expérience visuelle est intense et violente, elle éprouve les sens du spectateur. Car il s'avère que la durée et l'absence de narration (qui est un point auquel on arrive un moment donné dans le film) sont toujours une certaine manière de cuisiner le regardeur, le faire marriner dans son besoin d'issue, son besoin de sens. Et bien là non, Lynch joue avec la compréhension (l'incompréhension) du spectateur jusqu'au bout.
Oui, David Lynch a usé d'une certaine forme de saturation : saturation de plans différents, saturation d'espace différent, saturation d'ambiance différente, saturation de personnage différent. En effet, c'est un choix plastique plus que cinématographique. Il ne s'agit plus d'un film fini, mais d'un b(r)ouillon dans lequel toutes les idées se mélangent, sans produire de structure sur laquelle construire une histoire (un trame) : ceci dans le but d'immiter le procédé complexe et illogique de l'activité mentale : ce film n'est rien de plus (ni de moins) qu'une projection de l'inconscient. Nous ne sommes pas dans le rêve, nous sommes en plein milieu du processus de création (au sens large), dans une matrice de formes et de "larves d'idées avortées", c'est à dire dans une peinture en mouvement.
Je pense qu'il s'agit là, je le répète, d'un aboutissement de l'oeuvre de David Lynch. Les recherches plus ou moins prononcés qu'il a effectué jusque là n'était que les prémices de ce qui allait devenir un grand "Inland Empire" ou le magnifique 'Une histoire vraie". Mais je pense que Lynch ne peut plus s'arrêter là. Affaire à suivre.
voilà
P.S. : la mention du film "Une histoire vraie" s'explique par le fait que j'ai fait un copier/coller d'une réponse que j'ai donné aileurs.
Message édité par @bstr@it le 31-03-2007 à 13:24:45