forum actualité forum cinéma forum musique forum arts et scènes forum livres
forum télé et séries forum fun forum foot forum jeux vidéo forum sexe
   FORUM Fluctuat - Arts et spectacles » Musées et expositions »

De Louise Bourgeois à Jeff Koons en passant par Annette Messager

 


 Mot :   Pseudo :  
 
Bas de page
Auteur Sujet :

De Louise Bourgeois à Jeff Koons en passant par Annette Messager

n°9630
uleski
littérature et écriture
Profil : Novice
Posté le 25-03-2009 à 20:39:02  profilanswer
 

Dernièrement - dieu sait pourquoi -, j’ai pensé à Louise Bourgeois et à son araignée intitulée "Maman" ; sculpture qui, à mes yeux, n'a qu’un seul mérite : celui d’être monumentale (ce qui n'est pas une qualité en soi, bien évidemment) car, pour le reste…
 
 
J’ai pensé aussi à son expo, celle de Beaubourg, en mars dernier ; expo qui peut se résumer à une vidéo bavarde et complaisante diffusée sur un écran devant lequel des fauteuils confortables ont été placés, le tout disposé à l’entrée de la dite Expo comme pour dissuader quiconque d’aller plus loin.
 
 
Dans tous les cas, une "artiste" dont « l‘œuvre » est à chercher sous la moquette épaisse d’un salon cossu ou sous les lattes étriquées d‘un parquet ciré ; et le commissaire de l’expo ne s’y est pas trompé - même involontairement -, en installant ces fauteuils et ce téléviseur.
 
 
Pour rester avec Beaubourg* qui, manifestement, ne souhaite pas être en reste avec quiconque cotise à la MDA ("Maison des artistes" - organisme agréée par l'État pour gérer le régime de Sécurité sociale des artistes) : Annette Messager.
 
 
Après le stade oral et le stade anal, voici venir le stade « peluches et souffleries ».
Dis ! Annette ! Franchement, à ton âge, hein ? T’as pas honte ?
 
Jeff Koons maintenant.
 
Ce blaireau rémunéré à coups de millions de dollars (aussi riche, sinon plus, qu’un joueur de basket de la NBA), cet ancien trader a été invité au Château de Versailles : petit lapin, homard et cœur géants.
 
Quant aux papiers des journalistes qui ont été dépêchés sur les lieux de l'exposition ; personne n'étant épargné par l'automatisme d'une approbation aussi irréfléchie qu’injustifiée, leurs articles n'ont pas manqué de mentionner un Koons sulfureux, un Koons futé et drôle avec ça, et irrévérencieux et tellement cocasse et insolite, dans ce lieu chargé d'Histoire, et... et... et...
 
           
                                  ***
 
 
 
Alors oui ! Mille fois oui  !
 
 
Confronté à toutes ces figures d’une scène prétendument artistique que des journalistes moutonniers n’hésitent jamais à encenser, à quand une critique et une histoire de l'Art qui relèveraient de l’invective, de l’insulte et du crachat, courage d'une main, désespoir et colère de l'autre, face à l'affront (quand ce n'est pas l'outrage) qui nous est fait, saison après saison, exposition après exposition, installation après installation, toutes plus indigentes les unes que les autres, foutoirs indescriptibles dans lesquels l'infantilisme côtoie le plus souvent le trivial qui côtoie le puéril qui à son tour embrasse l'anecdotique, le tout noyé dans un océan d’intentions aussi immatures qu’incompétentes et/ou jean-foutres.
 
 
Mille événements - en veux-tu, en voilà ! - proposés par des commissaires bavards et suffisants parce que... dans le meilleur des cas, snobs ou tout bonnement carriéristes, et dans le pire, tragiquement incultes, même bardés de diplômes issus d’universités-dépotoirs et d‘Écoles nationales dans l'impossibilité de refuser quiconque se présente avec en poche un sésame qui a pour nom : le Bac.
 
 
*) N’est-ce pas ironique de constater que l’exposition René Char à la BNF aura été bien plus proche de l’idée que l’on se fait de l’Art, de l’Artiste et d’une Oeuvre que toute autre expo à Beaubourg, ces derniers mois ? La poésie volant au secours d’un art aujourd’hui indigent parce que.... sans mémoire, sans culture et sans métier.
 
 
 
                              ***
 
 
 
Toute cette production tapageuse mais vaine, c'est Warhol qui a triomphé de Picasso, César de Rodin - un Rodin qui pourtant avait pris soin d’ouvrir en grand toutes les portes qu’un César s’est empressé de refermer sur un univers concentrationnaire...
 
 
Tout ce ramdam, c’est aussi - dans une longue liste qui n’épargne aucun art ni aucune discipline -, John Cage qui a triomphé de Boulez, Houellebecq de Jean-Edern Hallier et de Maurice Clavel, un BHL et un Finkielkraut pour triompher et de Sartre et de Camus et de Deleuze et de Foucault et de Derrida...
 
 
Et pour finir - un malheur n‘arrivant jamais seul -, c’est aussi Mitterrand et le PS qui ont triomphé de Jaurès, Renaud de Léo Ferré, le Rock du Blues, Guillaume Durand et Franz-Olivier Giesbert... de Personne.
 
 
                                     ***
 
 
Mais... voilà que j'entends des voix ; elles me demandent de ne pas m’inquiéter car, personne ne nous demandera des comptes.
 
Dieu soit loué ! Personne ne nous demandera d’avoir honte car, ce qu’on ne vous a pas transmis ne peut en aucun cas vous manquer : un art d’aujourd’hui... pour demain qui renvoie aussi à hier, comme pour nous rappeler d’où l’on vient et sans qu'il ait été nécessaire d'y être allé ni d‘en revenir.
 
 
Un art intransmissible, ce tapage auquel il nous est demandé d'adhérer ou bien, de nous taire et de disparaître. Car enfin... allez transmettre des peluches, des homards et des pouces ! Allez donc transmettre des concepts qui feraient hurler de rire n'importe quel étudiant en 1ère année de philosophie et nos penseurs mêmes les plus pusillanimes et les plus indulgents !
 
 
                                       ***
 
 
 
Querelle des Anciens contre les Modernes ?
 
La bonne blague !
 
Grande bataille des idées neuves contres des idées anciennes ?
 
Encore faut-il qu’il en soit question car, pour ma part, je n’ai pas vu d’idées dans toute cette production.
 
 
Mais alors, cet art sans idée, sans art ni artiste sert quel Art ?
 
Il n’y a pas si longtemps encore, l’Art nourrissait spirituellement et intellectuellement l’homme ; alors que depuis les années soixante et le pop art, (pour ne pas le nommer) l’art (du moins, celui qui nous est proposé) a non seulement perdu sa majuscule mais il semble n’avoir qu’un souci : affaiblir l’homme jusqu’à l’abrutissement.
 
Avec Duchamp, on avait l’audace, le courage, une radicalité assumée et salutaire ; le flair du prophète, mais aussi : l’hilarité et le scandale.
 
Aujourd’hui sans vision, la production de ces poseurs que l’on nous impose, ne dépasse guère le plus souvent le cadre des toilettes et/ou celui d’une chambre à coucher aux murs tapissés de jeunes filles en fleurs ; le nombril aussi, et plus bas encore mais... jamais plus haut.
 
 
A la trappe l’Universel ! Quid d’une tentative de sortir de soi et de son environnement immédiat : qu’il soit mental et /ou géographique.
 
 
Non ! Aucune vision digne de ce nom : celle d’un monde, celui d’hier, d’aujourd’hui et pourquoi pas, un monde pour demain ; artistes visionnaires, novateurs et précurseurs.
Pire encore, on cherchera en vain un savoir-faire pour défendre quelle que valeur esthétique que ce soit : efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration, témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus car, pour sûr, cet Art-là nous rendra ce qu'il ne faut jamais perdre, à savoir :  
 
 
                Le goût de l’effort et le toucher immédiat de l‘esprit qu‘est le talent lorsqu'il s'appuie sur une ascèse indéfectible et un Art de force, de témérité et de victoire.
 
 
_____________________________
 
       Extrait de “Actualité et Société” sur www.sergeuleski.blogs.nouvelobs.com  


Message édité par uleski le 05-07-2009 à 22:21:27
(Publicité)

Aller à :
Ajouter une réponse
   FORUM Fluctuat - Arts et spectacles » Musées et expositions »

De Louise Bourgeois à Jeff Koons en passant par Annette Messager

 

Sujets relatifs
Plus de sujets relatifs à : De Louise Bourgeois à Jeff Koons en passant par Annette Messager

News Arts
La cagoule pour amoureux La cagoule pour amoureux
Rien de tel qu'un petit remontant après une Saint-Valentin sonnante et trébuchante, triste...
En images : les collages naïfs de Fred le Chevalier En images : les collages naïfs de Fred le Chevalier
Fred le Chevalier colle ses dessins à tout va dans la ville. Il parsème les murs de ses petits...
Damien Hirst, un point c'est tout ! Damien Hirst, un point c'est tout !
Une fois encore, l'artiste britannique Damien Hirst - à qui l'on doit le fameux crâne...
La France a son poulain : le top five d'Anri Sala La France a son poulain : le top five d'Anri Sala
  Le verdict tombait à la mi-janvier dernier dans les lignes du Quotidien de l‘art ,...
A la une Le Bestiaire de l’art contemporain Les animaux, matériau star de l'art contemporain

On l’a remarqué ces derniers temps, les animaux sont partout. Acteurs réguliers des spots publicitaires (voir notre diaporama sur le sujet), ils...