ben justement on a compris, depuis les années 70, que les conceptions d'Artaud ne sont pas très phénoménologique, et plutôt post-structuraliste. Les lectures comparatives ne peuvent être utilisé que pour des auteurs dont les deux pensées constituent une ligne droite, un fil conducteur, alors avec Freud n'en parlons pas, c'est évidemment impossible ou alors inexorablement voué à l'échec cette affaire.
Deux pensées en accord, complémentaires peuvent effectivement être soumises à une approche analogique, dans la finalité de créer un nouveau concept, mais surement pas pour "mettre en lumière" (le terme est choisi d'une manière subtilement exquisse, car elle me renvoie à un certain siècle) un écrit, et encore moins un écrit poétique.
Rationnaliser les écrits d'Artaud pour les comprendre est un acte qui me paraît totalement absurde (poétiquement et philosophiquement incorrect), en plus "à la lumière" d'une analyse freudienne. Du moins je pense qu'en procédant ainsi, on passe à côté de toute l'intensité (pourtant immense) des écrits d'Artaud et ainsi qu'à dix milles lieux de sa portée et de ses répercutions.
Alors en effet la pensée de Freud est phénomènologique, puisqu'elle pense l'Homme en terme d'individu transdendant, libre de ces actes, maître de soi etc... Mais Artaud conçoit le corps dans l'immanence la plus totale, le corps pour l'auteur est expérimental, pour lui il faut se faire un "corps sans organes" pour reprendre ses propres termes. Antonin Artaud ne se voit pas du tout maître de lui même, alors qu'il vivait dans une société entièrement basé sur la transcendance alors que, lui, percevait très bien l'alliénation à laquelle il était sujet (ce n'est pas un hasard, c'est sa conception du théatre qui lui fait comprendre certaines choses sur la société totalement inexplorées à son époque, voilà pourquoi on l'a fait passé pour fou), voilà pourquoi il souffrait de sa condition, il se disait lui-même "suicidé de la société", il a compris ce que personne n'avait compris à son époque, et l'a exprimé d'une manière diaboliquement poétique. Je n'essaie de le faire passer pour un martyr mais je comprends profondément sa détresse. Ce n'était pas du cinéma, la société ne lui a jamais permi cette exploration méta-chirurgicale de son identité.
Grand Dieu, non, par pitié!!! Ne faites pas de lecture comparative de Freud et Artaud. Bientôt on va me lire Foucault à la lumière de Lacan...
Enfin désolé si je suis dur (en même temps c'est pas toi que je critique, c'est l'auteure), mais comme j'adore Artaud, de tout mon coeur, je peux pas te dire que ce sont des choses possibles. Philosophiquement çà ne fonctionne pas, et qu'aurait dit Artaud? Franchement c'est des erreurs qui ne se font pas...
Avec Nietzsche c'est pareil, çà ne colle absolument pas. Mais là je défendrais moins cette position, car je ne connais pas encore assez Nietzsche pour l'instant, juste assez pour dire çà ne peut pas coller.
Message édité par @bstr@it le 04-09-2006 à 20:02:55