Créer volontairement une collision entre des
genres que tout sépare n'est pas choses facile.
Et pourtant, la grande musique classique
ne doit elle pas sortir de ses gonds ?
A contrario les musiques d'aujourd'hui ne
doivent-elles pas, à un moment, se retourner
vers leur mère nourricière ? C'est le pari un
peu fou pris par deux artistes d'aujourd'hui.
Elle, Estelle Grand, pianiste classique, accompagnatrice
et chef de chant, quitte la
voie dite royale pour s'aventurer sur des
chemins brumeux. Lui, Meivelyan Jacquot,
batteur et percussionniste de musiques jazz
et expérimentales tient bon la bride de ses
fûts et ses machines.
De cette rencontre pas si évidente est né
un univers contrasté, un équilibre fragile
où les instruments et les codes batifolent.
Ravel, Mozart, Bartok, Bach se révèlent incroyablement
contemporains, la musique
électronique y rencontre de nouvelles sphères
et le jazz y apporte toute sa richesse.
Aucun dénigrement, aucun déracinement,
chaque esthétique est bichonnée dans ce
qu'elle peut donner de mieux. Le facétieux
duo leur donne juste un peu plus de teintes,
mélange les couleurs, patine le verni, sans
jamais toucher à l'essentiel. Nos oreilles
sont désorientées, nos yeux aussi. Reste
une solution : se laisser aller, et profiter encore